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Redécouvrez les plantes de nos grands-parents !

Redécouvrez les plantes de nos grands-parents !

Des pépites dans l'air du temps

Sommaire

Créé cette semaine  par Gwenaëlle 7 min.

Certaines plantes démodées reviennent peu à peu sur le devant de la scène. Ce sont celles que nos grands-parents cultivaient, jugées un temps ringardes ou pas assez spectaculaires, et que l’on redécouvre quelques décennies plus tard. Elles ont le charme rétro des jardins d’antan, s’avèrent souvent autant utiles à la faune que résistantes à la sécheresse. Bref, des avant-gardistes avant l’heure qu’il est temps de réhabiliter !
Découvrez vite ces pépites oubliées du jardin d’ornement et du potager.

Difficulté

Les œillets de poète

C’est peut-être celle qui vient le premier à l’esprit, tant l’œillet de poète (Dianthus barbatus pour les intimes) a été longtemps planté dans les plates-bandes fleuries en compagnie des géraniums (enfin… des Pélargoniums) dans les jardins de cottage.

Les œillets restent des plantes vivaces souvent plantées dans nos jardins, mais cette espèce, le Dianthus barbatus, avait un peu disparu de la circulation. On se demande pourquoi car il est la quintessence même du jardin de campagne et de fleurs surannées dont les jardiniers nostalgiques raffolent. Très résistant au froid et à la chaleur, il demande peu de soins et peu d’arrosage à part en début de culture.

On aime ses petites fleurs très denses, frangées, simples ou doubles selon les variétés et regroupées au sommet des tiges, pourvues de fines bractées vertes, avec un coloris allant du blanc au violet foncé presque noir, en passant par des œillets bicolores. Son parfum ressemble à celui de la girofle. Plantez-le en plein soleil ou à une mi-ombre légère, dans toute bonne terre de jardin pas trop calcaire pour profiter de sa floraison assez longue, entre le printemps et la fin de l’été. Il convient aussi parfaitement aux potées du balcon et est une des fleurs phares d’un jardin bouquetier avec son excellente tenue en vase.

Certes, l’œillet de poète ne vit que trois à quatre ans, se comportant plutôt comme une annuelle qu’il faudra ressemer (ou pas, car il se ressème seul plutôt facilement, donc conservez quelques têtes en place lorsque vous coupez les fleurs pour favoriser la remontée de floraison). Ne le sous-estimez pas pour autant, et faites-le revenir en bonne place au jardin… ou au potager !

plantes de grand mere

Dianthus barbarus : une gamme de couleurs charmante

→ En savoir plus dans notre dossier complet sur le Dianthus barbatus.

Le lilas commun

Les lilas (Syringa) sont liés pour toute une génération à des souvenirs d’enfance chez les grands-parents qui habitaient à la campagne. C’est mon cas, et le souvenir de la préparation des bouquets de fleurs odorantes n’y est certainement pas pour rien. Il existe plus de trente espèces de lilas et des centaines de variétés, développées en France principalement par l’horticulteur nancéen Victor Lemoine, qui a donné naissance aux premières variétés à fleurs doubles, dont la très belle version blanche ‘Madame Lemoine‘.
Une fois bien installés, les lilas communs (Syringa vulgaris) ne bronchent pas devant quelques épisodes de sécheresse (ils sont originaires d’Europe orientale). Ils s’avèrent particulièrement robustes, faciles de culture, mais aussi mellifères, attirant un bon nombre de pollinisateurs, les papillons comme les abeilles. Leur floraison en thyrse reste évidemment de courte durée, mais c’est le fait de nombreux arbustes printaniers, et ils n’en sont pas moins charmants.
Le lilas de Perse (Syringa persica), tout comme le lilas afghan, est encore plus tolérant à la sécheresse et s’adaptera à des épisodes de sécheresse plus longs.

Plantez-les dans une terre riche et bien drainée, au soleil où ils fleurissent beaucoup plus. Préférez des lilas greffés sur Ligustrum ovalifolium, car ils produisent moins de rejets.

→ Lire aussi : Lilas – Syringa : les variétés les plus parfumées.

plante de grand-mere

Le lilas, un arbuste intemporel, signe du retour des beaux jours

La giroflée

La giroflée

La ravenelle, appelée aussi giroflée des murailles, est la plus commune des giroflées et était très prisée des jardins de nos grands-mères. L’Erysimum cheiri, de son nom latin, est une ravissante plante vivace à cultiver encore de nos jours. On redécouvre alors son éclat solaire, avec sa floraison couleur pain brûlé et orangé. Une petite merveille qui se plait au soleil et reste basse de taille, permettant de la cultiver en bordures ou en pot sur une terrasse.

La giroflée des murailles peut devenir avec les années un sous-arbrisseau ligneux. Elle pousse volontiers, comme son nom l’indique, sur les murs, ce qui nous renseigne bien sur son besoin d’une terre très drainante, voire sèche, jamais humide. C’est une championne lors d’étés très secs, ne souffrant pas de manques d’eau prolongés. On la destine ainsi aux rocailles et zones particulièrement ensoleillées.

erysimum cheiri

Erysimum cheiri

→ En savoir plus dans notre dossier complet sur les giroflées. 

Le souci

Le souci

Appelons-le de son nom latin, Calendula officinalis, qui parlera à tout le monde pour ses propriétés cosmétiques. Cette plante ancestrale fait en effet partie des plantes médicinales les plus connues, depuis le Moyen Âge, pour alors soigner les affections de la gale. Elle est aujourd’hui toujours utilisée en pharmacologie et pour ses bienfaits pour la peau.

Une longue floraison, comme la giroflée, des qualités reconnues pour éloigner les nuisibles au potager, une plante toute simple, à la fois tinctoriale et comestible, qui se ressème, sans entretien, le souci a décidément tout pour lui, et nos grands-parents l’avaient bien compris ! Pour l’anecdote, on l’utilisait notamment dans les fermes pour corriger la couleur du beurre, en hiver, quand les vaches privées d’herbe fraîche donnaient un beurre pâle, grâce à ses pigments naturels, ce qui lui a valu le nom de safran du pauvre.

plante de grand-mere

Calendula officinalis

→ En savoir plus dans notre dossier complet sur le souci des jardins, et dans Pourquoi planter des soucis au potager ? 

Les chrysanthèmes

Encore une plante ayant longtemps souffert d’une image négative, le chrysanthème était pourtant une des plantes favorites des jardins d’autrefois. Jugée funeste pour sa connotation forte avec le mois de novembre, les cimetières et fêtes commémoratives de la Grande Guerre, cette belle vivace a le bon ton de fleurir très tardivement dans nos jardins occidentaux. Ce sont même, pour certaines variétés, les dernières à s’épanouir en automne alors que tombent déjà abondamment les feuilles au jardin.

Ne vous fiez pas aux potées forcées chez les fleuristes à l’approche de la Toussaint, ni à l’aspect mélancolique et artificiel de leurs grosses fleurs. Les chrysanthèmes des jardins (Chrysanthemum indicum), originaires d’Asie, ressemblent aux asters dont ils partagent la même famille botanique, et se parent de couleurs très riches, souvent chaudes. Leurs fleurs sont soit en pompons, soit sous une forme plus simple étoilée, typique des astéracées.

Chrysanthemum x rubellum, au port plus souple, Chrysanthemum coronarium, souvent vu dans les potagers jadis, mais également Chrysanthemum carinatum, annuelles requalifiées de Glebionis par les botanistes, qui était utilisé comme fleur à couper, sont autant de beautés à réintégrer fissa au jardin.

Tous ont besoin de soleil et d’une terre drainée pour bien fleurir, parfois d’un tuteurage pour les plus hauts, et surtout d’un pincement pour les ramifier, dès le printemps.

plantes vintage

Chrysanthemum indicum et Chrysanthemum carinatum

→ En savoir plus dans notre dossier complet sur le chrysanthème ; découvrez aussi nos graines de chrysanthème.

Les aspidistra

Voici une plante dont j’aime bien parler dès que c’est possible. Elle mérite à mon sens une vraie réhabilitation. Et quand on parle de plantes vintage, les Aspidistra se posent bien là ! Cantonnés à une culture en pot à la maison, devenant souvent poussiéreux dans nos souvenirs, les Aspidistra ont fait le bonheur de nos grands-mères. Leur piètre réputation viendrait-elle de leur surnom peu flatteur, s’il en est, la langue de belle-mère ?

En tout cas, ils font partie de ces plantes increvables, qui résistent à des jardiniers pressés ou peu scrupuleux, laissant leur plante sans arrosage ou presque. Souvent vus en pots dans les étroites ruelles méditerranéennes ombragées où ils déploient leur long feuillage rubanné, les Aspidistra ne sont pas gênés le moins du monde par une ombre dense, ils survivent aussi très bien dans les zones d‘ombre sèche au jardin. Que demander de plus ? Adoptez ces superbes plantes vertes, et faites-leur voir du pays… au jardin tout simplement !

plante increvable

En extérieur, en jolie potée ou en intérieur, n’oubliez pas l’Aspidistra

→ En savoir plus dans notre dossier complet sur l’Aspidistra, et dans nos articles Comment cultiver l’aspidistra en intérieur et au jardin ? et Jardiner à l’ombre sèche.

Mais aussi…

Pour n’en citer que quelques-unes : le sorbier des oiseaux (Sorbus aucuparia), véritable aimant à oiseaux et aux couleurs d’automne flamboyantes, l’aubépine (Crataegus monogyna) parfaite en haie défensive, la symphorine et ses boules blanches en hiver, le sureau et le Physocarpus, et chez les vivaces et annuelles, la colombine (désormais plutôt appelée ancolie), le pois de senteur, le Mirabilis (belle de nuit), la reine marguerite ou aster de Chine (Callistephus), la corbeille d’argent au feuillage grisé, l’amarante extravagante, les glaïeuls, iris et jacinthes, ainsi que toutes les plantes qui se ressèment toutes seules, quasiment sans entretien. Bref, là encore, des plantes faciles, souvent des valeurs sûres du jardin.

exemples plantes de grand mere

Sorbus aucuparia, Mirabilis jalapa et Aquilegia vulgaris

Du côté du potager…

Nos grands-parents plantaient, semaient surtout beaucoup au potager, source d’alimentation majeure pour la famille, quand ils avaient la chance d’avoir un bout de terre suffisamment grand. Quand on se penche sur les plantes phares du garde-manger de l’époque, on retrouve sans surprise des légumes et plantes savoureuses, pour certaines ancestrales, en même temps belles et utiles.

Car le domaine du potager a vu bien des changements s’opérer en quelques décennies. Certains légumes, désormais qualifiés d’anciens, reviennent progressivement dans nos habitudes culturales. S’ils avaient été délaissés, c’était surtout en raison de leur connotation à la guerre ou de leur temps de préparation. On revient vers eux pour leur goût moins standardisé, pour leur originalité et leur facilité de culture au potager, et pour une alimentation de moins en moins carnée. Ce sont souvent des légumes racines, ou bien des légumes dits perpétuels, c’est-à-dire vivaces, revenant d’une année sur l’autre.

Nos souvenirs nous les rappellent également : guimauve, rhubarbe, cassis et groseilliers à maquereau, artichauts, pourpier et salsifis, rangs de haricots verts, oseille, livèche, chénopode, amarante et topinambours, ail et ciboule…

legumes d autrefois

Ciboule, artichaut et groseille à maquereau

→ Lire aussi : Aménager un jardin comestible, Comment faire un potager perpétuel ?, 10 légumes perpétuels ou vivaces pour potager durable et autonome ; Les courges méconnues ou oubliées ; Le chervis, un légume vivace oublié facile à cultiver. et Comment récolter et utiliser l’amarante en cuisine ?

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fleurs d'Erysimum