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Comment cultiver un agrume en pleine terre pour optimiser la fructification ?

Comment cultiver un agrume en pleine terre pour optimiser la fructification ?

Conseils pour planter et entretenir un agrume en pleine terre

Sommaire

Modifié le 2 février 2026  par Pascale 6 min.

Un citronnier aux fruits d’un jaune éclatant, un oranger généreux, un mandarinier à la fructification abondante… Cultiver un agrume en pleine terre est assurément le rêve de nombreux jardiniers. Car la plantation en pleine terre offre une vigueur et une fructification que la culture en pot ne pourra jamais égaler. Pour autant, pour obtenir des fruits nombreux, il ne suffit pas de creuser un trou ! La plantation et l’entretien d’un agrume en pleine terre doivent être soignés et attentifs.

Découvrez tous nos conseils pour bien cultiver un agrume dans votre jardin.

Difficulté

Le choix de l'agrume, la base de la fructification

Avant même de toucher une bêche, le succès de votre projet de cultiver un agrume en pleine terre se joue sur deux critères de choix fondamentaux : la variété et le porte-greffe. Il ne suffit pas de choisir le fruit que vous préférez déguster, mais de sélectionner l’espèce capable de s’adapter aux contraintes de votre sol et aux rigueurs de votre climat local. Une erreur à cette étape peut condamner l’arbre à une croissance chétive ou à un gel fatal dès le premier hiver.

L’importance du porte-greffe

Pour la culture en pleine terre, le porte-greffe est le véritable moteur de l’arbre, c’est sa fondation et sa base. Il dirige le système racinaire, la résistance aux maladies du sol et surtout la tolérance au froid et au calcaire. Chez les agrumes, plusieurs porte-greffes sont utilisés :

  • Poncirus trifoliata ou citronnier épineux : c’est le roi incontesté pour la pleine terre dans les zones septentrionales. Sa particularité d’être caduc permet à l’arbre d’entrer dans un repos végétatif profond, augmentant sa résistance au gel jusqu’à -15 °C. Il induit également une mise à fruits plus rapide et des fruits souvent plus riches en sucre.
  • Citrange Carrizo ou Troyer : très répandus, ils offrent une excellente vigueur et une productivité élevée. Ils sont toutefois plus sensibles aux sols calcaires, ce qui peut provoquer des chloroses limitant la fructification.
  • Poncirus ‘Flying Dragon’ : c’est une variante nanifiante de Poncirus trifoliata, idéale si vous avez peu d’espace. Il réduit le développement de l’arbre tout en conservant une excellente rusticité, facilitant ainsi la récolte et la protection hivernale.
  • Citrus volkameriana : privilégié pour les sols pauvres ou sableux, il apporte une vigueur exceptionnelle, bien que la qualité gustative des fruits soit légèrement inférieure aux deux précédents. Il se montre en outre assez résistant au froid.

Pour aller plus loin, consultez l’article d’Olivier : Quel porte-greffe choisir pour des agrumes sains et productifs ?

Le choix de la bonne variété

Le choix de la variété détermine votre calendrier de récolte. Pour optimiser la fructification, il est judicieux de choisir des variétés dont la maturité correspond aux pics d’ensoleillement de votre région :

  • Le citronnier ‘Meyer’ : citronnier rustique jusqu’à -11 °C, qui fleurit généreusement deux fois par an. Il produit des citrons très savoureux, à la peau lisse.
  • Le mandarinier ‘Satsuma’ : mandarinier robuste, intéressant pour sa rusticité jusqu’à -10 à -12 °C et pour ses fruits juteux, sans pépins, à la maturité relativement précoce, entre septembre et octobre.
  • Le kumquat ‘Nagami’ : variété de kumquat, très autofertile, qui se couvre de petits fruits mangeables avec la peau. Il se montre rustique jusqu’à -10 °C.
  • Le citronnier Yuzu : l’agrume star des grands chefs pour le parfum unique et puissant de l’écorce de ses gros fruits. Il se montre rustique jusqu’à -10 à -12 °C.
  • Le citronnier des 4 saisons : c’est le citronnier classique des jardins méditerranéens, rustique jusqu’à -4 °C.
  • Le citronnier épineux (Poncirus trifoliata) : citronnier rustique jusqu’à -15 °C qui produit des fruits à consommer uniquement cuits.

    culture des agrumes en pleine terre

    Les agrumes les plus résistants au froid

Pour aller plus loin, pensez à consulter notre article : 6 agrumes qui résistent au froid.

Le choix de l'emplacement

Les agrumes sont des arbres du soleil. En pleine terre, ils sont immobiles face aux éléments ; le choix de l’emplacement est donc primordial :

  • Une exposition très ensoleillée : un minimum de 8 heures de soleil direct par jour, surtout pendant la période de croissance, au printemps et en été, est nécessaire pour la synthèse des sucres. Dans les régions situées en limite de culture, un mur exposé au sud agit comme un radiateur thermique, restituant la nuit la chaleur accumulée le jour. Ce gain de 2 à 3 degrés peut faire la différence.
  • Une protection contre le vent : le vent est l’ennemi invisible. Un vent froid dessèche les feuilles et fait tomber les fleurs. Vous pouvez planter derrière un écran protecteur, constitué d’une haie persistante, comme de cyprès ou de lauriers tins, ou à défaut de canisses ou de filets brise-vent.
  • Un drainage absolu : les agrumes détestent avoir les “pieds dans l’eau”. Un sol détrempé en hiver provoque le pourrissement des racines et l’arrêt immédiat de la production.

Soigner la plantation pour installer les fondations

Si votre terrain bénéficie naturellement d’une terre légère, sablonneuse ou d’un drainage parfait, il faut creuser un trou environ deux à trois fois plus large que la motte. Cela vous permettra de décompacter le sol en périphérie et de faciliter le développement horizontal des racines, essentielles pour l’ancrage et la nutrition de l’arbre. Vous pouvez aménager une cuvette d’arrosage temporaire tout autour du périmètre de l’arbre ; cela permet de canaliser l’eau directement vers le système racinaire profond lors des premiers étés, assurant ainsi une reprise vigoureuse sans gaspillage de ressources.culture des agrumes en pleine terre

Si votre sol est un peu lourd, la plantation sur une butte est idéale :

  • Créez une butte de 20 à 30 cm de hauteur. Cela facilite l’évacuation de l’excès d’eau et lui permet de s’écouler loin du collet de l’arbre.
  • Creusez un trou d’un volume trois fois plus large que la motte, mais pas forcément plus profond.
  • Mélangez votre terre de jardin avec du compost bien décomposé et un peu de sable de rivière. Évitez le terreau pur, qui se rétracte trop.
  • Installez votre agrume en veillant au positionnement du collet. Le point de greffe, c’est-à-dire le bourrelet en bas du tronc, doit impérativement rester 5 à 10 cm au-dessus du niveau du sol. S’il est enterré, l’arbre risque de perdre ses propriétés de résistance ou de pourrir.

La fertilisation pour produire plus

Un agrume en pleine terre est un “gourmand”. Pour produire des kilos de fruits, il a besoin d’un apport régulier et équilibré, différent de l’agrume cultivé en pot. En terre, l’arbre a accès à plus de ressources, mais il a aussi besoin d’une base organique solide pour nourrir le sol sur le long terme. L’apport est différent suivant les saisons :

Le calendrier de la fertilisation

  • En fin d’hiver, début de printemps (février-mars) : étalez deux ou trois pelletées de compost ou de fumier bien décomposé sur toute la surface de la couronne. Vous pouvez ajouter de la corne broyée, un engrais de fond organique, riche en azote, qui se diffuse sur plusieurs mois. C’est idéal pour soutenir la croissance printanière sans brûler les racines.
  • De mars à septembre, pendant la période de croissance et de fructification, il est possible d’utiliser un engrais spécial agrumes ou un engrais pour arbres fruitiers de type NPK 12-10-15 ou 15-10-15. L’essentiel étant que la teneur en Potasse (K) soit égale ou supérieure à celle de l’Azote (N) une fois que les fruits sont formés, pour favoriser leur teneur en sucre. En pleine terre, trois apports par an suffisent, un en mars, un en juin et un en août ou septembre.

Les oligo-éléments

Les agrumes souffrent souvent de chlorose ferrique, reconnaissable aux feuilles jaunissantes avec nervures vertes. Un apport de chélate de fer deux fois par an garantit une photosynthèse optimale, indispensable à la production de fleurs.

La bonne gestion de l'eau

L’irrigation est le levier principal de la fructification. Un manque d’eau au mauvais moment entraîne un stress hydrique et l’arbre sacrifie ses fruits pour survivre.

  • En été : arrosez copieusement une à deux fois par semaine plutôt qu’un peu chaque jour. L’eau doit descendre en profondeur pour encourager les racines à s’ancrer loin du soleil.
  • Le paillage : indispensable en pleine terre. Une couche de 10 cm d’écorces de pin ou de paille maintient l’humidité et protège les racines superficielles de la chaleur.
  • Le signe de soif : si les feuilles se recroquevillent légèrement vers le haut le soir, l’arbre a soif. S’il jaunit et perd ses feuilles, il est trop arrosé.

La taille de fructification pour canaliser la vigueur

Contrairement aux arbres fruitiers classiques, la taille des agrumes n’est pas strictement obligatoire pour avoir des fruits, mais elle permet d’améliorer la qualité.

Aérer le centre

Le but est de laisser passer la lumière au cœur de l’arbre. Retirez les “gourmands”, c’est-à-dire les branches verticales très vigoureuses qui pompent l’énergie sans donner de fruits et le bois mort.

L’éclaircissage

Si votre arbre produit trop de petits fruits, surtout chez les mandariniers, retirez-en quelques-uns lorsqu’ils font la taille d’une noisette. Cela évite l’épuisement de l’arbre et garantit des fruits plus gros et plus savoureux.culture des agrumes en pleine terre

La protection hivernale

Même si votre arbre survit au gel, une chute brutale de température peut détruire les boutons floraux déjà formés ou faire chuter les fruits en cours de maturation. Quelques petits gestes s’imposent :

  • La pose d’un voile d’hivernage : utilisez deux ou trois couches sur la ramure lors des nuits de gel annoncé. Ne l’enroulez pas trop serré pour laisser l’air circuler.
  • Une protection au sol : un paillage épais (20 cm) de feuilles mortes ou de paille protège le système racinaire et le porte-greffe.
  • L’arrosage hivernal : un agrume peut mourir de soif en hiver, surtout s’il est protégé par un voile qui empêche la pluie de passer. Vérifiez l’humidité du sol lors des périodes de redoux.

La vigilance pour éviter maladies et ravageurs

Pour fructifier, l’arbre doit être sain. En pleine terre, l’écosystème est souvent plus équilibré qu’en pot, mais restez vigilant car l’ennemi n’est pas loin :

  • La mineuse des agrumes : elle crée des galeries argentées dans les jeunes feuilles d’été. Traitez avec de l’huile de neem ou laissez les prédateurs naturels, des guêpes parasitoïdes, s’en charger si l’attaque est légère.
  • Les cochenilles : souvent accompagnées de fumagine ou suie noire sur les feuilles. Un mélange d’eau, de savon noir et d’un peu d’alcool à brûler en pulvérisation vient à bout des invasions.
  • Les pucerons : ils attaquent les jeunes pousses printanières, là où naissent les fleurs. Favoriser la présence de coccinelles permet de les limiter.

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