Le ver luisant au jardin : un prédateur redoutable pour les escargots
Un colléoptère précieux et méconnu de nos jardins
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Le ver luisant, vous connaissez ? Si son nom nous est familier, on confond parfois ce petit insecte lumineux avec la luciole, et on sait moins que c’est un véritable ami du jardinier ! Quel est son intérêt au jardin ? Pourquoi en voit-on moins dans nos campagnes et nos villes ? Quand refait-il son grand réveil nocturne ?
Je me suis penchée sur cet insecte pas tout à fait comme les autres pour mieux connaitre son mode de vie et tenter de l’apercevoir à la nuit tombée.

Une lueur verte dans la nuit ? Vous ne rêvez pas et êtes certainement en compagnie nocturne de vers luisants
Ver luisant, qui es-tu ?
Lampyris noctiluca de son nom scientifique latin (du grec lampuris voulant dire briller et noctis, la nuit), le ver luisant est le terme commun désignant principalement la femelle du lampyre, un coléoptère de la famille des Lampyrides. Ce n’est pas un ver, mais un insecte. Le dictionnaire entomologique nous “éclaire” : “Chez les lampyres, les femelles sont aptères (sans ailes) et ont un aspect larviforme, ce qui explique leur appellation commune de « vers » luisants.” Les lampyres restent en réalité deux ans sous forme de larves, puis vont s’activer à se reproduire.

La femelle du lampyre, reconnaissable à ses taches orangées et à sa partie terminale sous forme de larve
Seule la femelle du ver luisant est lumineuse, produisant dans la nuit une couleur jaune verdâtre caractéristique, visible à 5 mètres à l’œil nu. (le mâle émet aussi de la lumière, mais de façon moins intense et visible). Elle est aussi deux fois plus grosse que le mâle.
Cette production de lumière se fait sous la partie ventrale terminale de son abdomen qui reste à l’âge adulte sous forme de larve, ainsi que de façon moins intense par d’autres parties du corps. Le ver luisant n’émet pas de chaleur, mais c’est bien ce signe singulier de lumière fluo qui attire les mâles dans le but de se reproduire, un fait assez unique chez les insectes qui se servent plutôt de leurs phéromones. Seul le mâle possède une paire d’ailes, capable de voler, tandis que la femelle a la faculté de l’attirer par cette bioluminescence originale.
Quand on l’observe de près, on note que la femelle adulte présente des taches latérales orangées sur la face dorsale de ses segments, qui sont de couleur uniforme brune.

Lampyris noctiluca : à gauche la femelle, à droite le mâle, planche botanique – 1838.
Au-delà de ces considérations morphologiques et de cette bioluminescence verdâtre peu commune hormis chez certains organismes marins, le ver luisant est bien connu pour son appétence pour divers gastéropodes. Les lampyres se nourrissent d’escargots et de limaces, de véritables bienfaiteurs pour le potager… et le jardin ! Ce sont surtout des croqueurs d’escargots de première catégorie, les limaces faisant aussi partie de leur garde-manger, même si elles les attirent moins. Les vers luisants injectent un poison qui leur permet, en deux temps trois mouvements, de paralyser leurs proies, de les anesthésier avant de les consommer sans autre forme de procès.
N.B. : par abus ou déformation de langage, on parle parfois de luciole pour désigner le ver luisant. Les lucioles, avec lesquelles on pourrait les confondre, sont diptères (elles portent une paire d’ailes), à la fois le mâle et la femelle. Cela les distingue des vers luisants, de même que par le fait qu’elles luisent, ou plutôt clignotent, dans la nuit par intermittence.

Les vers luisants : de véritables bienfaiteurs pour nos jardins !
Quand et où a-t-on une chance de l'observer ?
C’est en fin de printemps et en début d’été, de juin à juillet, qu’il est le plus facile de repérer dans la nuit les vers luisants. Les larves issues de la reproduction sortent du sol. Les nuits d’été de nouvelle lune quand la nuit est très noire, de premier ou de dernier croissant de lune sont les moments privilégiés pour se mettre en quête d’observation, du fait de la luminescence fluo ressortant mieux dans le noir quasi complet.
Le vers luisant vit dans les herbes hautes, à proximité de zones riches en biodiversité : les forêts, les zones humides, les prairies, le bocage et les lisières de bois, et tout jardin favorisant la biodiversité. On l’aperçoit plus facilement la nuit dans les campagnes peu impactées par la pollution lumineuse. En France, ils sont ainsi encore facilement repérables dans le Massif central ou le Morvan et principalement dans les régions à faible densité urbaine.

Comment accueillir les vers luisants dans son jardin ?
Il n’y a pas de recette miracle, bien sûr. Cependant, une des premières choses à faire si on veut avoir le loisir de pouvoir en attirer dans son jardin est de laisser à ces gloutons nocturnes des zones où la petite faune trouve refuge, comme des tas de bois ou de pierre, mais aussi des parties de jardin non tondues, que l’on garde en zones de jachère ou en zones de tonte différenciée. Si vous avez des hérissons dans le jardin, il y a plus de chances que vous puissiez observer quelques vers luisants les belles nuits d’été.
Nous vous donnons dans ces quelques articles des clés et astuces faciles à mettre en œuvre pour accueillir les vers luisants dans un jardin :
Aller plus loin
Les beaux jours arrivent, et les sorties nocturnes dans son jardin pour observer les hérissons partis en goguette sont donc aussi l’occasion de s’intéresser aux vers luisants. C’est aussi une période de l’année où l’on peut se délecter du chant des grillons le soir dans le nord de l’Hexagone.
Vous avez la chance d’en avoir dans votre jardin ? Signalez-le à l’Observatoire des vers luisants et des lucioles, qui recense les populations en France, et partagez-le avec nous dans les commentaires.
Olivier s’était penché sur la pollution lumineuse dans nos jardins, pourquoi et comment la diminuer afin de préserver encore plus la vie nocturne en ville mais également en campagne. Relisez ses conseils !
Enfin, cet article de France Info revient sur la rareté et la disparition progressive des vers luisants en Europe.
La bioluminescence vous intrigue ? Découvrez ces quelques autres 5 animaux bioluminescents qui brillent dans le noir ! et les mammifères fluorescents.
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