Veuillez patienter...

Continuer mes achats Voir le panier & Commander

{{var product.name}} a été retiré de votre panier

Continuer mes achats
Voir le panier & Commander

"Sainte Anne", le jardin naturel de Virginie : un paradis dans les Ardennes

Virginie est l'une de nos fidèles clientes. Elle cultive un magnifique jardin, dans les Ardennes, près de Rocroi. Fascinée par la nature, elle vient de transformer sa passion en métier en devenant Architecte paysagiste. Elle a bien voulu nous accorder le temps de répondre à quelques questions.

  • Ton jardin a 8 ans, tu es arrivée sur un terrain nu ou tu as composé avec l'existant ?

Lorsque je suis arrivée, mon mari habitait déjà cette maison. Il y avait un jardin avec quelques arbres, des arbustes, des conifères plantés ici et là, au milieu d’une vaste étendue d’herbe à vaches. Il y avait un bout de potager aussi et même un verger déjà plus ou moins en friche.

J’avais 24 ans, je terminais mes études et même si j’ai toujours été très proche de la nature, le virus du jardin ne m’avait pas encore frappée. Le point déclencheur a été un événement douloureux dans notre vie. Je me suis vite rendu compte que mettre les mains dans la terre apaisait mon chagrin. J’avais alors franchi un point de non-retour. J’ai passé tout l’automne et l’hiver suivant à engloutir des écrits autour du monde des jardins, des récits de jardiniers, des livres dédiés à de beaux jardins qui me faisaient rêver et bien sûr des encyclopédies.

Puis en 2008, j’ai commencé vraiment le jardin massif par massif et tout s’est enchaîné très vite, je me sentais pousser des ailes. J’avais une idée globale qui se précisait au fur et à mesure que j’avançais. Beaucoup d’arbustes sont partis, en particulier les forsythias que l’on retrouve en très grand nombre dans mon village et la majorité des conifères plantés un peu partout sans aucune logique. Deux grands érables pourpres ont dû être abattus aussi. Malades, ils sont vite passés de vie à trépas. Ensuite, j’ai pu composer plus ou moins comme je le voulais.

  • Tu jardines en terrain humide, comment en tires-tu parti?

Au tout début, j’ai eu quelques désillusions bien sûr. Je me suis alors posée, j’ai observé et j’ai vite appris à en tirer le meilleur. Il y a des sources qui coulent partout en sous-sol, plus ou moins profondément, et rejoignent le ruisseau. Le jardin est en pente et au point le plus bas, on tombe sur une source à - 40 cm. Il m’a fallu tester, trouver les bonnes plantes, en fonction des endroits plus ou moins humides de la propriété. Il est certain que j’ai abandonné les plantes qui n’étaient pas adaptées à mon jardin. Si je peux éviter de me compliquer la vie, c’est aussi bien. Je ne me voyais pas poser des drains partout, apporter des tonnes de gravier pour améliorer le drainage. Je crois qu’il faut savoir rester raisonnable, cohérent et faire avec ce que l’on a. Grand bien m’en a pris, au fil des années, je me suis rendu compte qu’une grande diversité de plantes supportait bien les terrains humides et mal drainés.

  • Si tu ne devais jardinier qu’avec 5 types de plantes, lesquelles choisirais-tu ?

Juste cinq ? Quel choix cornélien !

  1. Certainement des rosiers, mais pas n’importe lesquels. J’ai eu ma période roses-à-tout-prix et j’ai eu beaucoup de déceptions. Aujourd’hui, je les choisis mieux. Je les aime vigoureux, robustes, bien feuillus et compacts, sains… Ce sont des critères essentiels pour moi. D’une part, parce que je trouve que l’aspect général d’un rosier est primordial et d’autre part, parce que je me refuse à apporter un quelconque produit phytosanitaire dans mon jardin. Les plantes malades ou chétives finissent immanquablement par partir en exil.
  2. Sans doute des géraniums vivaces qui se ressèment à foison ici et qui forment des coussins fleuris un peu partout, étalant les floraisons. La diversité est grande, ils s’accordent à merveille avec les roses et certains fleurissent même une seconde fois si on les rase après la première floraison.
  3. Les épilobes qui apportent une touche de naturel incroyable.
    Epilobes et géranium vivaces Epilobes et Géraniums vivaces magnificum et 'Nimbus'
  4. Les clématites à petites fleurs (C. mandshurica, C. terniflora ‘Paniculata’, C. rubromarginata, C. recta ‘Purpurea’) et la famille des Viticella, vigoureuses, élégantes et très florifères.

  5. Les nénuphars, car je n’imagine pas mon jardin sans un point d’eau. D’abord, je suis sous le charme de ces fleurs et par-dessus tout, j’aime tant observer la faune qui y évolue, grenouilles se dorant la pilule sur les feuilles, les tritons ondulants près de la surface, le ballet incessant des libellules, les dytiques et autres insectes aquatiques… Une vie passionnante en somme. Je suis fille de naturaliste et les chiens ne font pas des chats, dit-on ! Il est certain que cela aura influencé ma vision des choses.

J’aurais pu ajouter les asters, les véroniques et Veronicastrum, les salicaires, les monardes, les astrances, les pulmonaires, les Echinacea, les fougères, les Thalictrum, les Verbena, les persicaires, quelques graminées comme les Hakonechloa, certaines variétés de Miscanthus, Panicum, Stipa ou encore les Carex colorés… Côté arbustes les viornes, les Hydrangea, les Cornus kousa, les cerisiers, le Corylopsis pauciflora, le Magnolia stellata et tous les feuillages colorés, notamment les pourpres, et graphiques, sans oublier les belles écorces et les feuillages d’automne.

J’ai aussi une prédilection pour certaines sauvageonnes, des espèces indigènes que je laisse évoluer (avec un minimum de contrôle tout de même sinon elles prendraient le dessus et l’équilibre serait rompu) avec les plantes que j’apporte. Ombellifères, Ajuga, Geranium robertianum, Lamium, Alliaire officinale et j’en passe… J’essaie de faire cohabiter ce petit monde. Il y en a tellement qui font chavirer mon cœur de jardinière.

  • Quelles sont tes plantes préférées du moment ?

Sans hésiter, je réponds les Hydrangea, au printemps dernier, j’ai commencé à travailler un massif ombragé. J’y ai planté cinq Hydrangea pour l’instant. Je pense que ce ne seront pas les derniers. Ma préférence va à ceux aux fleurs plates et pas trop sophistiquées. Simplicité et naturel, c’est mon credo.

J’ai une tendresse aussi pour certaines plantes couvre-sol telles les Ajuga au feuillage pourpre, les Lysimachia nummularia, les pulmonaires, lamiers pour ne citer qu’eux. Elles jouent bien sûr le rôle de couverture (un sol ne doit jamais être nu et de toute façon la nature a horreur du vide, elle aura tôt fait de le combler), mais apportent également des touches de fantaisie et de couleurs dans un océan de verts, lorsque les floraisons se font rares. Jouer avec les feuillages, les couleurs et les textures, c’est très amusant !

  • Quels projets pour ton jardin dans les mois à venir ?

Le gros projet qui vient, c’est le potager d’inspiration médiévale. Ça fait tellement longtemps qu’on en rêve ! J’ai dessiné les plans il y a des années, mais le temps nous échappe tous les ans. Le chantier devait débuter cette fin d’hiver, mais nous avons encore dû reporter, mon mari étant en train d’avancer le projet précédent. Mais je le prends avec philosophie… Chaque chose en son temps, le projet va encore mûrir et n’en sera que plus beau.

  • Lorsqu’on regarde les photos de ton jardin, on est frappé par son aspect naturel. C’est essentiel pour toi

Incontestablement. C’est comme une signature et mes choix vont tous dans ce sens sans y réfléchir. Ma préférence va aux petites fleurs voire à celles de taille moyenne. J’affectionne particulièrement les vivaces aériennes et puis les sauvageonnes contribuent aussi à cet effet naturel.

Le jardin est aussi un biotope et un refuge. Toute une faune y trouve son compte : insectes et arachnides en tous genres (j’avais commencé un recensement il y a quelques années, mais ça me prenait beaucoup de temps, j’ai dû le mettre de côté, je reprendrai un jour), hérissons, écureuils roux, divers oiseaux, des taupes et même des mulots avec lesquels j’essaie de cohabiter pacifiquement. Ce n’est pas tous les jours facile, parfois je peste et je dois ruser pour voir le bout d’une tulipe par exemple. La friche apporte beaucoup de limaces aussi. J’ai tendance à jeter l’éponge et à ne plus planter les belles dont elles sont trop friandes.

Et parfois, de plus grosses "bestioles" s'invitent dans le jardin...

Lorsque l’on arrive dans mon jardin, on peut être frappé par l’omniprésence de mousses et de lichens épiphytes. L’humidité du jardin, aussi bien ambiante que souterraine, permet un fort développement des mousses renforçant encore l’impression d’un jardin qui a toujours été là, sauvage et spontané. Sans compter que tous deux jouent un rôle primordial dans l’épuration de l’air, entre autres.

  • Tu as fait de ta passion un métier puisque tu viens de t’installer en tant que paysagiste-conseil. Qu’aimerais-tu pouvoir apporter à tes clients?

Avoir un jardin, c’est comme avoir les clés de son propre Paradis. C’est un lieu d’évasion, de contemplation, de convivialité, dans lequel on se sent bien. Chaque jardin est un défi aussi, il a son identité propre, ses qualités et ses défauts. Mon rôle est de les identifier et de faire en sorte que ses contraintes deviennent des atouts. Tout le monde n’est pas jardinier, soit l’intérêt et les idées n’y sont pas, soit le temps à y consacrer est trop limité. Mais malgré tout, ces personnes peuvent avoir envie de profiter d’un nouvel espace de vie à l’extérieur. Mon objectif est d’apporter des solutions, les plus simples possible, et surtout en fonction du budget et des besoins des clients.

Je me suis spécialisée en éco jardin. Même si je peux parfaitement réaliser des jardins plus conventionnels, c’est ce qui me correspond le mieux.

Le coaching jardin est un soutien personnalisé. Il est basé sur le dialogue et me permet de dispenser des conseils pour aider le client à faire germer son idée de départ, pour résoudre ses problèmes ou bien pour partager mes connaissances dans des domaines plus techniques comme la plantation, l’entretien, la taille, mais aussi sur ce qui touche à l’écologie du jardin pour en faire un espace de vie, favorisant la biodiversité, naturel et en bonne santé.

Pour en savoir plus  :

Rendez-vous sur le site "Les Jardins d'Arduinna"

Le jardin de Virginie se visite lors de Portes ouvertes  :
- les 10 et 11 juin 2017, de 10h à 18h,
- les 24 et 25 juin 2017, de 10h à 18h.

1 Étoile 2 Étoile 3 Étoile 4 Étoile 5 Étoile (1 votes, moyenne: 5 sur 5)

10 réflexions au sujet de « "Sainte Anne", le jardin naturel de Virginie : un paradis dans les Ardennes »

Laisser un commentaire