Comment utiliser l'huile de neem au jardin ?
Une alternative écologique pour le traitement et la prévention de maladies et ravageurs
Sommaire
Parmi les options naturelles pour soigner nos plantes, certaines huiles végétales surgissent sur le marché. C’est le cas de l’huile de neem, dont on vante souvent les mérites, y compris dans nos conseils jardin chez Promesse de fleurs.
Vous ne connaissez pas cette huile et souhaitez en savoir plus sur ses atouts, ses applications et ses limites ? Cet article vous explique ses bienfaits et les plantes sur lesquelles elle peut être utilisée en mode préventif ou curatif.
Qu'est-ce que l'huile de neem ?
Le neem (prononcez “niim”) est le nom indien donné à l’arbre, l’Azadirachta indica, aussi appelé lilas indien, souvent confondu avec le Melia azedarach, rencontré sous les noms de margousier ou lilas de Perse en français. Même s’ils sont issus de la même famille, les Méliacées, et se ressemblent, l’Azadirachta indica est une espèce différente, porte une floraison blanche et des feuilles pennées, et est beaucoup plus grand.
On extrait surtout de l’Azadirachta indica une huile renommée dans le sous-continent indien et en Asie, à partir du broyage de ses fruits séchés, comestibles (ceux du margousier sont toxiques).
Cette extraction à froid, l’huile de neem, est reconnue dans la médecine ayurvédique traditionnelle indienne.
On l’utilise en Inde autant comme produit désinfectant, répulsif, insecticide et antibactérien que pour ses effets anti-inflammatoires. ou comme traitement et soin pour la peau et les cheveux (elle est adoucissante et purifiante). L’Azadirachta indica y est considéré comme arbre sacré. De nombreux pays d’Asie du Sud-Est utilisent ses fruits et feuilles en les déclinant en savon, lotions et insecticides. On mange aussi ses feuilles, son bois est très utilisé en construction, car il est résistant aux termites. Même les résidus de fruits, une fois broyés, servent comme tourteau pour le bétail ou comme fertilisant pour l’agriculture.
N. B. : En France et en Europe, nous trouvons principalement en pharmacie l’huile essentielle de neem (voir plus bas les utilisations). L’arbre tropical ne supporte pas des températures inférieures à 4°C, donc impossible à cultiver sous nos latitudes.

L’Azadirachta indica ou neem : port, feuillage et fruits
Pourquoi l'utilise-t-on au jardin ? Sur quelles plantes ?
L’action insecticide et fongicide de l’huile de neem au jardin est prisée comme traitement d’appoint sur les cultures, au potager mais aussi au jardin d’ornement et pour les plantes d’intérieur. L’huile de neem s’utilise aussi bien en préventif qu’en curatif.
C’est son principal composé, l’azadirachtine, qui est aussi présente dans ses feuilles et son écorce, qui nous intéresse au jardin, pour son effet répulsif, acaricide et insecticide (il modifie notamment le développement des larves et le cycle de reproduction, et agit sur le système respiratoire des ravageurs, pas bien glamour tout cela, mais efficace) :
- contre les ravageurs et nuisibles : notamment les cochenilles, les psylles, les chenilles, les pucerons, dont le puceron lanigère, les thrips, les cicadelles, la mouche blanche (aleurode) la pyrale du buis, et les doryphores.
- contre les maladies : principalement en traitement ou prévention contre la rouille, le mildiou, la maladie des tâches noires (marsonia) des rosiers, grâce à un effet protecteur sur le feuillage, qui empêche les différents champignons de se propager. La fumagine est aussi éradiquée.
Les plantes réceptives
- Les agrumes (citronniers, orangers)
- Les rosiers
- Les plantes aromatiques, ainsi que les arbres fruitiers comme les pommiers et les poiriers.
- Au potager, elle est particulièrement efficace sur certains légumes comme les légumes-feuilles (épinards, blettes, laitues), les légumes racines (carottes, radis, betteraves), les légumineuses (haricots, pois), mais également les tomates, choux, courgettes et concombres ainsi que les fraisiers.
- Elle convient aussi aux plantes d’intérieur comme les orchidées, les ficus ou les palmiers. Mais, elle est incompatible avec le feuillage duveteux ou très fin de certaines plantes vertes, qui retient l’huile, ce qui provoque brûlures, taches brunes ou de la pourriture sur les saintpaulia ou certains bégonias par exemple.

Comment bien se servir de l'huile de neem ? Dosage, fréquence, conseils atouts, et inconvénients
L’huile de neem est donc une huile végétale comme le colza, que l’on utilise pareillement pour traiter facilement quelques bobos de nos plantes. On l’utilise généralement en pulvérisation foliaire. Certaines précautions sont utiles :
- L’utilisation est soit prête à l’emploi, soit plus couramment à diluer avec de l’eau (il convient de lire attentivement les informations sur la bouteille) et un agent mousseux comme le savon noir ;
- Pulvérisez les deux faces du feuillage, les insectes suceurs ou piqueurs se trouvent souvent en dessous ;
- Utilisez le soir ou en fin de journée, ou le matin tôt, en tout cas, jamais en plein soleil pour éviter les risques de brûlure ;
- Vérifiez la température extérieure, qui ne doit pas excéder 30°C, et un risque de pluie nul avant l’application.
- Ne pas s’en servir comme lustrant foliaire ;
- On peut aussi arroser avec une dilution d’huile de neem : l’arrosage au pied avec une solution diluée (1 cuillère à café d’huile de neem pour 1 L d’eau + savon noir comme émulsifiant) permet une action systémique : l’huile est absorbée par les racines et se diffuse dans toute la plante. Ceci est bon au potager pour lutter contre les nématodes ou les mouches du terreau. Enfin, l’arrosage renforce les défenses naturelles des plantes contre les maladies (oïdium, mildiou).
Le dosage et la fréquence d’application dépendent de l’utilisation : en cas d’infestation d’insectes, on conseille une pulvérisation deux fois par semaine ; pour le préventif, ne pas appliquer plus d’une fois toutes les trois semaines. Les formes à diluer le sont normalement à raison d’un litre d’eau pour 2 cuillères à soupe d’huile de neem.
Atouts
- L’huile de neem se distingue d’autres produits naturels par son spectre d’action large (insecticide, fongicide et répulsif), son effet systémique qui pénètre les tissus végétaux, et son respect des auxiliaires de jardin comme les coccinelles. Contrairement à d’autres solutions naturelles, elle agit en profondeur sans laisser de résidus toxiques et limite l’apparition de résistances chez les ravageurs. Enfin, biodégradable et homologuée en agriculture biologique, elle allie efficacité et écologie.
- L’huile de neem n’est pas nocive pour les animaux domestiques et sauvages à doses réduites. Elle est approuvée en Europe comme insecticide non dangereux pour les abeilles et les bourdons aux doses recommandées. Elle cible spécifiquement les ravageurs sans affecter les pollinisateurs, à condition de ne pas traiter les fleurs en pleine journée et de respecter les dilutions.
Inconvénients
- Son prix : comptez 15 à 30 €/L pour une huile de neem bio pressée à froid (en magasin bio ou en ligne). Les petits flacons de 100 ml en parapharmacie sont souvent destinés à un usage cosmétique. Préférez donc les gros conditionnements (1 L) pour réduire le coût au litre.
- Une mauvaise dilution devient néfaste pour les plantes… et les insectes.
NDLR : IMPORTANT ! L’huile essentielle de neem est un extrait concentré et aromatique obtenu par distillation. Elle est interdite au jardin en France car toxique pour les plantes à haute dose et non homologuée comme produit phytosanitaire. Elle est réservée à l’usage humain, pour traitements cutanés, ou en aromathérapie.
Où l’acheter ?
On trouve dans certains magasins bio ou asiatiques des bidons d’huile de neem. Sur internet l’offre est large, mais ici encore, attention, elle doit toujours être issue d’une pression à froid, sans aucun additif, et garantie sans OGM.
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