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Les gestes à éviter au jardin en automne pour protéger la biodiversité

Les gestes à éviter au jardin en automne pour protéger la biodiversité

Et nos conseils

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Créé le 4 novembre 2026  par Ingrid Vincent, experte plantes et jardin 5 min.

L’automne donne souvent envie de nettoyer tout le jardin avant l’hiver ! Ramasser les feuilles, couper les plantes fanées, tailler les arbustes ou remettre les massifs au propre… Mais, si l’on écoute un peu trop nos envies, notre jardin trop nettoyé pourrait bien priver de nombreux animaux de nourriture et d’abris pour passer l’hiver… Insectes auxiliaires, oiseaux, hérissons et petite faune profitent justement des feuilles mortes de nos arbres, des tiges sèches, des graines et des recoins tranquilles. Découvrez quelques habitudes simples pour permettre de préparer le jardin à l’hiver tout en préservant la biodiversité.

Difficulté

Éviter de ramasser toutes les feuilles mortes

À l’automne, le râteau nous démange souvent dès que les premières feuilles commencent à tapisser le sol. Pourtant, ramasser systématiquement toutes les feuilles mortes prive le jardin d’une précieuse couverture naturelle et de nombreux animaux d’un abri pour l’hiver. Sous un tapis de feuilles, insectes, larves et vers de terre restent à l’abri du froid et des intempéries. Les hérissons peuvent aussi utiliser les amas de feuilles pour garnir leur nid, tandis que les crapauds, grenouilles et autres petits animaux apprécient ces zones fraîches, humides et tranquilles où ils peuvent se dissimuler. Le mieux est donc de laisser quelques tas de feuilles mortes de-ci de-là, dans des endroits calmes du jardin.

Sur les zones de terre nue, utilisez aussi les feuilles mortes en guise de paillage. Elles protègent le sol des fortes pluies, limitent la formation d’une croûte de battance et réduisent ainsi le tassement superficiel et le ruissellement. En se décomposant, elles nourrissent également le sol, favorisent sa vie biologique et participent à la formation de l’humus. Dans les massifs, sous une haie, au pied des arbustes ou dans un coin peu fréquenté du jardin, mieux vaut donc en conserver une partie.

Évidemment, pas question pour autant de laisser les feuilles s’accumuler partout. Une couche épaisse peut étouffer la pelouse et les feuilles mouillées deviennent vite glissantes sur les allées ou la terrasse. Dans ces endroits, on peut les ramasser… Mais plutôt que de les évacuer, mieux vaut les déplacer vers les massifs ou les déposer sous les haies, où elles continueront à rendre de précieux services au sol et à la biodiversité. Et pourquoi pas en profiter pour faire un terreau de feuilles mortes ?

un hérisson sur un tas de feuilles mortes

Ne pas couper systématiquement toutes les plantes fanées

À l’automne, on est souvent tenté de rabattre toutes les vivaces et de supprimer les fleurs fanées pour retrouver des massifs bien nets. Pourtant, couper systématiquement toutes les tiges sèches prive de nombreux insectes d’abris et les oiseaux de graines dont ils peuvent se nourrir en automne et en hiver.

Certaines tiges creuses ou remplies de moelle offrent par exemple un refuge ou un site de reproduction à de petites abeilles solitaires. D’autres auxiliaires du jardin, comme les coccinelles ou les chrysopes, profitent eux aussi de la végétation sèche et des recoins qu’elle forme pour passer la mauvaise saison à l’abri. Conserver une partie des tiges jusqu’au printemps aide donc à maintenir ces refuges naturels dans les massifs.

Les plantes montées en graines ont elles aussi leur utilité. Les capitules secs des échinacées, des rudbeckias ou des tournesols peuvent attirer des oiseaux granivores. Laisser une partie des plantes fanées sur pied maintient ainsi des ressources alimentaires précieuses au cœur de l’hiver.

Et il n’y a pas que la faune qui en profite. Chez certaines plantes un peu frileuses, le feuillage sec laissé en place contribue aussi à protéger la souche du froid. C’est notamment le cas des gauras, des agapanthes, des kniphofias, des phormiums ou encore des cannas cultivés en pleine terre dans les régions aux hivers modérés. Inutile donc de se précipiter pour tout couper : mieux vaut attendre la fin de l’hiver ou le début du printemps pour nettoyer ces plantes, éventuellement après avoir renforcé leur protection avec un paillage.

Enfin, ce petit désordre n’est pas forcément disgracieux : couvertes de givre ou de rosée, les silhouettes sèches des vivaces et des graminées donnent du relief aux massifs. On peut simplement retirer les parties malades, cassées ou affaissées.

Coccinelle dans une tige creuse pour s'abriter en hiver

Éviter les tailles trop sévères en automne

À l’automne, le sécateur peut lui aussi nous démanger. On raccourcit une haie par-ci, on remet un arbuste en forme par-là… Pourtant, une taille trop sévère peut priver la faune d’abris et de nourriture alors que l’hiver approche. Les haies denses offrent une bonne protection aux oiseaux contre le vent, les intempéries et les prédateurs. Les rameaux chargés de baies des aubépines, églantiers, cotonéasters, pyracanthas ou encore houx offrent une ressource appréciable pour les oiseaux, quand les autres sources de nourriture commencent à manquer pendant la mauvaise saison.

Pas question pour autant de ranger définitivement le sécateur au fond de la remise ! La bonne période de taille dépend avant tout de l’espèce, de sa floraison et de son mode de croissance. Les arbustes à floraison printanière se taillent généralement après leur floraison, tandis que beaucoup d’arbustes à floraison estivale attendent plutôt la fin de l’hiver ou le début du printemps. À l’automne, mieux vaut donc éviter de tailler par réflexe et vérifier les besoins de chaque espèce. On peut juste se contenter, si besoin, de retirer les branches mortes, cassées ou vraiment gênantes.

Un oiseau se régale des baies d'aubépine en automne

Ne pas retourner profondément la terre

Avec le retour des pluies, l’automne n’est pas forcément le meilleur moment pour retourner la terre en profondeur. Un sol humide se tasse plus facilement sous les pas et les outils, et un bêchage profond peut bouleverser les différentes couches où vivent vers de terre, champignons, micro-organismes et autres petits habitants du sol.

Autre problème : une terre laissée nue après le bêchage reçoit directement les pluies automnales. Sur certains sols, cela favorise le tassement, le ruissellement et la formation d’une croûte de battance en surface.

Si un massif a besoin d’être ameubli avant l’hiver, mieux vaut donc intervenir lorsque la terre n’est ni détrempée, ni collante, et sans forcément la retourner. Un passage de grelinette ou de fourche-bêche suffit souvent à décompacter le sol tout en préservant davantage sa structure. On peut ensuite profiter des ressources de saison et le couvrir de feuilles mortes, de compost mûr ou d’un paillage organique, qui le protégera pendant les mois froids.

un homme aère le sol avec une fourche

Ne pas supprimer tous les tas de branches et de bois

À l’automne, les coups de vent et la chute de quelques branches fournissent naturellement du bois mort au jardin. Plutôt que de tout évacuer, on peut conserver quelques branches et morceaux de bois dans un coin tranquille : ils deviennent vite des refuges précieux pour la biodiversité.

Sous une haie ou au fond du jardin, un petit tas de bois peut abriter des insectes, des araignées, des cloportes et d’autres invertébrés. Les crapauds, les tritons et les hérissons peuvent eux aussi profiter de ces endroits calmes pour se dissimuler ou trouver un abri à l’approche de l’hiver. Avec le temps, champignons et organismes décomposeurs colonisent également le bois mort et participent à son recyclage naturel.

tas de bois et grenouille

Ne pas nettoyer le bassin à fond avant l’hiver

À l’automne, on peut être tenté de vouloir remettre le bassin au propre avant les premiers froids. Retirer les feuilles tombées à la surface, oui ; vider complètement le bassin, remuer la vase ou supprimer toute la végétation, beaucoup moins…

À cette période, grenouilles, crapauds, tritons, larves d’insectes aquatiques et autres petits habitants commencent à rechercher des zones calmes où passer l’hiver. Certains trouvent refuge dans la végétation immergée, sous les pierres, parmi les racines ou dans la vase du fond. Un nettoyage trop énergique peut donc bouleverser ces abris au moment où la faune en a le plus besoin.

Mieux vaut intervenir avec légèreté : enlever l’excès de feuilles mortes avant qu’elles ne se décomposent dans l’eau, retirer éventuellement quelques débris en surface, mais laisser une partie de la végétation et du fond tranquilles. Si le bassin abrite des plantes aquatiques, évitez aussi de tout rabattre d’un seul coup. Un bassin un peu moins impeccable en automne reste souvent bien plus vivant pendant l’hiver.

Un bassin équilibré n’a d’ailleurs pas besoin d’être vidé régulièrement. Une intervention importante ne se justifie qu’en cas de réel problème, comme une forte accumulation de vase, une pollution ou des travaux sur l’étanchéité. À l’automne, le mot d’ordre reste simple : un peu d’entretien, mais pas de grand ménage.

une mare de jardin à l'automne

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