Les maladies et parasites des groseilliers
Comment les reconnaitre et les traiter ?
Sommaire
Le groseillier (Ribes rubrum) compte parmi les petits fruits les plus faciles à cultiver au jardin. Rustique et peu exigeant, il récompense le jardinier durant de nombreuses années de belles grappes de groseilles rouges, blanches ou roses en plein été, parfaites pour les confitures et les desserts.
Peu vulnérable dans l’ensemble, le groseillier peut néanmoins être affaibli par certaines maladies cryptogamiques, surtout lors de printemps humides et d’étés pluvieux. Quelques parasites s’installent aussi volontiers sur les jeunes pousses ou les bourgeons. Voici comment les reconnaître, les prévenir et les traiter naturellement.
Les maladies du groseillier
L’anthracnose
Provoquée par le champignon Drepanopeziza ribis, l’anthracnose se développe surtout lors des étés pluvieux et affecte principalement le feuillage. Si elle ne provoque que rarement la mort de l’arbuste, elle l’affaiblit durablement en réduisant sa capacité à constituer ses réserves.
Symptômes
- Des taches brunes à rougeâtres, parfois légèrement violacées, apparaissent sur les feuilles.
- Les feuilles jaunissent puis tombent parfois dès le milieu de l’été, ce qui affaiblit l’arbuste et réduit la récolte.

Prévention
- Comme de nombreux champignons, l’anthracnose hiverne dans les feuilles tombées au sol. C’est pourquoi il est important de ramasser et d’éliminer le feuillage malade à l’automne afin de réduire les sources de contamination au printemps suivant.
- Lors de la plantation, espacez suffisamment vos groseilliers, à une distance d’environ 1,20 à 1,50 m entre deux arbustes, afin de favoriser la circulation de l’air.
- Une taille en fin d’hiver qui favorise l’aération du buisson limite également les conditions favorables au développement du champignon. Pour en savoir plus, rendez-vous sur cette fiche : Taille des groseilliers : quand et comment bien la réussir ?
- Arrosez sans mouiller le feuillage.
- Pulvérisez du purin d’ortie ou une décoction de prêle tous les 10 à 15 jours au printemps, dès le débourrement, puis après un épisode pluvieux prolongé, en insistant sur les deux faces des feuilles et les jeunes rameaux.
Traitement
- Supprimez les feuilles atteintes.
- Pulvérisez de la bouillie bordelaise à la fin de l’hiver ou au tout début du printemps, avant l’ouverture des bourgeons, puis renouvelez une application après la chute des feuilles en cas d’attaque importante.
L’oïdium
L’oïdium est sans doute la maladie la plus fréquente sur les groseilliers, en particulier sur le groseillier à maquereau, qui y est nettement plus sensible que les groseilliers à grappes. Ce champignon se développe surtout lorsque les journées sont chaudes, les nuits fraîches et que l’air reste relativement humide.
Symptômes
- Un feutrage blanchâtre recouvre les feuilles et les jeunes pousses, qui se déforment.
- Sur le groseillier à maquereau, un oïdium gris peut aussi couvrir les fruits d’une croûte grisâtre.

Prévention
- Évitez les excès d’azote.
- Aérez le cœur de l’arbuste par une taille légère en fin d’hiver.
- Il est préférable d’arroser au pied plutôt que sur le feuillage.
- Pulvérisez du purin de prêle tous les 10 à 15 jours entre le débourrement et la fin du printemps sur l’ensemble du feuillage, dessus comme dessous.
Traitement
- Supprimez les feuilles touchées.
- Pulvérisez du soufre mouillable dès les premiers symptômes, par temps sec et à une température inférieure à +25 °C, ou une décoction d’ail à renouveler tous les 7 à 10 jours jusqu’à disparition des symptômes.
La rouille
Plus discrète que l’oïdium, la rouille apparaît surtout lors des saisons fraîches et humides. Elle reste généralement peu préoccupante sur des arbustes vigoureux, mais peut provoquer une chute précoce du feuillage lorsque les conditions lui sont particulièrement favorables.
Symptômes
- Des taches brunes se forment sur le dessus des feuilles. En les retournant, on distingue des pustules orangées, caractéristiques de cette maladie.
- Avec le temps, les feuilles jaunissent, se dessèchent puis tombent, ce qui réduit les réserves de l’arbuste et peut compromettre la récolte de l’année suivante.

Prévention
- Arrosez sans mouiller le feuillage.
- Pulvérisez du purin de prêle ou une décoction d’ail tous les 10 à 15 jours au printemps et en début d’automne, en couvrant les deux faces des feuilles.
- Les feuilles tombées ne doivent pas être laissées sur place, car elles peuvent héberger les spores responsables des contaminations futures.
Traitement
- Dès les premiers symptômes, retirez les feuilles les plus atteintes pour ralentir la propagation de la maladie.
- Pulvérisez de la décoction d’ail.
- Si les attaques sont importantes et reviennent chaque année, appliquez une pulvérisation de bouillie bordelaise au début du printemps ou après la chute des feuilles, uniquement en prévention des nouvelles contaminations et en limitant son utilisation.
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Groseillier : planter, tailler et entretenirLes parasites du groseillier
Les pucerons
Au printemps, les jeunes pousses des groseilliers attirent volontiers les pucerons, en particulier le puceron jaune du groseillier (Cryptomyzus ribis). Ce petit insecte pique les feuilles pour se nourrir de leur sève et provoque des déformations caractéristiques.

Symptômes
- Apparition de boursouflures rouges, rosées ou jaunâtres sur la face supérieure des feuilles.
- Au dos des feuilles apparaissent de petites colonies de pucerons, souvent accompagnées de miellat.
- Les feuilles se recroquevillent progressivement, mais ces dégâts restent généralement sans conséquence sur la récolte lorsque l’infestation est limitée.
Prévention
Coccinelles, larves de syrphes, de chrysopes et mésanges consomment une grande quantité de pucerons au printemps. Pour favoriser leur présence, diversifiez les floraisons autour du potager et du verger et n’utilisez pas d’insecticides.
Traitement
- Si les colonies deviennent importantes, éliminez les extrémités les plus infestées ou délogez les pucerons avec un jet d’eau.
- En dernier recours, pulvérisez une solution de savon noir (30 à 50 mL de savon noir liquide pour 1 litre d’eau tiède) en insistant sur le revers des feuilles et les jeunes pousses, puis renouvelez l’application 7 à 10 jours plus tard si nécessaire. Lisez aussi notre article : Puceron : identification et traitement.
La tenthrède du groseillier
La tenthrède du groseillier (Nematus ribesii) est un petit hyménoptère dont les larves ressemblent à des chenilles vert pâle ponctuées de taches noires. Très gourmandes, elles peuvent défolier un arbuste en quelques jours seulement.

Symptômes
Les feuilles sont dévorées, ne laissant parfois que les nervures principales. Une forte attaque donne au groseillier un aspect dénudé, comme s’il avait été brûlé.
Prévention
- Inspectez régulièrement le feuillage dès le mois de mai jusqu’à début juillet afin de repérer les premières larves.
- Leur prélèvement manuel reste la méthode la plus simple et la plus efficace lorsque les populations sont peu nombreuses.
Traitement
- Privilégiez d’abord le ramassage manuel des larves, particulièrement efficace lorsqu’elles sont encore peu nombreuses.
- Si les dégâts deviennent importants, un traitement à base de pyrèthre d’origine végétale peut être utilisé en dernier recours, mais il est peu sélectif, ce qui représente un risque pour les insectes auxiliaires utiles au jardin et doit donc être utilisé avec précaution.
La sésie du groseillier
Contrairement aux autres ravageurs, la sésie du groseillier (Synanthedon tipuliformis) passe souvent inaperçue. Ce petit papillon pond ses œufs sur les rameaux, puis les larves pénètrent dans le bois où elles creusent des galeries pendant plusieurs mois.

Symptômes
Certains rameaux se dessèchent progressivement, produisent peu de feuilles ou meurent brutalement. En les coupant, on observe une galerie creusée dans le bois, parfois occupée par une chenille blanchâtre à tête brunâtre.
Prévention
- Une taille annuelle permet de renouveler les vieilles branches et limite les risques d’installation de ce ravageur.
- Éliminez rapidement les branches qui présentent des signes de dépérissement et évitez de laisser des rameaux morts sur l’arbuste.
Traitement
Il n’existe pas réellement de traitement curatif une fois les larves installées à l’intérieur du bois. La meilleure solution consiste à tailler les rameaux atteints jusqu’au bois sain, puis à les évacuer afin d’éviter la poursuite du cycle de l’insecte.
Mon groseillier jaunit ou dépérit : ce n'est pas toujours une maladie
Tous les jaunissements du feuillage ne sont pas dus à un champignon ou à un insecte. Un groseillier cultivé dans un sol trop calcaire peut souffrir de chlorose ferrique, un trouble qui empêche l’assimilation du fer. Les feuilles jaunissent progressivement tandis que les nervures restent bien vertes, un symptôme caractéristique de cette carence.
Pour limiter ce phénomène, apportez régulièrement de la matière organique (compost), maintenez un sol frais mais bien drainé et évitez les excès de calcaire, notamment lors de l’arrosage. En cas de chlorose importante, un apport de chélate de fer peut aider l’arbuste à retrouver un feuillage bien vert.
Pour en savoir plus, lisez notre article sur la chlorose ferrique.
Le dépérissement de certaines branches peut également être lié au vieillissement naturel de l’arbuste, à un épisode de sécheresse prolongée ou à des blessures provoquées lors de la taille.
Lire aussi
Le palissage du groseillier à maquereauComment garder son groseillier en bonne santé ?
- Comme pour la plupart des petits fruits, la meilleure protection reste une culture adaptée. Installez votre groseillier dans un sol riche en humus, restant frais tout au long de la belle saison mais sans excès d’humidité, en situation aérée et ensoleillée ou mi-ombragée.
- Chaque hiver, prenez le temps d’éclaircir le centre de l’arbuste en supprimant les rameaux âgés ou mal orientés, afin de faire circuler l’air et la lumière.
- Arrosez au pied plutôt que sur le feuillage, paillez pour limiter les projections de terre porteuses de spores.
- Ramassez également les feuilles mortes et les fruits tombés au sol en automne, qui peuvent héberger des spores de champignons ou des larves hivernantes.
- Une inspection régulière, en particulier au printemps sous le revers des feuilles et sur les jeunes pousses, permet de repérer les premiers signes d’attaque et d’intervenir avant que la maladie ou le parasite ne s’installe durablement.
- Au printemps, quelques pulvérisations de décoction de prêle ou de décoction d’ail peuvent compléter ces bonnes pratiques en prévention, notamment si vos groseilliers ont déjà été touchés par une maladie les années précédentes.
- Enfin, favorisez la biodiversité au jardin en accueillant les insectes auxiliaires et les oiseaux insectivores, précieux alliés pour maintenir naturellement les populations de ravageurs sous contrôle.
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