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Quelles baies laisser aux oiseaux du jardin en automne et en hiver ?

Quelles baies laisser aux oiseaux du jardin en automne et en hiver ?

Sélection des principaux arbustes qui permettent de nourrir les oiseaux en automne et en hiver

Sommaire

Créé cette semaine  par Pascale 7 min.

Dès que les températures baissent à l’approche de l’automne, les oiseaux sédentaires qui fréquentent régulièrement votre jardin, ou les migrateurs qui s’y installent provisoirement, doivent faire face à la raréfaction voire la disparition des larves et insectes qui composent leurs repas quotidiens. Beaucoup de ces oiseaux changent donc de régime alimentaire pour se rabattre sur des baies charnues qui leur apportent l’énergie nécessaire à leur survie en automne, mais surtout en hiver. D’autres, granivores, apprécient aussi ces baies. C’est pourquoi, en tant que jardinier, il est important de leur abandonner quelques baies non consommées ou de ne pas tailler trop sévèrement vos arbustes pour permettre à cette faune si utile de se nourrir durant la saison froide.

Été, Automne Difficulté

Les baies qui mûrissent entre la fin de l'été et le début de l'automne

Dès le mois de septembre, l’automne s’annonce. Et certains arbustes offrent des baies qui mûrissent en fin d’été ou au début du printemps. Généralement très riches en sucre et en eau, ces baies sont très recherchées par les oiseaux car ce sont de véritables “bombes” énergétiques. Ils se jettent littéralement dessus pour constituer quelques réserves avant le froid automnal puis hivernal. Si certaines de ces baies sont comestibles, voire délicieuses préparées en confitures, en gelées ou en jus, n’hésitez pas à en laisser quelques poignées sur les arbres et les arbustes pour nos amis les oiseaux du jardin qui se montrent très utiles pour débarrasser les potagers, les jardins et les vergers des insectes et larves nuisibles.

En première ligne de ces arbres à baies, on peut citer le sureau (Sambucus nigra) qui produit des ombelles de baies noir pourpre dès la fin de l’été, entre août et septembre. Gorgées de vitamines et de sucre, ces baies sont très appréciées des passereaux comme les fauvettes à tête noire, des merles, des grives et des étourneaux qui cherchent à reconstituer leurs réserves graisseuses avant l’arrivée des grands froids.

On peut aussi laisser les baies du sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia). Cet arbre élégant, très présent dans nos campagnes et nos massifs, plie sous le poids de ses lourdes grappes de baies d’un rouge écarlate ou orange dès la fin de l’été. Ces fruits attirent tout particulièrement les grives qui les dévorent avec voracité, vidant les branches en un temps record.

baies d'automne pour les oiseaux

Dans le sens des aiguilles d’une montre, le sureau, le sorbier des oiseleurs, le pommier d’ornement et le cormier

Toujours en début de saison automnale, on peut compter sur le cormier (Sorbus domestica), un grand arbre qui offre des cormes, des baies un peu plus volumineuses. Ressemblant à de petites poires miniatures, elles se gorgent de sucre et deviennent blètes sous l’effet des premiers froids automnaux. C’est un met de choix pour les plus grands oiseaux du jardin qui apprécient leur chair riche et consistante.

Toujours chez les arbres, le pommier d’ornement (Malus) joue aussi un rôle primordial pour les oiseaux. Si certaines variétés perdent rapidement leurs fruits, d’autres comme ‘Evereste’ les conservent jusqu’en hiver, offrant une chair juteuse et vitaminée que les merles picorent avec délectation.

Les arbustes ne sont pas en reste. Le cornouiller sanguin (Cornus sanguinea) qui doit son nom à son bois coloré de rouge, produit des drupes violet foncé et luisantes qui mûrissent dès septembre. Leur teneur en lipides en fait un mets idéal pour les oiseaux insectivores en phase de transition alimentaire. De son côté, la vigne vierge (Parthenocissus) est une plante grimpante qui ne produit pas de raisins mais des petites grappes de baies bleu noir non comestibles pour les hommes mais très appréciées des oiseaux, qui apparaissent au milieu du feuillage flamboyant en automne.

les baies à laisser pour les oiseaux en automne te en hiver

Baies de cornouiller sanguin et de vigne vierge

Enfin, le physocarpus (Physocarpus opulifolius), bien que cultivé principalement pour ses magnifiques teintes de feuillage, produit de petits fruits rouges en forme de petites vessies qui offrent une ressource non négligeable pour les petits granivores et les mésanges explorant les moindres recoins des massifs.

Les baies persistantes qui résistent au froid de l'hiver

Lorsque l’hiver s’installe durablement, lorsque le thermomètre affiche régulièrement 0 °C, les oiseaux sont en danger. Si en automne, leur journée est consacrée à faire des réserves, en hiver, ils jouent littéralement leur survie. Et les baies persistantes et résistantes au gel deviennent vitales, sachant que les insectes ont disparu, morts ou en diapause, et que le sol est gelé. À condition bien sûr de ne pas les tailler !

Le pyracantha (Pyracantha), souvent appelé buisson ardent, s’impose incontestablement comme le roi de cette catégorie. Ses branches épineuses denses et entrelacées portent des milliers de baies orange ou rouge vif qui ne tombent pas. Non seulement ces fruits résistent aux températures négatives sans perdre leurs propriétés nutritives, mais les épines acérées de l’arbuste protègent les petits oiseaux. En effet, cette végétation constitue une barrière impénétrable pour échapper aux prédateurs terrestres, tels que les chats domestiques, tout en se nourrissant à l’abri des regards. Le houx (Ilex aquifolium), grand classique des paysages hivernaux, joue le même rôle. Ses baies d’un rouge flamboyant, protégées par un feuillage coriace et épineux, restent intactes des semaines durant. Elles sont généralement délaissées tant qu’une nourriture plus facile d’accès subsiste, mais se révèlent vitales en janvier et février pour les turdidés, à savoir les grives et les merles. Le berberis (Berberis), un arbuste également épineux, doté de fruits allongés, pendants et acidulés, vient compléter ce dispositif de protection. Ses baies riches en vitamines aident les oiseaux à maintenir leur température corporelle durant les nuits glaciales.

Le cotonéaster (Cotoneaster), qu’il soit rampant ou érigé, est aussi robuste que le pyracantha. Ses rameaux arqués, littéralement couverts de petites baies rouges ou orangées, illuminent le jardin tout en fournissant une alimentation régulière aux troglodytes mignons, aux rouges-gorges et aux merles.

baies de cotoneaster pour les oiseaux

Une mésange qui se délecte de baies de cotoneaster

L’aubépine (Crataegus monogyna), un arbuste essentiel des haies bocagères, déploie quant à elle ses fameuses cenelles. Ces petits fruits farineux ont la particularité de supporter le gel intense sans pourrir. Ces baies rouges constituent ainsi une ressource consommée au cœur de l’hiver lorsque le reste de la nature est totalement stérile.

Des baies plus exotiques

Pour enrichir votre jardin tout en faisant plaisir aux oiseaux, vous pouvez intégrer des arbustes à baies plus originaux ou horticoles. Le callicarpa (Callicarpa bodinieri), surnommé « l’arbre aux bonbons », est somptueux en automne avec ses grappes de baies d’un violet pourpre métallique très intense. Si ces fruits présentent une amertume prononcée qui fait qu’ils sont souvent boudés au début de l’automne, ils constituent une réserve stratégique de fin de saison. Lorsque les températures baissent et que les autres arbustes ont été entièrement dépouillés, les merles et les étourneaux finissent par s’en nourrir, trouvant là de quoi passer les périodes les plus difficiles.

L’arbre aux faisans (Leycesteria formosa), originaire de l’Himalaya, séduit par ses bractées pourpres et pendantes qui abritent de petites baies sombres au curieux goût de caramel, au tout début de l’automne. Cet arbuste d’une grande rusticité est particulièrement apprécié des geais des chênes, des faisans et des grands passereaux qui n’hésitent pas à venir picorer les fruits directement sur les tiges ou à ramasser ceux qui tombent au sol.

Quant à la symphorine (Symphoricarpos albus), reconnaissable à ses fruits blancs ou roses semblables à de petites billes, elle apporte une touche esthétique lumineuse. Bien que ses baies soient modérément prisées en raison de leur texture spongieuse, elles sont régulièrement consommées par les rongeurs et certains oiseaux opportunistes lors des épisodes très difficiles.

Arbre aux faisants, symphorine et sarcococca

Le sarcococca (Sarcococca confusa ou Sarcococca ruscifolia), arbuste persistant apprécié pour ses petites fleurs blanches écloses en plein cœur de l’hiver, à l’extraordinaire parfum vanillé, produit par la suite de petites baies rondes et noires. Bien que discrètes, ces baies charnues viennent compléter le régime des oiseaux terrestres et des insectivores qui fouillent inlassablement le sol et la litière au pied des massifs ombragés.

Comment planter ces arbres et arbustes ?

Pour tirer le meilleur parti de ces arbres et arbustes à baies et apporter un soutien efficace aux oiseaux, de l’automne jusqu’à la fin de l’hiver, planter de manière isolée ne suffit pas toujours. Il est préférable de planter en haie libre et mixte en plusieurs strates. Il s’agit ainsi d’associer des arbustes caducs et persistants, des arbustes épineux et des arbres à plus grand développement.

Idéalement, les strates les plus hautes seront occupées par le sorbier des oiseleurs et le cormier qui vont attirer les oiseaux et leur offrir un poste d’observation par leur taille. Ensuite viennent le pyracantha, le cotoneaster, l’aubépine, le berberis, entremêlés pour former un rempart impénétrable contre les intempéries et les prédateurs. Enfin, sont plantées les strates les plus basses avec le sarcococca et les petits arbustes de sous-bois, qui permettront aux oiseaux comme les merles, les grives, les rouges-gorges et les troglodytes de prospecter la litière en toute tranquillité, à l’abri des regards indiscrets.

Au niveau de l’entretien, le jardinier évitera les tailles trop sévères ou systématiques à la fin de l’été. Si une taille d’entretien s’avère nécessaire pour contenir le volume de la haie, elle doit être pratiquée de préférence à la fin de l’hiver, juste avant la reprise de la saison de nidification, et en veillant à épargner les rameaux fructifères chargés de baies. En laissant ainsi les fruits en place tout au long de la mauvaise saison, on s’assure que le garde-manger reste accessible au moment où les besoins énergétiques des oiseaux sont les plus importants.

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