VENTE FLASH ROSIERS : Jusqu'à -40% sur une centaine de rosiers en motte !
Plantation des vivaces en racines nues : les erreurs à éviter !

Plantation des vivaces en racines nues : les erreurs à éviter !

Nos conseils pour planter au mieux vos vivaces proposées en racines nues

Sommaire

Créé cette semaine  par Pascale 5 min.

Planter des vivaces en racines nues est tout à la fois économique et écologique. Contrairement aux plantes en conteneurs (en plastique !), ces végétaux sont vendus sans terre autour de leurs racines, généralement durant leur période de dormance, en automne ou au début du printemps. Moins onéreuses à l’achat, ces vivaces sont dotées d’un puissant système racinaire qui permet une meilleure reprise. Pour autant, la plantation peut être délicate : une racine nue est vulnérable au dessèchement, au gel et aux manipulations brusques.

Découvrez notre guide complet des erreurs les plus fréquentes commises par les jardiniers qui souhaitent planter des vivaces en racines nues.

Difficulté

Acheter ou planter au mauvais moment

L’erreur la plus courante réside souvent dans le choix du moment de la plantation. Les racines nues ne sont disponibles que lorsque la plante est en sommeil physiologique, généralement de novembre à mars. Planter trop tard au printemps, par exemple en avril ou en mai, alors que les températures remontent et que la sève commence à monter, est une erreur fréquente. Si le débourrement est déjà effectif, la plante va mobiliser ses réserves d’énergie pour produire des feuilles avant même d’avoir établi de nouvelles petites racines. Ce déséquilibre crée un vrai stress hydrique : les feuilles transpirent et réclament de l’eau que les racines sont incapables de fournir.

vivaces en racines nues

Des hémérocalles en racines nues

À l’inverse, une plantation trop précoce en automne sur un sol encore trop chaud et sec peut provoquer un dessèchement des tissus.

La solution : privilégiez le mois d’octobre, pour une installation racinaire avant l’hiver, ou la fin d’hiver et le début du printemps, entre février et mars, avant le débourrement des bourgeons.

Attendre trop longtemps avant de planter

Une plante en pot a sa propre réserve d’humidité présente dans le substrat. Une vivace en racines nues n’a rien ! Ses racines sont donc exposées directement au dessèchement. Et ça va très vite ! Ainsi, le simple fait de laisser le colis ouvert dans un garage sec ou, pire, laisser les racines exposées au soleil et au vent sur le bord du trou de plantation pendant que vous préparez le terrain, les sèche très vite. Et les radicelles, c’est-à-dire les racines les plus fines responsables de l’absorption de l’eau, meurent en quelques minutes à l’air libre. Ce “coup de sec” est souvent invisible à l’œil nu sur le moment, mais il condamne la plante une fois mise en terre.

Les solutions :

  • Si les vivaces sont conservées dans un emballage de mousse humide, gardez-les dans un endroit frais et sombre jusqu’au moment précis de la mise en terre. Sans trop attendre non plus… donc pas plus de 48 heures !
  • Si vous ne pouvez pas planter immédiatement, pratiquez une “mise en jauge” : enterrez provisoirement les racines dans un bac de sable ou de terre légère humide, en biais.

Oublier le pralinage

Sortir la vivace de son emballage du sachet et la mettre directement, telle quelle, dans le trou de plantation est également une erreur courante. Après le transport et le stockage, les racines sont naturellement déshydratées. Et un simple arrosage ne suffit pas à assurer cette réhydratation. La reprise n’en sera donc que plus lente et plus laborieuse.

La technique du pralinage consiste à tremper les racines nues dans une boue épaisse, appelée pralin, et composée de terre de jardin, de compost ou de bouse de vache et d’eau. Ce geste est essentiel car il assure deux fonctions : il réhydrate les tissus en profondeur et, surtout, il crée une protection qui élimine les poches d’air.

arbres et arbustes en racines nues

Pralinage des racines nues

La solution : avant la plantation, faites au moins tremper les racines dans un seau d’eau pendant 30 minutes à 2 heures. Pour un résultat optimal, utilisez du pralin que vous fabriquerez vous-même. Il existe aussi des mélanges tout prêts dans le commerce.

Mal préparer le sol

On imagine souvent qu’une vivace en racine nue, parce qu’elle est compacte et petite, nécessite moins d’espace qu’une plante en pot. C’est exactement l’inverse. Dans un pot, les racines ont l’habitude d’être contraintes ; en racines nues, elles demandent à être déployées car elles l’étaient en pleine terre. L’erreur est donc de creuser un trou étroit où les racines se retrouvent repliées sur elles-mêmes ou pointant vers le haut. C’est ce qu’on appelle le “chignonnage forcé”. Des racines qui ne sont pas étalées de manière rayonnante vont s’étouffer mutuellement en grandissant. De plus, un trou dont les parois n’ont pas été décompactées devient un piège : les jeunes racines ne parviennent pas à percer la muraille de terre lissée par la bêche et finissent par tourner en rond, limitant la résistance à la sécheresse de la plante.

La solution : creusez un trou au moins deux fois plus large et profond que le volume des racines. Décompactez le fond et les parois à la fourche-bêche. Une terre meuble est indispensable pour que les jeunes racines colonisent l’espace sans effort.

Planter à la mauvaise profondeur

L’erreur consiste à avoir un point de croissance, c’est-à-dire le collet, trop enterré ou trop exposé. Ce collet est en effet une zone charnière entre le système racinaire et les bourgeons de tiges. Mal le positionner est une erreur fatale pour certaines espèces comme les pivoines.

  • Une plantation trop profonde entraîne une asphyxie des bourgeons. Pour certaines espèces comme les pivoines (Paeonia), enterrer les bourgeons de plus de trois centimètres sous la surface condamne la plante à une absence de floraison pendant des années, voire à la pourriture.
  • Une plantation trop superficielle expose le collet au gel et au dessèchement. Les racines supérieures se retrouvent à l’air libre après quelques arrosages qui font descendre la terre, affaiblissant la structure de la plante.

    plantation vivaces racines nues

    Chez les pivoines (Paeonia), enterrer les bourgeons de plus de trois centimètres sous la surface condamne la plante à une absence de floraison pendant des années

La solution : observez la trace de terre sur la plante car elle indique le niveau où elle était plantée en pépinière. En règle générale, le bourgeon de croissance doit affleurer la surface du sol.

Avoir la main lourde sur la fertilisation

Vouloir “nourrir” une plante qui n’a pas encore de racines actives est une erreur fréquente. Ainsi, l’apport d’engrais granulaires riches en azote au fond du trou est à proscrire, car ils peuvent “brûler” les racines. 

La solution : apportez du compost bien décomposé ou du terreau de feuilles mélangé à la terre de remplissage. Si vous tenez absolument à un engrais, choisissez des produits à libération lente comme la corne broyée, placée au fond du trou et recouverte d’un peu de terre pour éviter le contact direct.

 

Négliger l'arrosage en fin de plantation

Enfin, une autre erreur, après la plantation, est de se fier uniquement à la météo. “Il va pleuvoir demain, pas besoin d’arroser” est la phrase qui tue bien des plantations.

L’arrosage immédiat après la plantation, appelé “plombage”, n’a pas seulement pour but d’apporter de l’eau. Sa fonction est d’évacuer les bulles d’air emprisonnées entre les racines et la terre. Sans cet arrosage copieux, les racines se retrouvent dans des vides d’air où elles ne peuvent pas puiser de nutriments et finissent par se dessécher, même si la terre environnante est humide.

Ainsi, un tassement manuel ferme, mais sans excès, suivi d’un arrosage généreux, est la seule garantie d’une bonne installation.

La solution : tassez fermement mais délicatement avec les mains. Ensuite, versez un arrosoir entier, même s’il pleut. L’eau fera descendre les particules de terre dans les moindres recoins autour des racines, assurant une adhérence parfaite.

Oublier le paillage

Une fois la plante installée et l’arrosage de plombage effectué, beaucoup de jardiniers considèrent la plantation achevée. Mais une terre mise à nu est une terre en souffrance. L’erreur de laisser le sol “propre”, c’est-à-dire sans couverture organique, autour d’une vivace fraîchement plantée est une négligence aux conséquences multiples :

  • Sous l’effet de la pluie, une croûte de battance peut se former, empêchant les échanges gazeux indispensables à la respiration des racines.
  • Plus grave encore, en l’absence de paillis, l’évaporation est décuplée, donc la vivace souffre plus du manque d’eau.
  • Le soleil ou le vent dessèchent la couche supérieure du sol, là où se situent justement les bourgeons de croissance.

    plantation des vivaces : les erreurs

    Il faut pailler après plantation, racines nues comprises

La solution : elle consiste à appliquer immédiatement un paillage organique de bois raméal fragmenté, de feuilles mortes broyées ou de paille de chanvre. Ce bouclier thermique maintient une température stable, favorisant le développement racinaire même lorsque l’air se rafraîchit. Cependant, il convient de laisser un léger espace libre autour des tiges naissantes pour éviter que l’humidité stagnante du paillis ne provoque des maladies cryptogamiques.

Manquer de patience

La neuvième erreur est le manque de patience du jardinier ! Les vivaces plantées en racines nues ne suivent pas le même rythme que les plantes de jardinerie forcées en serre. Elles doivent d’abord reconstruire leur structure souterraine avant de manifester le moindre signe de vie aérienne.

L’erreur classique consiste à s’inquiéter de ne rien voir sortir de terre après plusieurs semaines. Cette anxiété pousse souvent le jardinier à gratter le sol, voire à déterrer la plante pour “vérifier si elle est encore vivante” ! C’est une grosse erreur. En manipulant ainsi la souche, on brise les micro-radicelles invisibles à l’œil nu qui commençaient à peine à coloniser le substrat. Ce traumatisme réinitialise le processus de reprise, si tant est que la plante y survive. Ainsi, certaines espèces, comme les Hostas ou les Asclepias, sont connues pour leur réveil tardif. Il arrive qu’une plante ne montre ses premières feuilles que deux mois après une plantation printanière.

La solution : faire confiance à la plante ! Le temps de la plante n’est pas celui de l’homme et sa croissance invisible sous terre est le socle de sa vigueur.

Commentaires