
Spathiphyllum : son entretien au fil des saisons
Tous nos conseils pour avoir une fleur de lune en pleine santé
Sommaire
Le Spathiphyllum est une belle plante verte, joliment nommée “fleur de lune”, originaire des forêts tropicales d’Amérique centrale et du Sud, de la famille des Aracées. C’est surtout une plante précieuse pour nos intérieurs. Réputée pour ses capacités dépolluantes, elle est surtout appréciée pour son feuillage d’un vert profond et ses inflorescences blanches d’une élégance rare. Plutôt facile à entretenir, elle a tendance à s’affaisser au moindre oubli d’arrosage. Mais sans conséquences, puisque c’est une dure à cuire !
Pour autant, pour la garder resplendissante d’une année sur l’autre, il ne suffit pas de lui donner un verre d’eau de temps en temps. Il faut comprendre son rythme biologique, calqué sur les saisons, pour lui prodiguer les soins adaptés. Nous vous guidons pour son entretien au fil des quatre saisons.
Le printemps, l'heure du réveil
Le printemps est une saison essentielle pour la plupart des plantes d’intérieur. Votre Spathiphyllum n’échappe pas à la règle ! C’est le moment où la plante sort de sa torpeur hivernale, stimulée par l’allongement des journées et la hausse progressive des températures.
La reprise des arrosages et de la fertilisation
- Après la réduction des arrosages en hiver, il est temps de reprendre les apports d’eau de façon plus régulière. Au printemps, il est conseillé d’arroser deux fois par semaine, en laissant sécher la couche supérieure du terreau entre deux arrosages. Votre préférence ira à une eau non calcaire, à température ambiante.
- Après les mois de diète hivernale, le Spathiphyllum a certainement “faim” ! Dès le mois de mars, vous pouvez redonner à votre plante un engrais liquide pour plantes fleuries. Ce type d’engrais, équilibré en N-P-K (10-10-10) est parfait pour soutenir à la fois la pousse du feuillage et l’apparition des fleurs. Commencez par une dose diluée pour ne pas brûler les racines toutes neuves.

Au printemps, on reprend les apports réguliers d’eau et d’engrais
Le rempotage
Tous les deux ou trois ans, en mars ou avril, votre plante se sentira probablement à l’étroit. Si vous voyez des racines s’échapper par les trous de drainage ou si l’eau traverse le pot sans être absorbée, c’est le signal :
- Optez pour un pot légèrement plus grand, de 2 à 3 cm de diamètre supplémentaire. Trop d’espace favoriserait la stagnation de l’eau et le pourrissement des racines.
- Le Spathiphyllum aime les sols riches mais drainants. Un mélange composé de 60 % de terreau pour plantes vertes, 20 % de tourbe (ou fibre de coco) et 20 % de perlite est idéal.
La multiplication par division
Le printemps est aussi le moment idéal pour la division, qui peut se faire lors du rempotage. Si votre touffe est très dense, sortez la plante du pot et séparez délicatement les rhizomes en veillant à ce que chaque section possède des racines et au moins trois feuilles. C’est la méthode la plus simple pour multiplier vos plantes gratuitement.
L'été, la saison de tous les dangers
En été, votre Spathiphyllum est en pleine forme, mais il est aussi le plus vulnérable au stress hydrique et aux brûlures solaires. C’est pourquoi il a besoin de quelques petites attentions.
La recherche de l’emplacement idéal
Contrairement à une idée reçue, la fleur de lune n’aime pas l’obscurité. Elle a besoin de lumière vive, mais jamais de soleil direct. En été, le soleil derrière une vitre peut agir comme une loupe et griller le feuillage en quelques heures. Si vous aviez placé votre plante près d’une fenêtre les saisons plus sombres, il est temps de la déplacer à 2 ou 3 mètres d’une fenêtre orientée sud, ou derrière un voilage léger.
L’arrosage
Si on osait la comparaison, on pourrait dire que le Spathiphyllum a un sacré talent de comédien ! En effet, quand il a soif, ses feuilles s’affaissent totalement, donnant l’impression qu’il est à l’article de la mort ! Mais, un peu d’eau et ça repart. Pour éviter cet aspect piteux, mieux vaut arroser régulièrement, surtout en été.
- En été, lors des périodes de canicules, les arrosages peuvent aller jusqu’à deux ou trois fois par semaine.
- Arrosez généreusement jusqu’à ce que l’eau s’écoule par le bas, mais ne laissez jamais d’eau stagner dans la soucoupe plus de 30 minutes. L’eau stagnante provoque l’asphyxie des racines.

En été, lors des périodes de canicules, les arrosages peuvent aller jusqu’à deux ou trois fois par semaine
La gestion de l’hygrométrie
La fleur de lune est une plante tropicale qui supporte difficilement nos logements à l’atmosphère trop sèche. Pour compenser, deux techniques permettent d’augmenter l’humidité :
- Le bassinage : placez le pot sur un lit de billes d’argile maintenues dans l’eau, sans que le fond du pot ne touche l’eau.
- La brumisation : vaporisez les feuilles avec de l’eau de pluie ou de l’eau déminéralisée. Le calcaire de l’eau du robinet laisse des traces blanches disgracieuses et finit par boucher les pores des feuilles. En revanche, il faut éviter de mouiller les fleurs.
La fertilisation
Elle se poursuit comme au printemps, à raison de deux fois par mois.
L'automne : on ralentit le rythme !
Quand l’automne s’approche, les jours raccourcissent. Le Spathiphyllum entre doucement en phase de repos. C’est une période de transition où la vigilance reste de mise.
La réduction des apports d’eau et d’engrais
Dès que les températures fraîchissent, la photosynthèse ralentit. Votre mission est de réduire progressivement la fréquence des arrosages. Laissez le terreau sécher sur les deux premiers centimètres en surface avant d’apporter de l’eau à nouveau. Vers la fin octobre, stoppez totalement les apports d’engrais.
La guerre contre la poussière
La poussière s’accumule sur les larges feuilles du Spathiphyllum, bloquant la lumière et favorisant l’installation des parasites. Or, le dépoussiérage est une étape souvent négligée, tout au long de l’année, et encore plus en automne, période où l’air intérieur devient plus confiné. Il est pourtant vital.
- Prenez un chiffon doux et humide
- Soutenez chaque feuille par-dessous avec votre main
- Nettoyez délicatement la surface. Cela booste la capacité de la plante à purifier votre air, par absorption des polluants comme le formaldéhyde.
La surveillance des parasites
Avec le retour du chauffage en fin d’automne, l’air s’assèche, ce qui attire les araignées rouges, presque invisibles à l’œil nu, et les cochenilles farineuses. Si vous voyez de fines toiles entre les tiges ou des petits amas cotonneux, agissez vite avec un mélange d’eau, de savon noir et d’huile végétale.
L'hiver, la période de repos
L’hiver est la saison la plus périlleuse. Paradoxalement, c’est souvent à cause d’un excès de soins ou d’eau que les plantes succombent.
La gestion de la température
Le Spathiphyllum déteste les courants d’air froid, donc il ne faut pas le placer près d’une porte d’entrée. Mais il déteste encore plus la chaleur sèche, trop sèche. La proximité d’une source de chaleur comme un radiateur ou une cheminée va faire brunir la pointe des feuilles. Essayez de l’installer dans une pièce où la température sera comprise entre 16°C et 21°C.

L’absence de fleurs montre que votre plante manque certainement de lumière ou n’a pas eu sa période de repos hivernal au frais.
La luminosité
En hiver, le soleil est bas et peu intense. Vous pouvez donc rapprocher votre plante des fenêtres, même celles exposées au sud, car le risque de brûlure est quasi nul. Plus elle recevra de lumière en hiver, plus elle aura de chances de fleurir tôt au printemps suivant. Si on combine lumière et température, il est possible d’installer votre fleur de lune dans une chambre.
L’arrosage
En hiver, la plante ne boit presque rien. Un arrosage tous les 10 à 15 jours suffit généralement. Touchez le terreau : s’il est encore humide au toucher, n’arrosez pas. L’excès d’eau en hiver est la cause numéro 1 de la pourriture du collet.
Les signes à ne pas négliger
Tout au long de l’année, votre spathiphyllum peut vous envoyer des messages codés. Bien identifiés, ils permettent de voir ce qui ne va pas :
- Les pointes des feuilles brunissent : c’est le signe d’un manque d’humidité dans l’air ou d’une eau trop calcaire. Augmentez l’hygrométrie ;
- Les feuilles jaunissent : c’est souvent un signe d’un excès d’arrosage ou d’un manque de nutriments. Si les feuilles du bas jaunissent une par une, c’est juste le cycle naturel de vieillissement ;
- L’absence de fleurs : votre plante manque certainement de lumière ou n’a pas eu sa période de repos hivernal au frais. Un léger “stress”, avec un peu moins d’eau et de lumière, au début du printemps peut déclencher la floraison ;
- La présence de fleurs vertes : ce n’est pas une maladie ! La fleur du Spathiphyllum est en fait une feuille modifiée, appelée spathe. En fin de vie, elle reprend sa couleur verte naturelle pour assurer la photosynthèse avant de faner. Coupez-la à la base pour économiser l’énergie de la plante.
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