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Alocasia ou Colocasia : comment les reconnaître ?

Alocasia ou Colocasia : comment les reconnaître ?

pour ne plus se tromper entre ces deux plantes tropicales

Sommaire

Créé le 17 mars 2026  par Gwenaëlle 4 min.

Les Alocasias et les Colocasias se repèrent de loin avec leurs grandes feuilles en oreille d’éléphant, ce qui leur a valu ce surnom.
Ils appartiennent à la même famille botanique (les Aracées). Ils se distinguent cependant par l’orientation des feuilles, la texture du feuillage et leur mode de culture. Ces deux plantes tropicales présentent un feuillage spectaculaire souvent similaire au premier regard. Pourtant, plusieurs critères permettent de les différencier facilement, que ce soit au jardin ou en culture en pot.
Je vous explique comment bien les reconnaitre pour ne plus les confondre.

colocasia champ

Des plantes au feuillage grandiose, ici, des Colocasia en champ de culture

Difficulté

Alocasia vs Colocasia : comment les distinguer ?

Critère Alocasias Colocasias 
Orientation des feuilles Feuilles souvent dressées vers le haut Feuilles larges souvent pendantes ou horizontales
Texture du feuillage Feuilles épaisses, rigides, nervures très marquées Feuilles plus souples, nervures moins visibles
Insertion du pétiole Pétiole attaché au bord de la feuille Pétiole attaché plus au centre du limbe
Taille de la plante Généralement plus compacte Peut atteindre 1 à 2 m
Culture Souvent cultivé en pot ou comme plante d’intérieur Plante de jardin ou de zone humide
Tolérance au soleil Préfère l’ombre ou la mi-ombre Supporte mieux le soleil
Utilisation Plante surtout ornementale Certaines espèces sont comestibles (taro)

Leurs points communs

Physiquement et botaniquement, c’est vrai, beaucoup de traits communs entre ces deux plantes !

  • Leur famille botanique : ce sont tous deux des Aracées (même famille que l’Anthurium ou le Zantedeschia – l’arum des jardins)
planches botaniques alocasia et colocasia

Alocasia reversa et Colocasia antiquorium : sur ces deux espèces, un petit air de famille…

  • Leurs origines : ce sont des plantes originaires des régions tropicales (Pacifique sud, Inde, Malaisie…)
  • Leur habitat naturel : les zones tropicales et subtropicales du globe
  • Tous deux sont des plantes vivaces herbacées, à rhizomes tubéreux, et frileuses
  • Leur floraison sous forme de spathe, typique des aracées, avec cette fleur en forme de grand cornet (c’est botaniquement un grand sépale)
  • Leur feuillage sagitté, aux veinures marquées
  • Ils aiment tous deux les sols frais à humides, l’ombre ou la mi-ombre
difference alocasia colocasia

Quelques similitudes à première vue (à gauche Colocasia esculenta, à droite Alocasia)

Ce qui les distingue

On va rentrer dans le détail de leur anatomie, car ce sont plutôt des nuances spécifiques au niveau botanique qui les font réellement se distinguer :

  • La forme du feuillage : pour les deux plantes, on parle de forme sagittée (en forme de flèche), mais celles du Colocasia sont souvent très larges, pendantes ou portées à l’horizontale, et ressemblent à des boucliers, pointant vers le bas, alors que chez l’Alocasia, elles sont plus petites et pointent vers le haut (pour les grandes espèces). C’est un des signes distinctifs.
  • Le mode d’insertion du pétiole : une différence pour moins se tromper, car chez l’Alocasia le pétiole s’engaine en bas de la feuille, tandis que la feuille sagittée est également “peltée” chez le Colocasia, avec une insertion du pétiole plus centrée dans le limbe.
  • La texture du feuillage : l’Alocasia a un feuillage plus rigide, épais et coriace, parfois gaufré ou zébré, aux nervures proéminentes, quand le Colocasia a un feuillage plus souple, avec une nervation nettement moins marquée. Le côté brillant des feuilles est plus fréquent chez l’Alocasia, mais on en trouve aussi chez les Colocasia.
  • Les dimensions et le milieu cultural : le Colocasia atteint 1 à 2 mètres de haut (plus encore en zone tropicale humide), certaines variétés étant aquatiques ou semi-aquatiques. L’alocasia reste généralement plus compact, sauf certaines espèces cultivées en zone tropicale comme l’Alocasia macrorrhiza, un géant. La plupart sont terrestres et forment dans leur aire naturelle un tronc. L’Alocasia reste chez nous souvent proposé sous des formes naines pour l’intérieur.
  • La floraison est plus courante chez l’Alocasia, de couleur crème, rare, voire inexistante chez le Colocasia.
  • Leur mode de culture, bien que similaire sur l’exposition mi-ombragée et le sol frais, se distingue encore chez l’Alocasia que l’on pourra cultiver en pot. Il est donc souvent proposé chez nous en tant que plante d’intérieur et d’ornement pour ses qualités graphiques (et pour sa moindre résistance au froid). Les Alocasia sont de fait surtout ornementaux et non utilitaires, à l’inverse du Colocasia dans de nombreux pays du monde. À noter que le Colocasia supporte beaucoup plus le soleil que son cousin l’Alocasia.
  • Grosse différence également : l’un est comestible (le gros tubercule du Colocasia esculenta), l’autre pas, à part une unique espèce d’Alocasia (voir ci-dessous où je vous présente cet aspect culinaire). Ce tubercule est notamment très apprécié des cuisines polynésiennes.
  • Enfin, leur nom vernaculaire ne laisse plus de doute quand on se balade sur les marchés aux confins de la planète ! Si l’erreur fréquente est de les appeler tous les deux oreilles d’éléphant, leur petit nom local permet de savoir que l’on se trouve devant un Colocasia ou un Alocasia.
    Le Colocasia s’appelle le plus souvent taro, et différemment selon les îles du Pacifique sud : c’est le mei aux Marquises ou le kalo à Hawaï. En Asie du Sud-est, il prend encore d’autres noms communs : à Bali et en Indonésie, on l’appelle par exemple talas.
    L’Alocasia se fait aussi parfois appeler taro, mais c’est bien lui que l’on devrait appeler oreille d’éléphant, ce qui ne nous facilite pas la tâche !
differencier Colocasia et Alocasia

En haut à gauche Colocasia ‘Madeira’ et en bas le cultivar ‘Kona Coffee’. En haut à droite, Alocasia macrorrhiza et en bas Alocasia amazonica

Le taro que l'on mange, c'est quelle plante ?

Dans les pays de l’hémisphère sud, notamment dans ce que l’on appelle le triangle polynésien, on mange le taro, presque quotidiennement dans les villages. Il est considéré comme une pomme de terre locale, c’est un féculent à la base de l’alimentation, au même titre que l’uru, fruit de l’arbre à pain également hautement symbolique, ou que le manioc que l’on consomme beaucoup.

Le taro, c’est en réalité le corme du Colocasia esculenta (ou parfois du Colocasia gigentea) qui se récolte toute l’année, puis que l’on cuisine en le faisant longuement bouillir, pour le manger sous forme de frites, purée, gratin, po’e et autres beignets. Riche en amidon, le taro est délicieux, mais attention : cru, il est toxique et doit être impérativement cuit. On peut trouver aussi des tubercules d’Alocasia macrorrhiza, également toxiques crus, mais beaucoup moins présents comme ressource vivrière.
À Tahiti et ses îles et dans tous les archipels de Polynésie, on trouve aussi le fafa sur les étals des marchés, qui n’est rien d’autre que les jeunes pousses du taro, l’épinard local. Comme on dit là-bas, “tout est bon dans le taro !” Il est notamment très cultivé dans l’archipel des Australes, où l’on trouve d’immenses tarodières.

taro en cuisine

Colocasia esculenta et ses tubercules

Les autres "oreilles d'éléphant"

Tout serait simple si on s’arrêtait là… Mais le monde de la botanique est plein de surprises. Aussi, attention de ne pas confondre Alocasia et Colocasia avec d’autres plantes que l’on nomme aussi oreilles d’éléphant, ou qui y ressemblent comme deux gouttes d’eau !

C’est le cas des Caladium, à feuilles souvent très colorées et panachées (mais au tubercule toxique), et surtout des Xanthosoma (dont une espèce est aussi appelée taro, mais il se mange aussi, ouf !). Cela est normal puisque ces plantes – d’intérieur chez nous – font aussi partie de la famille des aracées.

xanthosoma alocasia et colocasia

Xanthosoma violaceum à gauche, et Xanthosoma sagittifolium (comestible) à droite

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