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Le Gui, une bien jolie plante parasite qui porte bonheur !

Vous allez bientôt vous embrasser dessous mais que savez-vous du gui... Et où trouver du gui pour décorer l’entrée de la maison ? 

Où trouver du Gui ?

Pour trouvrez du gui, c'est assez simple : allez chez un fleuriste... ou optez pour une option bien plus vivifiante : éloignez-vous un peu des villes pour vous promener dans la campagne, bien emmitouflé et chaussé ad-hoc. En ce moment, vous remarquez ici et là, se détachant sur le ciel, d'étonnantes boules accrochées aux arbres...

Où trouver du gui pour les fêtes
Où trouver du gui ? Facile ! Le décrocher... un peu moins.

Comme Ingrid, vous adorez peut-être ces touffes toutes rondes dans les peupliers parce qu’elles cassent le côté triste des alignements. Quand j’avais huit ans, je pensais, pour ma part, qu’il s’agissait de nids d’oiseaux géants désertés par leur propriétaire. J’aime toujours autant leurs baies, qui me rappellent les perles de mon enfance, et la délicatesse de leurs petites feuilles ciselées. Si vous pouvez vous approcher de ces étranges excroissances, vous découvrez que ce sont en réalité des créatures végétales bien vertes, munies de feuilles, de tiges et parfois de petites baies. Si vous vous approchez encore un peu plus, vous constatez que ces petites baies charnues exsudent une véritable colle si vous les écrasez. Bravo, vous venez de trouver du gui !

Gui, joli parasite, qui es-tu, d'où viens-tu ?

Le Gui, en latin Viscum album, est pour la botanique un sous-arbrisseau de la famille des Loranthaceae, ou des Viscacées selon les classifications. Le Viscum album est répandu dans une grande partie de l’Europe. En France, il est rare en Bretagne, dans le sud et en montagne au-dessus de 1500 m. On peut facilement observer que la plante préfère certaines espèces d’arbres et semble aussi "choisir" certains peuplements d’arbres plutôt que d’autres au sein d’une même zone géographique. Au sein d’une même population, il n’est pas rare également que quelques arbres soient beaucoup plus "habités" que d’autres.

De tous temps les hommes ont attribué au gui des vertus sacrées, magiques ou médicinales. Cette plante est très rare sur le chêne, tout au plus a-t-on recensé une quinzaine d’individus "guités" dans nos forêts. Il n’est donc pas étonnant que le gui cueilli sur le chêne, symbole de force et de puissance, ait été autrefois très recherché par les druides, dont notre célèbre Panoramix !

Dans la nature, le Gui pousse sur une quarantaine d’espèces d’arbres, arbustes et arbrisseaux, conifères ou feuillus. On a pu mettre en évidence trois sous-espèces, dont deux sur conifères qui sont relativement sélectives :

  • Le Gui des feuillus (Viscum album album) apprécie aussi bien les pommiers que les peupliers, ce sont les arbres les plus fréquemment parasités. Il peut aussi se développer sur les aubépines, sorbiers, tilleuls et, plus rarement, sur les saules, amandiers, érables et robinier. Il est beaucoup plus rare sur les frênes, noisetier, poiriers, bouleaux, cerisiers, charme et châtaignier et exceptionnel sur les ormes et les chênes. Le Hêtre semble ne jamais être parasité.
  • Le Gui du sapin (Viscum album abietis) se developpe sur le Sapin blanc (Abies alba) et autres espèces de sapin introduites ;
  • Le Gui du pin (Viscum album pini) choisit différentes espèces de pin, quelquefois l’Epicéa commun.

Notons que des graines de Gui récoltées sur les feuillus ne germent pas si elles sont déposées sur un conifère, et inversement. Mais le Gui peut également s’installer sur un autre pied de Gui.

Le Gui est l'une des plantes terrestres les plus étranges, à la fois par sa morphologie et ses mœurs. Ceci explique sans doute la vénération dont il faisait déjà l’objet dans l'antiquité ainsi que les mythes anciens qui ont pour origine ce que les scientifiques nomment des exceptions à la vie végétale : le Gui nait, pousse et vit d’une façon peu ordinaire.

Gui sur un arbre en hiver

Le Gui : une vie peu ordinaire

1) La dissémination des graines de gui : par certains oiseaux

L’histoire du jeune Gui commence par le transport de ses graines par quelques rares oiseaux qui apprécient ses baies : la Grive draine (Turdus viscivorus) et la Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla).

La Grive draine rejette les graines enrobées de glue non digérées dans ses fientes. Cet oiseau libère donc les graines en vol ou à l'occasion d'un arrêt sur un nouvel arbre. Cette dissémination par les fientes est connue depuis des lustres, comme en témoigne le proverbe latin malum sibi avem cacare. Que l’on peut traduire par « l'oiseau chie son propre malheur ». Il est vrai que les baies, collantes, donnent la glu que l’on utilise pour piéger l’oiseau.

La Fauvette à tête noire, véritable providence pour le Gui, ne peut pas avaler la baie, elle en consomme uniquement la pulpe, retire la graine, puis la colle, à l’aide de la glu (viscine), sur la branche sur laquelle elle s’est posée. Des centaines de petits « chewing-gum » sont ainsi solidement collés sur l’écorce des branches, attendant le printemps pour germer.

En revanche, d’autres membres de la gent ailée sont de véritables ennemis pour le Gui : les pigeons ramiers et les mésanges (bleue et charbonnière) détruisent ses graines, par leur puissant suc digestif pour les premiers, en consommant les embryons contenus dans la graine pour les secondes. La présence de ces oiseaux dans nos campagnes contribue donc de façon tout à fait naturelle à réguler les populations de Gui.

2) La croissance : une plantule qui fuit la lumière, se colle contre son hôte et perfore l'écorce

Les graines, collées aux branches germent en produisant un petit organe cylindrique vert appelé hypocotyle, terminé par un renflement rond. En l’espace de quelques semaines, cette petite excroissance se recourbe vers son support, en fuyant la lumière, contrairement à la jeune tige de la plupart des plantes, qui se dirige spontanément vers la lumière.

Dès que la petite tête ronde de l’hypocotyle rencontre l’écorce de la branche, elle s'élargit et se transforme en ventouse. La plantule de gui s’arrime doublement à son support, par la viscine (glu) ainsi que par son disque adhésif. On est en juillet.

La jeune plantule reste à l’état de 2 feuilles pendant un an. Ce qui est important se passe au « sous-sol », c’est-à-dire au cœur de la branche sur laquelle la graine a germé.

Un an après sa germination, le jeune gui possède une tige courte munie de deux feuilles surmontées de plusieurs bourgeons. La croissance de la plantule suit un modèle en zig-zag. Le jeune Gui pousse d’abord en éventail, puis se ramifie en tous sens pour former une boule de 50 cm à 1 m de diamètre, de couleur vert-jaunâtre. Une touffe de gui peut atteindre l’âge de trente-cinq ans.

Les rameaux sont cassants en particulier au niveau de nœuds. Les feuilles sont légèrement charnues, ovales-oblongues, spatulées. Le Gui est persistant, il est très visible en hiver sur ses hôtes feuillus défoliés.

Le gui, botanique

3) Comment se nourrir sans racines ?

Privé de racines, le gui se nourrit par un astucieux système de pompage de la sève brute de son hôte. Le disque de fixation du jeune Gui perfore l'écorce de l'hôte et pénètre dans ses tissus jusqu'au niveau de la couche de bois vivant, plus précisément au niveau des vaisseaux qui sont chargés de remonter la sève brute composée de tout ce que pompent les racines de l’arbre hôte dans le sol : essentiellement de l’eau et des sels minéraux.

Ce système de pompage de la sève va se développer parallèlement à la croissance en épaisseur de la branche de l’hôte, de manière à ce que les suçoirs restent toujours en contact avec la couche fonctionnelle de bois, sans être écrasés par la formation annuelle de nouvelles couches de bois qui se forment à l'extérieur des couches des années précédentes. Les suçoirs présentent une croissance "à reculons", dont le rythme est synchronisé avec celui de la branche hôte, leur permettant ainsi d’échapper à l’écrasement.
Alors, le Gui : un authentique parasite ou un opportuniste ? Comme nous pouvons l’observer, le Gui est vert, ses tissus contiennent donc de la chlorophylle. Il est capable d’utiliser la photosynthèse pour produire sa propre matière carbonée à partir de la sève brute de son hôte. Pour cette raison, le Gui est le plus souvent considéré comme un hémi parasite. Certaines études récentes tendent cependant à prouver que la plante « profite » également au printemps de la libération de composés glucidiques, riches en carbone, dans la sève brute de son hôte, pour fabriquer sa propre matière végétale. Le Gui pourrait donc être un parasite complet à certains moments de son développement.

4) Gui mâle et Gui femelle, très prudes, font chambre à part

Chez le Gui, les fleurs mâles et femelles sont portées par des touffes différentes. Les fleurs déjà formées à l'automne passent l'hiver fermées et s'ouvrent en mars-avril, groupées par 3 au niveau des nœuds, entre les feuilles. Elles sont jaunes, discrètes et très simples. Les insectes butineurs, attirés par le nectar, assurent la pollinisation. La fleur femelle se transforme en une baie, d'abord verte en été, devenant blanche et translucide en décembre, au moment des fêtes de fin d’année. La pulpe des baies contient une substance très collante, la viscine, et un albumen dans lequel flottent jusqu’à 4 embryons de Gui. Cette couleur blanche est exceptionnelle chez nos plantes indigènes. Dans nos jardins, la Symphorine (Symphoricarpos), arbrisseau originaire d’Amérique du Nord, porte également des baies blanches.

Le Gui, une plante de légende païenne

Le Gui est traditionnellement associé au houx pour célébrer les fêtes de fin d’année en Europe du Nord (y compris en France).  La coutume  veut que l'on s'embrasse, à minuit précisément, sous une branche de gui et de choisir une baie, symbole de prospérité et de longue vie. Pour respecter à la lettre la tradition, il faut accrocher la gerbe de gui au plafond, ou au-dessus de la porte d’entrée. Dès le Moyen Âge, l’usage voulait que l’on s’offre du gui en prononçant ce souhait : « Au gui l'an neuf ». Les anglophones appellent le gui de façon imagée « kissing ball », que l’on peut traduire par « boule à baisers ».

Les livres d'histoire des écoliers du début du XXème siècle mettaient en scène nos pittoresques ancêtres gaulois, dont les chefs spirituels, sympathiques vieillards à barbe blanche appelés druides, occupaient la majeure partie de leur temps à grimper (!) à la cime des chênes, arbres sacrés, pour y faucher le gui à la serpe.

Comme nous l’explique P. Déom (d'après P. Lieutaghi) * :

La grande fête gauloise du Gui avait lieu chaque année au 6ème jour de la lune qui succède au solstice d'hiver, c'est à dire à une date tournant autour de noël ou de notre 1er janvier. Un moment pas du tout choisi au hasard : c'est l'époque la plus noire et la plus inquiétante de l'année ; les jours ne semblent jamais cesser de raccourcir, les nuits sont de plus en plus interminables et angoissantes ; le soleil, chaque jour un peu plus froid, grimpe de moins en moins haut dans le ciel. Et si cela devait continuer ? Si le printemps n'allait jamais revenir ? Dans des cas pareils, et pour se remonter le moral, il faut aller voir pousser le gui. En voilà un qui arrive bien à rester en pleine forme, lui, sur un chêne apparemment sec et mort ! [...] Pour les gaulois, de même que le Chêne était la plante du soleil, le gui était l'arbuste de la lune [...] une planète avec laquelle notre héros présente d'ailleurs plus d'une ressemblance troublante : c'est le seul végétal parfaitement rond, comme un astre. Il pousse en plein ciel parmi les branches et ne pose jamais pied à terre. Et puis les baies de Gui, les seules baies blanches de nos contrées, n'ont-elles pas l'aspect de petites lunes en modèles réduits ? Que de coïncidences ? "

* LIEUTAGHI Pierre, Le livre des arbres, arbustes et arbrisseaux, Robert Morel, 1969.

 

Le Gui : une plante médicinale…

Le gui est indissociable des mythologies antiques et germaniques. Théophraste, savant botaniste, naturaliste ou alchimiste du IVème siècle avant J-C, décrivait la plante comme pourvue de vertus extraordinaires, en particulier du pouvoir de guérir l'épilepsie, ce qui le rendra célèbre jusqu'au XIXème siècle. De nos jours, le Gui est utilisé pour lutter contre l'hypertonie, l'hypotension et l'artériosclérose. En Allemagne et en Suisse, on utilise des extraits de Gui en complément de traitement anti-cancéreux dans le but de stimuler les défenses immunitaires.

Certaines parties de la plante présentent une certaine toxicité par ingestion, due à la présence de protéines dans toutes les parties aériennes, en particulier dans les feuilles. Mais rassurez-vous, dans une moindre mesure dans les baies, par ailleurs peu appréciées par les humains. Il semblerait également que la toxicité du Gui dépende de la sous-espèce et de son hôte !

Cueillez du Gui, cueillez du Houx !

Une fois n’est pas coutume : nous vous conseillons de cueillir du gui pour orner vos pas de portes… s’il vous est possible de grimper jusqu’à lui. En plus de faire plaisir à vos hôtes, vous serez peut-être utile au propriétaire du verger de pommiers dans lequel vous l’avez prélevé. Utilisez cet argument choc pour l’attendrir : des lois de 1888 et 1893, non abrogées, obligent à détruire le gui !

Ainsi seront respectées la loi, et bien sûr la tradition de la Saint-Sylvestre... Nous vous souhaitons un excellent réveillon !

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