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Le jardin Hermannshof en mai

Voici la suite de mon reportage mensuel sur le jardin Hermannshof en Allemagne : il y a tant à y voir au mois de mai que j'ai dû faire deux visites, l'une sous la pluie, l'autre par un dimanche radieux... Les floraisons se succèdent à un rythme effréné, et ça y est, les vivaces prennent enfin le relais des bulbes et des arbustes à floraison printanière qui occupaient encore le devant de la scène en avril !

Le jardin des pivoines arbustives début mai avec la floraison des hybrides Paeonia rockii et les dernières tulipes
Le jardin des pivoines arbustives début mai avec la floraison des hybrides de Paeonia rockii et les dernières tulipes

Le jardin des pivoines arbustives

C'est un petit carré à l'ambiance intimiste planté en 1999 et qui est à son apogée de fin avril à fin mai. Les premières pivoines à s'ouvrir sont les hybrides du groupe suffruticosa, les plus connus, aux côtés de nouveaux hybrides de Paeonia rockii, une espèce proche aisément reconnaissable à la macule lie-de-vin qui orne la base de ses pétales. Une jolie caractéristique qu'elle a transmis systématiquement à sa descendance ! Dommage que les fleurs soient un peu fermées sur les photos à cause de la pluie... Beaucoup d'hybrides non dénommés, dans les tons allant du blanc au rose et pourpre, forment une jolie harmonie avec les dernières tulipes.

Une autre harmonie à laquelle je ne m'attendais pas, est celle formée par les épis jaunes du Thermopsis lanceolata associé aux tulipes viridiflora 'Yellow Spring Green'. Le Thermopsis lanceolata est une vivace américaine peu connue, qui ressemble à un lupin avec des épis plus légers, plus jaunes et plus précoces, d'où ma surprise de la voir associée à des tulipes !

Une harmonie très réussie : Thermopsis lanceolata et tulipes viridiflora 'Yellow Spring Green'
Une harmonie subtile et très réussie : Thermopsis lanceolata et tulipes viridiflora 'Yellow Spring Green'

Trois semaines plus tard, le jardin des pivoines est toujours aussi beau mais présente un tout autre visage car ce sont maintenant des hybrides aux tons jaunes, rouges et orangés qui sont en pleine floraison. Ils ont été obtenus en croisant deux espèces proches, Paeonia lutea (jaune) et Paeonia delavayi (rouge sombre), avec Paeonia suffruticosa (blanche ou rose) qui leur a apporté son caractère double et sa floribondité : le résultat a donné d'excellentes plantes de jardin dont les pétales soyeux arborent des nuances raffinées et gourmandes de vanille, d'abricot, de pêche, rose litchi... jusqu'au raisin rouge. Cocorico ! C'est le célèbre horticulteur français Victor Lemoine, établi à Nancy, qui a réussi pour la première fois le croisement entre Paeonia suffruticosa et Paeonia delavayi, auquel on a donné le nom de Paeonia x lemoinei.

Au même titre que la rose, la pivoine fascine jardiniers, horticulteurs et surtout les hybrideurs qui travaillent sans relâche à la création de nouvelles variétés depuis des siècles notamment en Chine et au Japon, mais aussi en France entre le 19ème et le début du 20ème siècle, et beaucoup aux Etats-Unis depuis les années 50. Mais c'est néanmoins le japonais Toichi Itoh qui a réussi l'exploit de croiser l'espèce arbustive jaune Paeonia lutea avec les pivoines herbacées de nos jardins et bouquets pour obtenir ce qu'on appelle maintenant les hybrides de Itoh ou les pivoines hybrides intersectionnelles. En fleurs à Hermannshof, 'Bartzella', présente ainsi de grandes fleurs doubles jaune canari sur une touffe herbacée de feuillage fin vert glauque, qui disparaitra entièrement cet hiver pour mieux se renouveler l'année prochaine. Très belle en association avec les alliums 'Purple Sensation' !

Pivoine Itoh 'Bartzella', fruit d'un hybride intersectionnel entre l'espèce arbustive Paeonia lutea jaune et une pivoine herbacée
Pivoine Itoh 'Bartzella', fruit d'un hybride intersectionnel entre l'espèce arbustive Paeonia lutea jaune et une pivoine herbacée

Le tout s'appuie sur un remarquable sujet de glycine en arbre aux longues grappes blanches (Wisteria floribunda 'Alba', synonymes 'Shiro Noda' et 'Longissima Alba'). Plus discrète car plus jeune, une glycine double (Wisteria floribunda 'Violacea Plena') n'en est pas moins très jolie avec ses fleurons améthyste ! La suite de la visite passe par une remarquable pergola couverte de glycines presque toutes différentes, dont la plus remarquable est la variété 'Macrobotrys' avec des grappes qui s'allongent pendant tout le mois de mai pour atteindre plus de 50 cm de long.

Une somptueuse glycine blanche formée en arbre (Wisteria floribunda 'Alba')
Une somptueuse glycine blanche formée en arbre (Wisteria floribunda 'Alba')
Sur la pergola, Wisteria floribunda 'Macrobotrys Longissima', une glycine du Japon aux grappes très, très, très longues ! (50 à 60 cm)
Sur la pergola, Wisteria floribunda 'Macrobotrys', une glycine du Japon aux grappes très, très, très longues ! (50 à 60 cm)

 Le bal des vivaces est ouvert

Dans les grands massifs, les tulipes ont terminé leur floraison : les vivaces prennent le relais petit à petit pour occuper le devant de la scène jusqu'en fin d'année. Les derniers bulbes à s'épanouir sont les alliums sous toutes leurs formes... appréciés pour leur graphisme et leur facilité de culture, ils se marient parfaitement aux vivaces et reviennent eux aussi tous les ans sans faute. Dans le massif "mauves-cardons", la variété d'allium blanc 'Mount Everest' se détache sur un douillet matelas de feuillages contrastés, entre l'argent acéré des cardons et le bronze fumé des fenouils, avec les glycines de la pergola en arrière-plan... l'effet d'ensemble est tout simplement féérique !

Le massif "mauves-cardons", sur fond de glycines et de lilas blanc, offre un effet quasi féérique avec les têtes blanches de l'Allium 'Mount Everest' et le feuillage léger du fenouil bronze, comme une brume colorée...
Le massif "mauves-cardons", sur fond de glycines et de lilas blanc, offre un effet féérique avec les têtes blanches de l'Allium 'Mount Everest' et le feuillage léger du fenouil bronze, comme une brume colorée qui s'élève...

Des vivaces sans prétention, habituées des "jardins de grand-mère" complètent subtilement ce tableau : juliennes des jardins, lupins et pavots d'Orient fleurissent dès mai et sont des alliées fidèles pour faire le lien entre la pleine saison des bulbes et la pleine saison des vivaces, du 15 mai au 15 juin. Quand on y réfléchit bien, le choix de plantes en fleurs à ce moment de l'année est plutôt restreint et les anglais l'appellent même "the May gap", le "trou de floraisons" du mois de mai. Ma deuxième visite, effectuée le 26 mai, m'a permis d'en dresser une liste qui me sera utile quand je referai mes massifs. Je vous en livre une partie en images juste après...

Les baptisias ont particulièrement retenu mon attention car ils étaient présent en nombre et à l'optimum de leur floraison. On les appelle aussi lupins indigos, ce qui ne leur rend qu'à moitié justice car il en existe de nombreuses couleurs, certaines tout à fait originales... Mais ils évoquent tout à fait les lupins avec leurs fleurs papilionacées regroupées en épis. Les hybrideurs en créent actuellement beaucoup de nouvelles variétés particulièrement aux Etats-Unis, d'où ils sont originaires. En croisant des espèces bleues avec des espèces jaunes, ils ont notamment obtenu des coloris tout à fait inattendus comme chez la variété 'Twilight Prairie Blues', violet brun avec une pointe de jaune. Mais il y en a encore bien d'autres à découvrir, comme 'Purple Smoke', très florifère, bleu avec une pointe de violet, ou l'espèce Baptisia bracteata var. leucophaea aux gros épis crème qui se tiennent à l'horizontale. Comme les échinacéas, quasi inconnus il y a 15 ans et aujourd'hui indispensables, les baptisias sont appelés à gagner en popularité dans nos jardins, j'en suis persuadé !

Poursuivant la visite, je vous livre une vue d'ensemble du milieu steppique où brille une pivoine botanique rouge vermillon, la rare Paeonia peregrina, un de mes coups de cœur du jour ! Elle est associée à l'allium décoratif 'Mount Everest', décidément indispensable... et vous y devinerez les baptisias bleus et jaunes en arrière-plan avec leurs épis élancés.

Vue du massif steppique à Hermannshof le 26 mai 2015, avec Paeonia peregrina et Allium stipitatum 'Mount Everest' au premier plan
Vue du massif steppique à Hermannshof le 26 mai 2015, avec Paeonia peregrina et Allium stipitatum 'Mount Everest' au premier plan

Autour du bassin, les camassias sont maintenant en bout de course mais une association dense d'iris de Sibérie aux tons bleus et d'hémérocalles botaniques aux tons jaunes orange les a remplacés, toujours tempérée par le vert acide de l'Euphorbia palustris. C'est un mélange comprenant l'espèce type aux fleurs bleu clair et diverses variétés de l'iris de Sibérie ('Bodensee', 'Caesar's Brother'...) qui a été planté, une bonne astuce pour échelonner les floraisons et ainsi prolonger l'intérêt du massif.

B15-012-34

Les iris de Sibérie et les hémérocalles prennent progressivement le relais des camassias et des Euphorbia palustris encore visibles à l'arrière-plan
Les iris de Sibérie et les hémérocalles prennent progressivement le relais des camassias et des Euphorbia palustris encore visibles à l'arrière-plan

Et dans les sous-bois ?

Et dans les sous-bois, me direz-vous ? En lisière, à mi-ombre, j'ai ressorti mon carnet pour allonger ma liste des vivaces fleuries à mi-mai : les ancolies, un grand classique, et le pigamon à feuille d'ancolie (Thalictrum aquilegiifolium), à la floraison légère blanche ou rose. Et aussi une plante que l'on ne voit pas souvent, la gyroselle de Virginie (Dodecatheon meadia). Elle ne serait pas si facile à réussir, car elle réclame beaucoup de fraicheur pendant la floraison puis un repos estival au régime sec... mais ici elle s'est ressemée pour former toute une colonie dans tous les tons du blanc au rose carmin !

Une colonie de gyroselle de Virginie (Dodecatheon meadia)
Une colonie de gyroselle de Virginie (Dodecatheon meadia) en lisière de sous-bois

Une fois n'est pas coutume, j'ai voulu gardé le meilleur pour la fin : côté asiatique, j'ai eu le plaisir de découvrir de magnifiques touffes d'orchidées de jardin... mises en scène avec des carex d'ombre et des fougères, c'est juste magique ! Cela me donne envie d'essayer aussi...

Les sabots-de-Vénus sont des orchidées adaptées à la culture dans nos jardins
Les sabots-de-Vénus (Cypripedium) sont des orchidées adaptées à la culture dans nos jardins, associées ici à des fougères et des carex d'ombre

J'espère vous retrouver dans quelques semaines pour les découvertes du mois de juin... à bientôt !

 

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2 réflexions au sujet de « Le jardin Hermannshof en mai »

  • Pommiès-Guillemette
    Pommiès-Guillemette 21 juin 2015 à 12 12 25 06256

    magnifique reportage et jardin remarquable! Cela nous fait rêver et donne des idées pour notre jardin! Mais comment reproduire ces tableaux de nature, a plus petite échelle?... Les photos sont très belles. Merci , merci!

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    • Pierre

      Merci pour votre commentaire ! Ces tableaux sont relativement faciles à reproduire à petite échelle, en misant sur des variétés à plus petit développement et avec une période de floraison la plus longue possible (par exemple les népétas mussinii, l'astrance 'Roma', l'échinacéa 'Kim's Knee High'...) et beaucoup de bulbes qui ne prennent pas de place, pour avoir un maximum d'intérêt au mètre carré.

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