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Jardiner comme "autrefois" : bonne ou mauvaise idée ?

« C'était mieux avant » On entend cela à longueur de journée que ce soit pour les voitures, la télévision, les films de super-héros, la météo, la sauce tomate ou tout simplement : le jardin. Nos aïeux, ceux de la génération qui est venue juste après la seconde guerre mondiale, étaient-ils de meilleurs jardiniers que nous ? Est-ce que leurs pratiques culturales étaient-elles respectueuses de l’environnement, des plantes et de leur sol ? Entourer un gazon stérile par une haie de thuyas, était-ce vraiment une si bonne idée ?

Nous avons mené l'enquête...

Chez Promesse de Fleurs, vous le savez chers lectrices et lecteurs, nous ne reculons devant rien pour vous apporter jour après jour des articles de qualités et c'est pour cela que pour vérifier si "c'était vraiment mieux autrefois" dans nos jardin, nous allons utiliser notre toute nouvelle machine à remonter le temps. Une machine très utile d'ailleurs pour retrouver d'anciennes variétés oubliées...

-Dites les gars, je dois emprunter la promessmobile pour un article. Elle est en ordre de marche ?

-Ouais, Lionel a changé le filtre à huile pas plus tard qu'hier.

-C'est parti !! Alors année ? Euh... 1967... Au pif... Lieu ?... Eh, si j'allais dans mon propre jardin voir ce qu'il s'y passait jadis ? Hop ! « Calcul de l'itinéraire en cours... »

Flash !

-Évidement j'ai atterri dans un fossé ! Je vais encore me prendre une chasse en rentrant moi... Oh ! Y a un type dans le jardin. Mais qu'est-ce qu'il fait ? Je sors mon calepin pour noter tout ce que je vois...

Deux heures plus tard...

-J'en ai assez vu, je rentre au bercail pour mettre tout ça par écrit et vomir un petit peu...

Transformer son potager en "champ de patates"

On le sait maintenant la diversité n'apporte que des bienfaits au jardin en général mais aussi au potager : une résistance accrue aux maladies et aux ravageurs notamment. Hélas, certains de nos anciens confondaient parfois potager et monoculture agricole. Et il n'était pas rare de n'avoir qu'un champ de pommes de terre ou de choux sur plusieurs ares. Une autre idée de la production vivrière au jardin... Le potager étant alors bien souvent une zone de production à rentabiliser plutôt qu'un potager-loisir. Lorsque je suis arrivé dans ma maison, je me suis vite rendu compte que mon prédécesseur avait fait cela avec... des fraisiers sur une douzaine d'ares (c'est dingue d'aimer les fraises à ce point-là !) Verdict : c'était pas mieux avant !

Monoculture de pomme de terre

La terre est trop travaillée.

Le sol est fragile. Et ce n'est pas qu'un substrat stérile. Tout un écosystème se déroule sous nos pieds avec des relations complexes entre les différents êtres vivants du sol. On préconise d'ailleurs à notre époque de ne pas mélanger les différentes couches du sol car chaque organisme vivant dans le sol ne vit généralement que dans une seule couche de ce sol. Si on mélange tout, certains vont mourir et l'équilibre fragile mettra un certain temps à revenir à la normal. Donc évitez autant que possible le passage récurrent au motoculteur, voire même si possible de ne pas bêcher mais d'utiliser une fourche à bêcher ou une grelinette (oui je sais la grelinette dans un sol argileux, c'est chaud !). Évidement lors de la création d'un nouveau massif ou d'une nouvelle parcelle, il est difficile de faire autrement qu'en travaillant le sol... Mais si ce n'est qu'une fois, ce n'est pas si grave.

Or il y a de cela encore quelques années, on se moquait éperdument de l'équilibre fragile du sol et on y allait gaiement à la bêche ou au motoculteur jusqu'à obtenir une texture proche du sable. Inutile de préciser que ce n'était pas la meilleure idée... Verdict : c'était pas mieux avant !

La terre est laissée à nue 

« Ça fait plus propre ! » semblait être l'adage de nos anciens. Nous n'avons sans aucun doute pas tous la même notion du propre. Mais avant, les massifs comme le potager (voire même le verger) devait être "propre", entendez par là sans rien qui pousse (et surtout pas ces fameuses "mauvaises herbes" !) ni paillage pour couvrir le sol. Alors on sarclait, on désherbait, on roundupait, ... Or un couvre-sol ou un paillage protège le sol du froid et du dessèchement (attention, toutefois que le paillage ralentit le réchauffement de la terre au printemps et garde parfois trop d'humidité au pied des plantes). Un paillage contribue à nourrir le sol et fournir un abri à toute une micro-faune qui s'empressera de travailler le sol à votre place. Les plantes couvre-sols quant à elle peuvent rendre plus esthétiques les massifs et le pieds des arbres et arbustes... tout en "faisant plus propre". Verdict : c'était pas mieux avant !

Potager dont le sol est couvert d'un paillage

Utilisation à outrance d'intrants chimiques

« C'est chimique donc ça fonctionne mieux ! ». Qui n'a pas déjà entendu cette phrase. Pour ma part, je l'ai encore entendu récemment de la bouche d'un agriculteur pourtant assez jeune (on n'est pas sorti de l'auberge...). En réalité nourrir son sol ou l'amender est très bien mais pourquoi diable faire chimique lorsqu'on peut faire naturel... Il existe de nombreuses solutions bien plus écologiques et bien moins onéreuses pour soigner et nourrir les plantes.
Verdict : c'était pas mieux avant !

Un véritable génocide de la nature

La nature, c'était le mal ! Insecticides, herbicides, raticides, vermicides, ... et j'en passe. La génération d'après-guerre semblait avoir une terreur irraisonnée de la nature qui les entourait. On en voulait aux "mauvaises herbes", aux taupes, aux renards, aux rongeurs, aux insectes, aux vers de terre, aux oiseaux, aux zèbres, aux girafes, ... Pourquoi ? Parce que les entreprises qui vendaient ces produits avaient fait croire aux jardiniers comme aux exploitants agricoles qu'il fallait juguler cette nature pour espérer obtenir un jour des récoltes ou un beau jardin. Moyennant des campagnes d'endoctrinement qui n'ont rien à envier au publicités lobotomisantes de notre époque dans nos différents médias. Business is business... Or vous le savez bien que dans la nature, comme au jardin, tout est lié au sein de relations complexes entre les différents représentants de la faune et de la flore. Et la citation de Lamartine (à la ferme!) "un seul être vous manque et tout est dépeuplé" prend tout son sens au jardin et devrait être votre leitmotiv. Arrêtons donc de sortir les biocides à tout bout de champ, même les soi-disant "bios". Un produit qui tue un organisme vivant quel qu'il soit n'est en rien "bio". Verdict : c'était pas mieux avant !

Taille trop sévère des arbres et des arbustes

Je nomme cela : « l’élagage à la grenade ». Encore en vigueur dans certaines communes ou municipalités. On coupe, on ratiboise, on étête, on abat... Que rien ne dépasse et tant pis si cela tuera l'arbre à court ou moyen terme. On n'avait hélas pas encore lu les travaux de Francis Hallé ou de Peter Wohlleben sur nos amis les arbres. Et les techniques de tailles en transparence peaufinées par la princesse Greta Sturzda n'étaient pas sorties du Vasterival. Verdict : c'était pas mieux avant !

Les effets de mode stupide

Ah la mode ! La définition du mot « mode » est « manière collective de faire quelque chose ». En bref, vous faites exactement pareil ou obtenez les mêmes choses que vos contemporains. Vêtements, voiture, ... mais c'est aussi le cas au jardin. La mode au jardin, c'est donc avoir les mêmes plantes que vos voisins. Cela se remarque parfois très fort dans certains quartiers. Et c'est souvent par là que proviennent les soucis : la mode des conifères dont les fameuses haies sans vie de Thuyas ou de Chamaecyparis, la folie « bambous » d'il y a quelques années, certaines invasives particulièrement dangereuses pour la flore locale, ... (un lecteur : et les Cornus ? Moi : non mais les Cornus, c'était bien. C'était une chouette mode...) Verdict : c'était pas mieux avant !

L'enfouissement des déchets

J'ai trouvé de tout dans la terre de mon jardin. Des vieux vêtements, des plaques d'eternit, des tuiles, des vieux trucs rouillés (dont l'utilité première ne m’apparaît pas comme une évidence...), des tessons de bouteille et... un verre d'une marque de bière trappiste belge très connue totalement intact. Il trône désormais fièrement sur ma cheminée tel le Graal des légendes Arthuriennes (même si selon certaines sources, le Graal serait peut-être un bocal à anchois...). Pourquoi vouloir transformer son sol en une gigantesque décharge ? Je n'ai toujours pas la réponse, désolé... C'était peut-être pour faire une blague aux archéologues qui fouilleront le jardin dans cinq cent ans... Verdict : c'était pas mieux avant !

Et on brûle le reste.

Brûlez tout ! : on enterre les déchets certes, sauf ceux que l'on peut brûler, c'est-à-dire les déchets organiques. Et oui avant, le terme « composter » se référait surtout au poinçonneur des lilas. Les déchets verts étaient tous brûlés sans autre forme de procès. Du CO2 vous me dites ? C'est quoi de c'te nov'elle invention là ? Mon cancer du poumon ? Non mais ça n'a rien à voir ma bon'dame... Et oui, nous avons encore tous un voisin comme cela qui fait fi de la sécurité et des interdictions de faire du feu pour ne s'en remettre qu'à son instinct d'hommes des cavernes "moi faire du feu, moi être le plus fort de la tribu !". Ou alors il est tout simplement pyromane et devrait être soigné dans les plus brefs délais...Verdict : c'était pas mieux avant !

Zone de compostage

Des machines toujours plus grosses et performantes

L'utilisation de machines onéreuses, lourdes, bruyantes et dangereuses pour des travaux qu'on aurait pu faire à la main en 3 minutes... : c'est à partir de ce moment-là qu'on a commencé à jouer à « c'est qui qu'a la plus grosse ? » (dans le milieu agricole aussi, ce qui a conduit d'ailleurs à des élargissements de parcelles et à l'arrachement des haies bocagères, pourtant fort utile !). Désolé mais ce n'est pas plus intelligent que cela... L'un de mes voisins de soixante-dix printemps me regarde comme un extra-terrestre lorsque je taille mes haies à la cisaille, que j'élague mes arbres à la scie ou encore que je fauche l'herbe (plus une prairie remplie de fleurs sauvages qu'un gazon) à l'aide de ma faux. Il ne comprend pas. J'avoue que j'exagère un peu dans l'autre sens, c'est vrai. Pourtant la plupart des travaux au jardin ne mérite pas systématiquement de machines polluantes et bruyantes. Réfléchissez-y à deux fois lorsque vous songez à l'achat d'une débroussailleuse ou d'une tronçonneuse : "Est-ce vraiment nécessaire ?" (si c'est bien le cas après mure réflexion, alors achetez-la !) Verdict : c'était pas mieux avant !

Conclusion

Il est inutile de préciser que le trait a été grossièrement et volontairement accentué. Personne n'aurait l'outrecuidance de penser que l'ancienne génération arrivant juste après la seconde guerre mondiale n'était constituée que de dangereux psychopathes détruisant tout sur leur passage. Il y en a eu certes mais il y a eu aussi beaucoup d'ignorance et de maladresse. Sans compter tout ceux qui ont continué à perpétuer les pratiques de leurs parents et grands-parents plus respectueuses de l'environnement en général (ce n'était hélas pas le cas de mes propres grands-parents...). Il faut tout de même reconnaître que c'est à cette époque que l'on vit poindre nombres de mauvaises pratiques au jardin (et dans le milieu agricole aussi d’ailleurs). Certaines de ces pratiques perdurent encore de nos jours mais tendent à se raréfier fort heureusement. Une prise de conscience collective s'est élevée depuis la fin des années soixante-dix. Et il est désormais normal de laisser des petits coins sauvages au fond du jardin, de pailler son sol ou de composter ses déchets organiques.

Pour resituer un peu le contexte : après la deuxième guerre mondiale, tout avait changé ! Des innovations technologiques fusèrent de toutes parts. Une profusion de chimie se déversa dans les rayons des jardineries (pour écouler des stocks non utilisés pour la guerre...). Ce devait être enthousiasmant de vivre une véritable époque de révolution scientifique. Les couvertures des revues scientifiques des années cinquante prêtent à sourire de nos jours. Mais les contemporains croyaient dur comme fer à un futur dans lequel on aurait accédé à l'immortalité, piloté des voitures volantes, habité dans des cités sous-marines et dans lequel... les progrès de la science pour le jardin et les cultures aussi auraient totalement changé la manière de jardiner et de cultiver. Et c'est d'ailleurs ce qu'il s'est passé... mais pas en bien. Toutes ces inventions furent vus par les gens comme des bénédictions et personne ne semblait se tracasser si c'était bon pour la faune et la flore, pour le sol ou même... pour nous. La relation entre le jardinier et son jardin changea radicalement. Plus tellement besoin d'un jardin entièrement vivrier. Plus tellement de temps ni l'envie pour s'en occuper tous les jours d'où une prolifération de techniques modernes et rapides : pesticides et grosses machines en première ligne.

Tant et si bien qu'un fossé énorme se créa entre cette génération et celle qui l'avait précédée. Cette dernière, sans s'en rendre compte réellement, était plus respectueuse de l'humain et de son environnement. Pas de chimie, pas de grosses machines, pas (trop) d'exotisme mais plus de temps pour s'occuper et profiter du jardin. Et paradoxalement, nous tendons, nous petites femmes et petits hommes du vingt-et-unième siècle, à revenir à cet état d'esprit. Nous appelons cela désormais « permaculture », « jardins naturels », « agro-foresterie », ... Des nouveaux mots placés sur... des anciennes techniques. Mais après tout, au jardin comme partout, n'est-ce pas le propre de l'Homme d'opérer un retour périodique aux anciennes pratiques. C'est finalement la définition même d'une... révolution.

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