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Avoir un beau jardin : le but et le chemin

Avoir un beau jardin est souvent source de satisfaction, voire de fierté.

Mais, au risque de vous décevoir, sachez que cela prend un peu de temps et que ce n'est pas donné à tout le monde. Vous devez vous demander où je veux en venir…

Figurez-vous qu'en consultant mes blogs jardin préférés, je vois souvent des jardinier(e)s un peu dépité(e)s, voire carrément déprimé(e)s par un massif dont l'effet escompté n'est pas au rendez-vous ou de ne pas obtenir, malgré leur acharnement, le jardin qu'ils ou elles espéraient.

Le problème, c'est que souvent, passion rime avec pression… et qu'avec internet, les plus beaux jardins s'offrent à nos yeux, ce qui ne fait qu'accentuer cette forme, verte et fleurie, de la tyrannie de l'apparence.

Et je ne parle même pas des visites de jardins. Et puis, si parlons-en. Je conserve, de mes premières visites, un souvenir cuisant : arbres majestueux, généreuses vivaces, rosiers sans puceron, massifs impeccablement délimités, foisonnement de feuillages luxuriants, petites touches déco terriblement chics… De bons moments. Jusqu'à ce que je rentre chez moi pour retrouver mon jeune jardin et ses nombreux défauts.

Il s'en suivait généralement une phase de "jardiblues", souvent associée à un terrible découragement me faisant bouder plantoir et grelinette pour quelques jours. Ce fut ainsi jusqu'à ce que, lassée, je décide de réagir et d'évaluer objectivement la situation, en quelques points :

1) "L'herbe est toujours plus verte chez les autres, jusqu'à ce qu'on découvre que c'est du gazon artificiel".

J'aime bien cette citation de Jacques Salomé, car oui, on pose souvent un regard bien plus indulgent sur les jardins des autres que sur le nôtre. Par ailleurs, sur les réseaux sociaux et les blogs, on ne voit que ce que l'on veut bien nous montrer… alors que nous, jardiniers complexés, focalisons toujours sur ce qui ne pousse pas chez nous ! Cela n'a rien de malhonnête, mais cela ne reflète pas complètement la vérité, il ne faut pas l'oublier.

2) Beau ne veut rien dire.

La beauté est une notion subjective. La preuve : certains s'émerveillent sur les jardins à la française, d'autres sur les prairies naturalistes. Votre jardin peut ne pas vous paraître beau alors qu'il l'est aux yeux des autres. Par ailleurs, au-delà de l'aspect esthétique, un jardin peut avoir une autre valeur : écologique, nourricière... Je vous l'accorde, quand on peut combiner les trois, c'est formidable. Mais, n'en demandez pas trop, ni à vous, ni à votre jardin.

3) Il faut du temps pour faire un jardin, mais aussi un peu d'argent.

Les plantes ont besoin de temps pour pousser. Elles ont aussi besoin de quelqu'un pour les semer, les planter, les tailler, désherber leur pied…. Et sur ce point, nous ne sommes pas tous égaux. S'occuper de son jardin 300 jours par an est un luxe. Avoir la possibilité d'y consacrer une demi-journée par semaine (les bonnes semaines...) correspond plus à la réalité de nombreux jardiniers. On n'accomplit dès lors, pas du tout le même type d'œuvre, ne l'oubliez pas !

Même si c'est un peu trivial, les priorités budgétaires ne sont pas les mêmes dans tous les foyers. Pour ma part, en septembre, quand j'ai chaussé de neuf mes quatre enfants, que j'ai rempli leurs cartables et que j'ai terminé les inscriptions aux multiples activités, il ne me reste généralement pas de quoi acheter la moindre plante. C'est ainsi et ce n'est pas grave, je me réjouis alors d'autant plus des semis spontanés ! Néanmoins, gardez aussi cet élément à l'esprit lorsque vous visitez un jardin remarquable... il a souvent coûté beaucoup d'argent et de temps. Et le propriétaire en est peut-être l'esclave.

4) Ce n'est pas le but qui compte, mais le chemin.

Faites l'inventaire des plaisirs liés aux travaux du jardin : imaginer, partir à la recherche de nouvelles plantes, les ramener à la maison, les planter, les chouchouter, écouter le chant des oiseaux, râler un peu contre les limaces, respirer l'air frais, le parfum de la terre et des roses, prendre le doux soleil de mai… Après avoir passé tous ces bons moments au jardin, si, au final, il ne ressemble pas tout à fait à une photo de magazine, est-ce si important ? Avoir profité de tous ces instants, n'est-ce pas l'essentiel ?

Et vous, que pensez-vous de votre jardin ? Portez-vous sur lui un regard bienveillant, plein de cette tendresse qui fait si bien pousser les plantes ou êtes-vous souvent fâché avec lui ? Racontez-nous !

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33 réflexions au sujet de « Avoir un beau jardin : le but et le chemin »

  • patricia

    Ce n'est pas le but qui compte, mais le chemin. Je suis bien d'accord Ingrid. Je me retrouve complètement dans ce que tu as écrit. Cela fait du bien à lire. Il nous faut être indulgent avec nos jardins. Bises

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  • Catherine D

    Merci Ingrid, un article qui me parle ! Il faut y ajouter les photos qui sont trompeuses, dans le plus beau jardin il y a un tuyau qui traine, une plante crevarde....
    Je repense à ma colère (intérieure) à la réflexion d'une journaliste hébergée une nuit, à une ou 2 remarques maladroites... et mon petit jardin ne se visite pas !
    Bonne journée

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    • Ingrid

      Bonjour Catherine ! Je pense souvent aux jardiniers qui ouvrent leur jardin, les plus courageux ne sont pas forcément ceux qui font la chasse à l'imperfection mais plutôt ceux qui osent montrer la réalité et prendre un peu de distance. A très bientôt !

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  • Ln Jwé

    Je me transpose totalement dans tes lignes : le manque de temps, le "jardiblues", la subjectivité. Les années faisant, je suis devenue plus indulgente avec moi-même. En attendant d'avoir davantage de temps à consacrer à mon jardin, je me projette et rêve ; c'est déjà bien !

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    • Ingrid

      Bonjour Hélène ! Jardiner dans sa tête, c'est bien aussi... et ça peut se faire partout, mêmem dans le métro ou à la pause déjeuner :-) A très bientôt sur le blog !

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  • Chantal

    C est exactement ce que j ai ressenti lors de mes premières visites de jardins: le coup sur la tête , l idée que je n y arriverai jamais. Puis après un peu de réflexion, je me suis dit que notre jardin, tout jeune, nous ressemblait, que ses plantes avaient une histoire et que nous faisions ce que nous pouvions....et nous y sommes très heureux. N est ce pas l essentiel.
    Merci pour ce bel article qui fera du bien à bien des jardiniers.
    Si je peux me permettre la citation sur l herbe plus verte, a été reprise par Salomé, mais au départ elle est de Schulz, le créateur de Snoopy.

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    • Ingrid

      Bonjour Chantal ! Alors, il faut rendre à Snoopy ce qui appartient à Snoopy :-) Merci beaucoup pour ce témoignage qui prouve que nous sommes nombreux à avoir abandonné l'idée d'avoir un jardin parfait au profit d'un jardin qui rend vraiment heureux. A très bientôt :-)

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  • Laurette

    Avant ,Je me surprenais quelquefois à me demander :qu'est ce qu'Untel en penserait de ce massif ,de ce coin de jardin?
    Evidemment la réponse était toujours à mon détriment .
    Me mettant la pression moi même je finissais par être trop critique et toujours mécontente.
    Maintenant je me suis assagie et suis beaucoup plus clémente envers lui et donc envers moi .
    Ça fait du bien .?

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  • Emmanuelle

    Merci pour cet article qui feras comme à moi et à beaucoup de jardinières vraiment plaisir .Mon jardin je lui porte un regard bienveillant avec tout les défauts pourtant qu'ils comportent c'est mon évasion ,ma thérapie pour me sentir bien .
    Belle journée .
    Emmanuelle

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  • Michèle

    J'aime mon jardin mais plus je vieillis plus il me paraît grand !

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  • ingrid24

    Ingrid qui répond à une autre Ingrid....
    C'est bien vrai ,on est trop critique envers soi-même ,j'ai un jardin champêtre ,donc on peut voir des paquerettes dans la pelouse,des coquelicots avec des rosiers pas toujours de la bonne couleur,de la mousse sur les bancs,des escargots qui mangent les fleurs,des chevreuils qui broutent les boutons de roses.....je fais avec , c'est mon jardin ,il me ressemble ,certains disent ....c'est le jardin des lutins
    Merci pour ce bel article

    Répondre
    • Ingrid

      Bonjour Ingrid :-) Outre le même prénom, je vois que nous partageons la même conception du jardin ! Quelle "chance" pour les chevreuils... Les nôtres sont trop timides, ils se tiennent à distance de la maison.
      A très bientôt sur le blog !

      Répondre
  • Hélène

    Sans compter qu'un jardin a ses moments plus ou moins beaux, ses angles de vue plus ou moins flatteurs: ce sont ceux-là que choisissent les photographes ou que présentent les pros de la visite, et nous, nous les oublions un peu dans nos jardins "d'artisans"...

    Répondre
    • Ingrid

      Bonjour Hélène ! Oui, certains jardins sont éblouissants à certaines périodes et terriblement ternes deux ou trois mois plus tard. Nous portons aussi, sur nos jardins, un regard un peu faussé par l'habitude. Il suffit parfois d'inviter quelques amis pour s'apercevoir qu'il n'est pas si mal que ça !

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  • Véro

    Je suis toujours en train de râler après mon jardin, les limaces, les maladies, les trucs qui ne poussent pas là où je voudrais qu'ils poussent....Je rêve d'un jardin "comme dans les magazines". Et puis de temps en temps, je me pose, je regarde, je prends en photo...et je me dis que j'ai bien de la chance d'avoir un jardin si sympathique (malgré ses défauts). Il y a des machins moches dans mon jardin, des coins qui me dérangent, sans arriver à trouver le pourquoi, et c'est tant mieux: ça me permet de ne jamais m'ennuyer et d'avoir toujours des tonnes de projets dans la tête afin de l'améliorer!
    Merci pour cet article qui permet de relativiser quand on a une baisse de "moral jardinesque" :-)
    Bonne journée, Véro.

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    • Ingrid

      Bonjour Véro ! C'est vrai que prendre des photos permet de prendre du recul... et je vous rejoins sur l'avantage d'avoir un jardin un imparfait et inachevé : ça laisse tellement de possibilités ! A très bientôt

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  • catherine

    un billet que j'aurais pu écrire..tellement je suis en phase avec ce que tu écris..parfois je parle de la dictature de mon jardin, et en ce moment je vois arriver avec inquiétudele printemps avec son cortèges de travaux obligatoires, rosiers et arbustes à tailler, massifs à nettoyer, plantations en retard, je comprends cette notion de tyrannie..
    je me mets la pression, tant les jardins exposés sur les blogs (désolée, je n'aime pas faceb..chronophage et j'y vais peu), et les jardins visités en France ou en Angleterre me rendent un peu déconfite quand je retrouve le mien, chiffonné et campagnard, réalisé sans vrai plan paysagiste au petit bonheur la chance..
    alors oui, profitons du jardin sans arrière pensée, et soyons indulgent avec notre jardin et conciliant avec toutes les petites mochetés qu'il renferme! et acceptons qu'il soit "vivant" avant d'être beau, ce qui compte c'est que nous nous y sentions bien!
    bon dimanche, peut être au jardin (mais avec le froid qui arrive..)

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    • Ingrid

      Bonjour Catherine ! Tu me fais sourire avec le cortège des travaux obligatoires... parce que parfois, on ressent presque de la culpabilité de ne pas pouvoir tout faire. Mais, il faut lutter contre ! Bonne semaine à toi :-)

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  • Dominique

    Merci mille fois Ingrid pour cet article qui ne peut faire que du bien à tous les jardiniers et jardinières amateurs .
    Je ne veux plus me mettre la pression pour mon petit jardin,ce que j'ai fait longtemps.
    Finalement je l'aime comme il est, c'est le mien j'y fais ce que je veux avec mes gouts et mes possibilités.
    Mon entourage l'apprécie : ce qui n'est déjà pas si mal !
    Depuis longtemps j'adore jardiner, rechercher des plantes que je n'ai pas ,faire des boutures pour tout le monde,chercher des idées dans les livres, les blogs ...le jardin est mon loisir et pas un travail .
    Après la visite des grands jardins on se sent souvent tout petit;mais n'oublions pas que se sont des professionnels qui y travaillent et que ces visites sont payantes .
    Nous, nous faisons avec nos expériences et nos propres ressources .
    Ingrid tu as raison d'évoquer l'aspect pécuniaire du jardinage,
    les prix de plantes ,du matériel , le prix des visites des jardins de l'entrée aux fêtes des plantes ,tout cela devient un luxe .
    J'ai un petit jardin en ville qui me rend très heureuse ,il est vivant ,plein d'oiseaux et d’insectes ,j'y fait plein d'expériences et beaucoup n'ont pas cette chance en ville .
    La perfection n'existe pas; pas plus au jardin qu’ailleurs .
    Il faut faire avec ce que l'on a ,(taille du jardin, climat budget etc)et en tirer parti avec PLAISIR sans se comparer à qui que ce soit .
    le jardinage c' est la liberté aussi .
    BON DIMANCHE INGRID

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    • Ingrid

      Bonjour Dominique !

      Merci beaucoup pour ton témoignage :-) Moi, ce que j'adore, c'est faire des plants de tomate pour tout le quartier même si, en mars-avril, ça devient compliqué pour circuler le salon ! Et oui, s'affranchir du regard des autres, c'est la meilleure façon de jardiner librement. A très bientôt

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  • gwen

    Bonjour Ingrid
    oh la la
    j'adore votre billet;
    il reflète une réalité très courante!
    Je fais partie des enthousiastes même si j'admire beaucoup l'oeuvre de jardiniers qui donnent à voir le meilleur de leur jardin!
    On a beau s'extasier devant des scènes remarquables, on peut très bien se satisfaire de réussites modestes et néanmoins exemplaires!
    Le truc commun à tous les jardiniers est d'adorer avoir les mains dans la terre et s'extasier sur ce qui se développe sous leurs yeux.
    La part de liberté est immense et participe il me semble à la joie du jardinage!
    Pas de pression au jardin,
    et le beau c'est quoi à vrai dire?
    Je vous rejoins totalement!

    Répondre
    • Ingrid

      Bonjour Gwen, Merci beaucoup ! Je suis ravie que ces quelques lignes fassent écho à tant de jardiniers :-) et je vous rejoins sur le plaisir de toucher la terre et de voir nos petites merveilles se développer... même dans les plus simples des écrins.

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  • Rahir Pascale

    Comme tu le dis si bien, c'est le chemin à parcourir qui est l’essentiel. Les "défauts" de notre jardin en font sa spécificité et c'est en cela qu'il est unique au monde ! Tout est une question de regard ! Je partage sur mon groupe et j'imprime (avec références) pour une expo céramique dont le thème est justement "Le Chemin" . Merci

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  • Charlotte Leblanc

    En fait ton article me ramène à St Ex à sa rose et son renard...De la rose au jardin, je transpose : C'est le temps que tu as consacré à ton jardin qui fait ton jardin si important. Alors bien sûr les autres jardins sont beaux, parfois même plus que ça, mais ils sont vides. Ton jardin est le plus important parce que c'est lui que tu as choyé, soigné, planté, aménagé...c'est lui qui t'a parfois découragé et que tu essaye d'apprivoiser. Les plus beaux jardins d'ailleurs se perçoivent avec le cœur dans ce qu'ils ont de plus imparfaits...Et apprivoiser les imperfections du mien, en réalité, c'est ça qui m'intéresse par dessus tout :)

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  • Pierre

    Votre article redonne le moral !! Merci (-;

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  • Marie

    Votre article me parle, je me retrouve également dans vos commentaires, le désir d'avoir un beau jardin comme on peu en visiter, la frustration de ne pas pouvoir arriver à un résultat satisfaisant et le temps, l'argent et l'énergie que cela demande... un bien long chemin... Mon jardin m'a appris la patience, le sens de l'observation, la ténacité... J'apprécie tous les petits bonheurs qu'il m'apporte et c'est déjà beaucoup. C'est ce qui me rend indulgente envers lui.

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