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Engrais verts : tout savoir !

Les engrais verts, vous connaissez ? Moutarde blanche, Vesce, Phacélie, Sarrasin... pour ne citer qu’elles, sont couramment utilisées, à l'automne ou au printemps, comme "engrais vert". Au potager bio et au jardin, d'une façon générale, cultiver un ou des engrais verts fait partie des bonnes pratiques pour entretenir la fertilité du sol tout en lui conférant une belle texture. C’est une façon écologique d’améliorer et de protéger sa terre… à moindre coût. Et c’est certainement pour ces raisons qu’ils sont si utilisés en permaculture.

Un engrais vert, qu’est-ce que c’est ? Comment ça marche ?

L’engrais vert est une culture qui ne sera pas récoltée sans pour autant être une culture perdue, bien au contraire. Sans être miraculeuses (je ne crois pas aux recettes miracles au jardin), ces plantes, annuelles ou vivaces, sont cultivées pour :

  • enrichir et restituer des éléments nutritifs à la terre pour la culture suivante,
  • redonner vie aux sols dégradés et maîtriser les adventices,
  • améliorer la texture et protéger la terre.

Le fonctionnement et l’intérêt des engrais verts

Pour mieux comprendre le fonctionnement des engrais verts, je vous propose de reprendre ces trois points :

1) les engrais verts enrichissent et restituent les éléments nutritifs à la terre

Au potager, et comme partout ailleurs, pas de magie. Rien ne se crée, tout se transforme : les légumes ne poussent pas de l’air du temps (quoique… nous parlerons plus loin des légumineuses). Ils puisent dans la terre, pour se constituer, des éléments nutritifs, dont l’azote, que vous leur avez apporté grâce aux engrais, fumier et/ou compost épandus pendant la culture. Dans la plupart des cas, les légumes "ne mangent pas tout", et il reste de l'azote disponible dans le sol après la récolte. Celui-ci est susceptible d'être "lessivé" par les pluies automnales et hivernales et d'aller polluer la nappe phréatique. C'est là qu'interviennent les plantes utilisées comme engrais vert : elles puisent les restes pour leur propre croissance et vont ainsi stocker l'azote résiduel dans leurs tissus. Une fois fauchés, cet azote sera restitué au sol sous sa forme utilisable par les plantes, grâce au travail des êtres vivants dans le sol  (vers, insectes décomposeurs) et des micro-organismes (champignons, bactéries) : c'est pour cela qu'on utilise l'appellation "engrais verts". Cela vaut aussi pour les autres éléments nutritifs dont a besoin la plante comme le phosphore et la potasse.

Dans le cas particulier des engrais verts appartenant à la grande famille des fabacées, ex-légumineuses, comme la Vesce, la Gesse ou le Lupin, c'est un peu différent. En effet, comme nous l’avons vu ici, elles ont la formidable faculté de fixer l’azote atmosphérique dans le sol. Elles font ainsi passer de l'azote de l'air dans le sol, au lieu de jouer le simple rôle de "récupérateur" des autres engrais verts : elles sont donc particulièrement intéressantes pour enrichir des sols pauvres.

2) les engrais verts redonnent vie aux sols dégradés et limitent les adventices

Lorsque l’on commence un jardin, qu’il soit potager ou d’ornement, on choisit rarement sa terre. Et si l’on fait construire sa maison, rares sont les artisans sensibilisés au respect des sols. Tassée par les engins de chantier ou retournée par les travaux de terrassement, la terre se retrouve bien souvent chamboulée, sens dessus dessous.

De la même façon, lorsque l’on décide d’implanter un potager, c’est au soleil. Et, allez comprendre pourquoi, c’est, dans 90 % des cas, pile à l’endroit où sévissent chiendent, rumex et autres renouées.

Dans ces deux cas de figure, l’engrais vert peut être semé au préalable, pour redonner vie au sol, le décompacter d'une part grâce à la pénétration de ses racines, et d'autre part grâce au travail qu'il donne aux vers de terre qui s'en nourrissent. Les vers de terre sont les plus connus et visibles des organismes du sol, mais il y en bien d'autres encore dont la vie sera stimulée par les engrais verts.  Mais aussi et surtout, ils vont faire concurrence (et même gagner !) face aux adventices. Parmi les plus efficaces, on trouve le Sarrasin et le Seigle.

3) Les engrais verts améliorent la texture et protègent la terre

Rien n’est pire qu’une terre à nu : sableuse, elle se transforme en passoire à larges trous, laissant filer les éléments nutritifs ; lourde, elle se compacte en un rien de temps et se transforme en béton. Pour la protéger, la technique du paillage est efficace. Néanmoins, à certaines périodes de l’année, la quantité de déchets verts fait parfois défaut. Ainsi que le temps pour les broyer et les étaler.

Les engrais verts sont alors providentiels. Le semis est rapide et leur végétation agit à deux niveaux :

  • au niveau aérien, comme couvert végétal, pour protéger le sol de la battance des pluies, du lessivage, du ruissellement ;
  • au niveau sous-terrain, car son système racinaire exerce une action mécanique qui peut être puissante.

Quel engrais vert choisir ?

Le choix de l’engrais vert se fait en fonction de plusieurs critères :

  • la période de semis,
  • l’effet recherché (apport d’azote, décompactage…),
  • la culture envisagée à la suite de l’engrais vert car celui-ci entre en compte dans le système de rotation des cultures. Ainsi, avant l’installation de choux, on évitera d’utiliser la Moutarde car toutes deux sont des Brassicacées. La Phacélie est très souple d’utilisation, car elle appartient à la famille des Hydrophyllacées, dont aucun légume ne fait partie.

Pour vous y retrouver, voici un petit tableau répertoriant les principaux engrais verts :

Plante Famille botanique Cycle Semis Intérêt
Cameline Brassicacée annuelle Avril à juin décompacte, aère les sols, fait barrage aux adventices - rustique, adapté aux sols pauvres
Fenugrec Fabacée (légumineuse) annuelle fin mars à fin juillet enrichit le sol en azote - adapté aux sols calcaires et aux climats secs
Luzerne Fabacée (légumineuse) vivace mars à septembre pour implantation de longue durée, décompactant
Moutarde blanche Brassicacée annuelle mars à septembre piège les nitrates, croissance rapide, étouffe les adventices
Phacélie Hydrophyllacées annuel Avril à août structure le sol - mellifère
Sainfoin Fabacée (légumineuse) vivace Mars à juin très rustique (- 10 °) - fixe l’azote atmosphérique - idéal en sols superficiels, calcaires et secs
Sarrasin ou Blé noir Polygonacée annuelle Mai à juin nettoyant, décompactant, parfait en sol lourd, acide et en climat humide
Trèfle blanc, Trèfle violet Fabacée (légumineuse) vivace Mars à mai couvert longue durée, fixe l’azote dans le sol, mellifère
Trèfle incarnat Fabacée (légumineuse) annuelle Août à septembre fixe l’azote, mellifère, jolie floraison rouge
Seigle Poacée (Graminée) bisannuelle Septembre à novembre nettoyant, bon couvert végétal pour l’hiver
Vesce de Printemps Fabacée (légumineuse) annuelle Mars à avril végétation abondante - fixe l’azote atmosphérique, jolie floraison bleue
Vesce de Cerdagne Fabacée (légumineuse) annuelle Août à octobre convient aux sols lourds et pauvres

 

Enfin, sachez que les verts peuvent être utilisés seuls ou combinés entre eux, en mélange améliorant.

 

En pratique : le semis et la destruction de l’engrais vert

Le semis des engrais verts est simple et rapide. Peu exigeants,  ils se contentent d’un sol rapidement décompacté, grossièrement ratissé. Le semis s’effectue à la volée, en respectant la quantité de graine par m² préconisée. La culture ne nécessite généralement pas d’arrosage.

La destruction de l’engrais vert se fait naturellement par le gel ou par fauchage plus ou moins rapide (dans tous les cas, avant la formation des graines… pour vous éviter les semis spontanés).

Une fois détruit, l’engrais vert pourra, au choix, être :

  • broyé puis incorporé aux couches superficielles du sol (on n’enterre pas la matière organique, au risque de voir apparaître les taupins), la culture suivante n’est alors possible que trois semaines plus tard,
  • laissé sur place en tant que paillage, il se décomposera sur place en quelques semaines,
  • ramassé et apporté au compost, pour une mise en culture rapide de la parcelle.

 

Pour conclure, il ne me reste plus qu'à vous remercier de m'avoir lue jusqu'au bout ;-)  Vous en savez désormais assez sur les engrais verts pour oublier le traditionnel "engrais bleu"... N'hésitez pas à me poser toutes les questions auxquelles je n'aurais pas répondu !

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9 réflexions au sujet de « Engrais verts : tout savoir ! »

  • Slama

    L'article est intéressant, mais je pense avoir ignorer les légumineuses (fèves, féveroles et petits pois).

    Répondre
  • anne

    merci beaucoup Ingrid pour tous vos articles , ils ont le mérite d'être clairs et disent l'essentiel

    Répondre
  • Patricia SAVOURET-JOLY
    Patricia SAVOURET-JOLY 27 septembre 2018 à 14 02 24 09249

    Bonjour, merci pour vos conseils
    Pouvez vous me dire ou trouver ces graines d' engrais verts
    Merci

    Répondre
    • Ingrid

      Bonjour Patricia ! Vous trouverez tous nos engrais verts en suivant ce lien : https://www.promessedefleurs.com/potager/soins-du-potager/engrais-verts.html
      Cordialement, Ingrid

      Répondre
  • Merle

    Bonjour,
    Je tente cet automne de semer des engrais verts. Pour le sol concerné, plutôt lourd, un peu argileux, très "dur" en haut du jardin, j'ai lu que le seigle et la vesce de Cerdagne, la cameline, seraient les engrais verts conseillés.
    J'ai déjà laissé les pieds de haricots verts sur le sol.
    J'ai l'impression que le sol est très pauvre.
    Doit-on aussi épandre des engrais organique en granulés dans la foulée ?
    Je vous remercie de vos conseils.
    Amarie,

    Répondre
  • Falentin

    Bonjour et merci pour ces formidables explications. Juste une remarque
    Le blé noir ou sarrasin n est pas une Poacée comme le blé mais une Polygonacee.

    Répondre
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