Entretien écologique de la pelouse : suivez notre guide pratique !

Entretien écologique de la pelouse : suivez notre guide pratique !

Adoptez des pratiques durables pour une pelouse saine et écologique

Sommaire

Rédigé le 4 Mai 2024  par Olivier 7 min.

Le mot gazon, surtout s’il s’apparente à un green de golf, rime rarement avec écologie. Pourtant, on peut très bien concilier un jardin très naturel et résilient avec une pelouse bien entretenue. Bien entendu, on oubliera un arrosage excessif et une tonte trop courte et trop fréquente pour adopter plutôt une gestion plus durable de la pelouse qui passera par un choix de gazon plus résistant ou bien une alternative plus adaptée à votre sol ou à votre climat. Enfin, une gestion différenciée est aussi envisageable et offrira un aspect très esthétique et un soutien plus que bienvenu à la biodiversité de votre jardin. Mais comment faire pour entretenir un beau gazon de manière durable et écologique ? On fait le point dans notre fiche conseil.

Difficulté

Le choix du type de gazon

Lors de la création ou de la rénovation de votre pelouse, le choix de l’espèce ou du type de gazon est crucial. Il est essentiel d’opter pour une variété adaptée aux caractéristiques climatiques et au type de sol de votre région. Analyser la composition de votre sol, son drainage, son exposition au soleil et sa fréquence de pluie vous aidera à sélectionner le gazon qui s’épanouira avec le moins d’intervention possible, réduisant ainsi l’impact environnemental. Chaque environnement exige un type de gazon particulier. Avant de commencer le semis, déterminez aussi l’utilisation prévue de la pelouse : est-ce un espace ombragé, un sol qui sèche en été ou reste humide en hiver, argileux ou sableux ? Sera-t-elle destinée aux loisirs, aux terrains de sport, à l’ornement, à une aire de jeux pour enfants ou bien recherchez-vous un gazon rustique ou de regarnissage ?

→ Perdu dans le choix de votre gazon ? Cette fiche conseil vous guidera : Quel gazon choisir ?

Le choix de variétés résistantes et peu exigeantes en eau

Les variétés de gazon résistantes à la sécheresse et peu exigeantes en eau sont une bénédiction pour l’entretien écologique des jardins. Ces espèces nécessitent moins d’arrosage, ce qui diminue la consommation d’eau et réduit le besoin de traitements chimiques en période de stress hydrique. En optant pour des mélanges de graminées contenant des « herbes » solides comme le pâturin des prés ou la fétuque élevée (exemple : le mélange ‘gazon terrain sec’), vous minimisez non seulement votre consommation d’eau, mais encouragez également la biodiversité dans votre jardin en soutenant un écosystème plus résilient.

Alternatives au gazon traditionnel

Pour ceux qui recherchent des solutions encore plus écologiques, envisager des alternatives au gazon traditionnel peut être judicieux. Les couvres-sols comme le Zoysia tenuifolia, la pratia ou le thym précoce offrent une belle verdure tout en nécessitant moins d’eau, de tonte et de soins que les pelouses traditionnelles. Ces alternatives attirent par ailleurs les pollinisateurs, peuvent enrichir le sol en azote (dans le cas des trèfles notamment) et maintiennent une bonne couverture végétale qui minimise l’érosion. Choisir de remplacer tout ou partie de votre pelouse par ces alternatives donnera un coup de pouce à la biodiversité tout en réduisant votre empreinte écologique.

→ Sophie vous propose une belle sélection d’alternatives au gazon dans Quelle alternative au gazon choisir ?

alternative gazon ecologique

Gazon des Mascareignes, Pratia et thym rampant sont des alternatives aux gazons traditionnels.

Semis du gazon

En général, les meilleures périodes pour semer le gazon sont le printemps et l’automne. Le printemps, de mars à mai, est idéal, car les températures commencent à monter, favorisant une croissance rapide avant les chaleurs de l’été. L’automne, de fin août à octobre, permet aux jeunes pousses de s’établir alors que les températures sont clémentes et les précipitations plus fréquentes, ce qui réduit le besoin d’arrosage supplémentaire.

Le semis

  • Préparation du sol : avant de semer, il est crucial de préparer le terrain. Débarrassez le sol de toutes les mauvaises herbes et débris, et travaillez-le en profondeur pour l’aérer. Un sol bien préparé permet une meilleure absorption de l’eau et une bonne implantation des racines.
  • Amélioration du sol : selon la qualité de votre sol, il peut être bénéfique d’ajouter du compost ou un amendement organique pour enrichir le sol en nutriments. Cela aide à retenir l’humidité et à fournir les éléments nutritifs essentiels à la croissance du gazon.
  • Choix des semences : sélectionnez des semences adaptées à votre région climatique et aux conditions spécifiques de votre jardin. Des variétés résistantes aux maladies et adaptées à la quantité de soleil et au type de sol de votre jardin sont préférables.
  • Technique de semis : semez uniformément pour éviter les zones clairsemées. Utiliser un semoir peut aider à répartir les graines de manière égale. Assurez-vous que les graines sont en contact direct avec le sol, ce qui nécessite généralement de les rouler ou de les recouvrir légèrement de terre.
  • Arrosage : après le semis, maintenez le sol uniformément humide, mais pas détrempé. L’arrosage fréquent en petites quantités est crucial jusqu’à ce que le gazon soit bien établi. Une fois que les racines sont développées, vous pouvez réduire la fréquence d’arrosage, encourageant ainsi le gazon à devenir plus résistant à la sécheresse.
  • Entretien précoce : évitez de marcher sur le gazon nouvellement semé jusqu’à ce qu’il soit bien établi. La première tonte devrait être effectuée lorsque le gazon a atteint une hauteur de 8 à 10 cm, en coupant seulement le tiers supérieur pour éviter de stresser les jeunes pousses.
semis gazon ecologique

Sélectionnez des semences selon l’ensoleillement et les périodes de sécheresse dans votre région… entre autres.

Arrosage de la pelouse : est-ce vraiment écologique ?

Gaspiller de l’eau si précieuse, même si c’est de l’eau de pluie de récupération, pour simplement garder son gazon bien vert est une véritable hérésie ! Bien souvent, on arrose trop fréquemment la pelouse. Il faut savoir qu’un gazon jaune et relativement sec durant les étés chauds et secs est parfaitement normal. Ce dernier reverdira dès que les pluies reviendront. Donc, si l’aspect jaunâtre ne vous rebute pas, oubliez l’arrosage, ce sera encore plus écologique.

Il existe aussi des types de gazon plus résistant à la sécheresse, comme les mélanges composés de fétuque élevée et de trèfle. Choisir des alternatives au gazon pour les sols secs, voire très secs, est aussi une bonne solution : Thym laineux, Zoysia tenuifolia ou la turquette sont des bons choix. Enfin, laissez faire la nature en laissant pousser votre pelouse (voir plus bas, le cas de la gestion différenciée) permettra à cette dernière d’être plus résiliente face aux aléas météorologiques qu’un gazon tondu court.

pelouse ecologique et arrosage

Oubliez l’arrosage systématique et la vision d’un gazon anglais.

Fertilisants et amendements naturels

Les fertilisants organiques libèrent les nutriments lentement, améliorent la structure du sol et encouragent l’activité biologique.

  • Compost : riche en nutriments, le compost est un amendement complet qui améliore la fertilité et la texture du sol. Il aide à retenir l’humidité et soutient l’activité des micro-organismes bénéfiques.
  • Fumier : bien composté, le fumier de cheval, de vache ou de poule (l’idéal étant les trois en même temps) peut être un excellent fertilisant, riche en azote, phosphore et potassium.
  • Engrais vert : planter ou semer des fabacées (légumineuses) comme le trèfle ou la luzerne aidera à fixer l’azote atmosphérique dans le sol, enrichissant ainsi naturellement la pelouse sans apport externe.
  • Thé de compost : cette infusion liquide peut être pulvérisée directement sur la pelouse pour un apport rapide en nutriments tout en stimulant la microfaune du sol.
  • Autres options biologiques : des produits tels que le sang séché, la poudre d’os, et le guano sont des sources concentrées de nutriments spécifiques qui soutiennent la croissance des plantes sans les effets néfastes des engrais chimiques.

De toute manière, la fertilisation doit être effectuée de manière réfléchie pour maximiser les bénéfices tout en minimisant l’impact sur l’environnement. Avant de fertiliser, il est conseillé de réaliser une analyse de sol. Cela vous permettra de comprendre les déficits spécifiques de votre sol et d’ajuster la fertilisation en fonction des besoins réels de votre pelouse, évitant ainsi le surdosage. Concernant la période, le début du printemps est idéal pour une première application, pour soutenir la croissance après l’hiver. Une application en automne peut aider à préparer la pelouse pour l’hiver en renforçant les racines. Évitez de fertiliser juste avant une pluie abondante pour prévenir le ruissellement des nutriments.

fertiliser naturellement une pelouse

Le compost tamisé est un des engrais naturels les plus profitables au gazon.

Lutte contre les adventices : doit-on vraiment intervenir ?

Une pelouse bien entretenue et dense laisse peu de place pour les « mauvaises herbes ». Semez régulièrement des graines de gazon pour combler les zones clairsemées et maintenir une couverture végétale uniforme. De plus, une hauteur de tonte plus élevée favorise généralement la santé des graminées et inhibe le développement des adventices en limitant leur exposition à la lumière.

Cependant, l’acceptation de certaines adventices, ou plantes sauvages, dans votre gazon peut jouer un rôle clé dans la création d’une pelouse plus résiliente et bénéfique pour la biodiversité. Les adventices ont souvent des capacités d’adaptation supérieures aux conditions climatiques extrêmes, comme la sécheresse ou les fortes pluies, comparativement aux gazons traditionnels. En intégrant des plantes comme le trèfle, qui tolère bien la sécheresse et fixe l’azote dans le sol, votre pelouse peut rester verte et saine sans besoin d’arrosage ou de fertilisation excessive.

Les « mauvaises herbes », ne sont clairement pas mauvaises, bien au contraire ! Elles attirent et nourrissent une variété d’insectes pollinisateurs et d’autres animaux sauvages. Par exemple, les fleurs de trèfle (eh oui, toujours lui !) représentent une source de nourriture pour les abeilles et autres insectes bénéfiques qui, en retour, contribuent à la pollinisation de votre jardin. Enfin, une pelouse incluant des adventices nécessite généralement moins de tonte, moins d’arrosage et moins de traitement contre les maladies et les parasites, car ces plantes apportent une stabilité et une résistance naturelles. Bref, laissons pousser les plantes au sein du gazon : c’est tout bénéfice !

adventices dans pelouse, comment gerer mauvaises herbes dans la pelouse

Le trèfle garde son aspect bien vert à la pelouse.

Une tonte responsable

La tonte de la pelouse est une partie importante dans l’entretien et le soin de votre gazon. Mais, attention à ne pas faire n’importe quoi ! Voici des techniques de tonte qui favorisent à la fois la santé du gazon et la protection de l’environnement :

  • Hauteur de coupe adaptée : il est important de ne pas couper la pelouse trop courte. La hauteur idéale varie selon le type de gazon, mais en général, il est conseillé de ne pas enlever plus d’un tiers de la hauteur de l’herbe à chaque tonte. Cela permet de maintenir une pelouse plus dense qui peut mieux résister aux mauvaises herbes, aux sécheresses et aux maladies.
  • Fréquence de tonte : adapter la fréquence de la tonte aux conditions de croissance. Tondre trop souvent peut stresser l’herbe, tandis que ne pas tondre assez souvent peut entraîner une accumulation de chaume et étouffer la pelouse. La fréquence optimale dépend des conditions météorologiques, du type de gazon et de la saison, mais on considère un maximum d’une fois par semaine au printemps et toutes les deux semaines en été, avec une dernière tonte fin octobre.
  • Mulching : cela consiste à laisser les tontes de gazon sur la pelouse après la tonte. Ces herbes coupées se décomposent rapidement et retournent des nutriments précieux au sol, ce qui peut réduire le besoin de fertilisation supplémentaire.
  • Tonte alternée : changer les motifs de tonte à chaque session pour éviter de presser le sol et de fatiguer l’herbe toujours dans la même direction. Cela aide à prévenir les ornières et favorise une croissance uniforme.

Le p’tit mot d’Oli : et si on tentait la tonte différenciée ou raisonnée ? C’est facile, on laisse pousser l’herbe dans certaines zones, et on ne tond qu’au niveau des chemins ou de quelques surfaces si on le souhaite. Les parties « sauvages » fleuriront et serviront d’abri et de garde-manger à la faune du jardin. Les parties tondues, quant à elle, apporteront l’aspect soigné au jardin. C’est écologique, c’est économique et c’est aussi très esthétique. Pour en savoir plus sur le sujet, lisez notre article sur la tonte différenciée.

tondre de façon ecologique

La hauteur de tonte est primordiale dans votre rituel de tonte : ni trop rase, ni trop haute.

Bien choisir sa tondeuse

  • Choisir des tondeuses plus « écologiques » : opter pour des tondeuses électriques ou à batterie plutôt que des modèles à essence peut considérablement réduire les émissions de carbone. Les tondeuses électriques sont également plus silencieuses et nécessitent moins d’entretien mécanique. Cependant, ce type de tondeuse ne peut s’envisager que pour des surfaces de tonte de 1000 m² maximum. Plus, il faudra sans doute adopter une tondeuse thermique (à essence) ou adopter une gestion différenciée de votre pelouse.
  • Entretien régulier : maintenir les tondeuses en bon état est crucial pour leur efficacité et leur durabilité. Cela comprend l’affûtage régulier des lames pour une coupe nette qui stressera moins l’herbe et laissera une pelouse plus saine.
  • Innovations technologiques : considérez l’utilisation de tondeuses robotisées, qui peuvent être programmées pour tondre à une fréquence et une hauteur spécifiques, optimisant ainsi la santé de la pelouse tout en économisant de l’énergie. Mais ne la programmez surtout pas pour qu’elle travaille la nuit !
  • Réduction de l’usage de tondeuses à essence : si l’utilisation d’une tondeuse à essence est inévitable (dans le cas d’un très grand jardin notamment), assurez-vous de la régler correctement pour maximiser l’efficacité du carburant et minimiser les émissions. Optez pour des modèles récents qui respectent les normes environnementales actuelles en matière d’émissions.

Recyclage des déchets de tonte

Recycler les résidus de tonte de votre pelouse est une pratique écologique qui enrichit le sol et améliore la santé de votre jardin. Voici comment vous pouvez utiliser ces déchets verts :

  • Compostage : les tontes de gazon sont un excellent ajout à votre compost en raison de leur richesse en azote, un élément essentiel pour la décomposition. Assurez-vous de mélanger les tontes avec des matières riches en carbone, comme des feuilles mortes ou du papier carton, pour équilibrer votre compost. Cela favorise une décomposition rapide et évite les odeurs désagréables.
  • Utilisation comme mulch : les tontes de gazon peuvent également servir directement de mulch sur votre pelouse et dans les plates-bandes. En les dispersant finement sur la pelouse, elles se décomposent rapidement et retournent les nutriments au sol. Cette technique, appelée mulching, aide à retenir l’humidité, supprime les mauvaises herbes et nourrit le sol.

A lire aussi...

→ Découvrez le livre Je crée ma pelouse écologique, refuge de biodiversité, d’Aymeric Lazarin, aux éditions Terre Vivante.

 

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