Jardiner écoresponsable : les produits bio et naturels

Jardiner écoresponsable : les produits bio et naturels

La boite à outils pour jardiner de façon durable

Sommaire

Mis à jour le 13 Mars 2024  par Olivier 5 min.

Que ce soit au potager, au verger et même au jardin d’ornement, lorsqu’on décide de jardiner de façon écologique, il convient de réduire le plus possible les intrants, c’est-à-dire tout ce qui est externe au jardin. On prévoit, dans ce cas, de travailler avec la Nature et surtout avec ce que l’on a sur place (compost, broyat, herbes séchées, urine…). Cependant, ce n’est pas toujours facile ou faisable, notamment dans les nouveaux ou les petits jardins.

Heureusement, quelques « produits » (le terme est impropre, mais difficilement remplaçable) naturels, écoresponsables et utilisables en agriculture biologique et en permaculture peuvent venir donner un coup de pouce au jardinier soucieux du respect de la nature. Les engrais naturels comme la corne ou le sang séché, les algues marines, le purin d’ortie ou les activateurs de compost sont autant d’éléments utiles que l’on peut désormais retrouver dans le commerce, en jardinerie. Faisons le point sur les principaux « produits » bio : les types et leur utilité.

Difficulté

Le paillage

Afin d’imiter la nature, on veillera à ne jamais laisser de sol nu. En tout cas le moins possible. Pour éviter cela, on plantera des couvre-sols sous les arbres et dans les massifs ou des engrais verts sur les planches potagères inutilisées. Cependant, ce n’est pas toujours possible de planter ou laisser pousser, notamment au potager ou autour des nouvelles plantations. Le paillage entre alors en jeu.

On différencie paillage organique (écorces, broyats, copeaux, chanvre, paillettes de lin…) et paillage minéral (graviers). Dans ce cas précis, nous parlerons du paillage organique qui en se dégradant améliore la structure et la vie du sol. Le paillage permet de limiter les mauvaises herbes, de garder l’humidité au pied des plantes, de réduire l’érosion du sol, de réguler la température autour des plantes et d’améliorer le sol en se dégradant.  Pour tout savoir sur le paillage, retrouvez les conseils de Michael à ce sujet.

Le mieux est d’éviter de faire entrer (ou sortir) des choses du jardin. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » aurait dit Lavoisier. Et c’est valable aussi au jardin. Herbe séchée, paille, broyats de déchets de taille… tout est bon à prendre. C’est gratuit et efficace.

Si toutefois, vous n’avez pas la possibilité d’utiliser ce qu’il y a au jardin ou dans les environs, vous pouvez vous rabattre sur des solutions de paillage du commerce. → Retrouvez nos paillages organiques UAB (Utilisable en Agriculture Biologique)  et valable en permaculture au sein de notre pépinière en ligne.

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Paille, mulch ou BRF, feuilles mortes : une manne pour pailler les massifs

Le compost

Le compost bien mûr est un fertilisant de premier choix, sans teneur excessive en azote et riche en microorganismes. Il entretient l’activité biologique de la vie du sol. Le compost est indispensable à la formation de l’humus, le substrat vers lequel on doit tendre pour une terre la plus fertile possible. Hélas, réaliser un bon compost n’est pas une chose si aisée : Ingrid vous explique les 5 points indispensables pour réussir votre compost. 

On peut néanmoins « booster » un peu son tas de compost à l’aide d’activateur naturel de compost qui accéléreront l’opération de dégradation de la matière organique : ortie, consoude, bardane et même fougère aigle. Les activateurs de compost existent aussi dans le commerce. Ils sont prêts à l’emploi, compatibles avec un jardinage biologique. Les activateurs de compost se présentent sous la forme de granulés que l’on mélange avec le tas de déchets.

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Un compost maison quand on a la possibilité d’en faire, est un des meilleurs intrants naturels pour le sol

Les engrais naturels et améliorateurs de fertilité du sol

On oublie catégoriquement les engrais chimiques et artificiels pour se concentrer plutôt sur des solutions saines et naturelles (mais néanmoins efficaces). 

Dans les engrais naturels, vous retrouverez le sang séché et la corne broyée, par exemple. Les deux étant riches en azote, mais avec un effet différent : le sang donne un coup de fouet aux plantes, tandis que la corne apportera une fertilisation de fond.

Votre urine (oui, vous avez bien lu) peut aussi être utilisée comme fertilisant naturel si on prend soin de la diluer avant utilisation. Pour en savoir plus, lisez : L’urine au jardin, une vraie bonne idée ? 

Quelques améliorateurs naturels du sol peuvent aussi s’avérer efficaces. C’est le cas des algues marines séchées ou Lithotamne. Elles permettent de corriger l’acidité du sol tout en améliorant sa structure et en stimulant la vie microbienne. 

→ Vous retrouverez tous les engrais d’origine naturelle, utilisable en agriculture biologique au sein de notre pépinière en ligne.

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Purins et décoctions

Les purins ou extraits fermentés sont le résultat de la macération de plantes (ortie, prêle, consoude…) durant plusieurs jours ou semaines. Ces purins deviennent alors des concentrés en principes actifs, souvent fongicides ou insecticides. Les décoctions (ail, tanaisie, absinthe…) diffèrent dans leur préparation : on trempe quelques grammes de plante dans un litre d’eau durant une journée, puis on met à bouillir l’eau pendant quelques minutes. Ensuite, on filtre le tout. Les décoctions sont, le plus souvent, des répulsifs contre les insectes et les limaces. Il reste aussi les infusions, comme pour la camomille, finalement assez peu utilisés au jardin.

Si les purins et les décoctions sont relativement simples à préparer. Il n’est pas toujours évident de trouver dans son jardin la plante adéquate. Par exemple, l’ortie est habituellement absente des jardins sur sol pauvre et la prêle des champs ne pousse pas en sol calcaire.

Heureusement, les purins se trouvent désormais pratiquement prêts à l’emploi (à diluer dans de l’eau tout de même !) dans le commerce. On peut ainsi dénicher du purin de prêle contre les maladies fongiques des fruitiers et au potager. Mais aussi du purin d’ortie, un purin idéal pour protéger les plantes de certaines maladies, favoriser l’activité biologique du sol et activer la croissance des semis et jeunes plants.

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Purin d’ortie et tanaisie

Lutte biologique

Si votre jardin possède déjà un bon équilibre naturel, les prédateurs naturels devraient s’occuper de réduire les populations de ravageurs éventuels. Hélas, c’est rarement tout à fait le cas. Notamment au potager ou au verger.

C’est là qu’entre en jeu la « lutte biologique ». Cette lutte biologique est un moyen de réguler les ravageurs en amenant des prédateurs naturels (insectes auxiliaires comme les larves de coccinelles ou de chrysopes), des parasitoïdes (nématodes) ou un agent pathogène pour ledit ravageur. Ces moyens de lutte ne s’attaqueront qu’à l’insecte, la larve ou le gastéropode visé et ne causeront aucun dommage au reste de la faune. Toutes ces méthodes de lutte biologique sont utilisables en agriculture biologique.

Dans le cadre de la lutte biologique, on peut aussi mentionner les méthodes de piégeages, particulièrement les pièges à phéromones. Ces pièges attirent, via des phéromones, les mâles d’une espèce précise (taupin, thrips, mineuse de la tomate, carpocapse…), qui ne pourront alors plus se reproduire, et laisseront tranquille le reste. Ce qui n’est pas le cas des pièges plus « mécaniques » comme la glu arboricole ou les pièges chromatiques qui piègent beaucoup d’insectes utiles au jardin.

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Piege a phéromones

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Comment jardiner bio et naturel