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phytophtora maladie
conseil

Phytophthora : identifier, prévenir, lutter

conseils et traitements

Le terme Phytophthora désigne un ensemble de maladies dont certains mildious (Mildiou des Cactées, de la Fraise, de la Tomate, du Poivron…), qui provoquent la pourriture des tiges, du tronc et des racines de diverses catégories de plantes ligneuses ou herbacées. La majorité de ces pseudo-champignons (division des Oomycètes) du sol ne sont pas spécifiques d’un seul type de végétal. Leur présence au jardin sur plantes ligneuses s’explique souvent par une contamination en pépinières de sujets élevés en conteneur puis par des conditions favorables comme un excès d’humidité du sol ou de l’air pour les Mildious.

Les parasites des racines Phytophthora cinnamomi et ramorum causent les plus gros dégâts en culture ornementale et forestière tandis que Phytophthora infestans est responsable des Mildious de la Tomate et Pomme de terre au potager. A ce jour une centaine d’espèces de Phytophthora ont été identifiées mais le genre en compte probablement plusieurs centaines.

Quelles sont les espèces sensibles aux Phytophthoras ?

Le nom « phytophthora » est formé de l’association de deux mots grecs phtora, « destruction » et de phyton « plante » ce qui en dit long sur ses effets.

La plupart des espèces de Phytophthora sont assez polyphages et peuvent donc infecter plusieurs types de plantes. Elles sont cependant souvent cantonnées à un seul milieu comme :

  • le milieu forestier pour Phytophthora ramorum sur Mélèze, Châtaignier, Hêtre …,
  • les arbres ou arbustes du jardin d’ornement pour Phytophthora cinnamomi sur Conifères, Rhododendron, Viorne, Pieris, Pivoine…,
  • le potager pour Phytophthora infestans sur Tomate et Pomme de terre, Phytophthora capsci sur Poivron …,
  • le verger de petits fruits (Noisetier, Framboisier, Fraisier…)

Phytophthora cinnamomi – dépérissement des conifères et Ericacées

Le Phytophthora cinnamomi  est l’espèce la plus fréquente dans les jardins et s’attaque notamment à la famille des Ericacées (Rhododendron, Bruyères callunes, Azalée, Pieris, Myrtille, Argousier…) ainsi qu’aux Conifères comme l’If (Taxus baccata) et le Faux-cyprès (Chamaecyparis). Ce parasite pénètre par les blessures au niveau du collet ou par les racines superficielles du végétal puis il se développe à la fois dans les racines et les tiges . Sa conservation dans le sol et dans les plantes malades favorise sa dissémination par l’eau d’arrosage ou de pluie ainsi que par l’homme (bottes sales, outils non désinfectés, vente de plants contaminés…).

Phytophtora maladie

Phytophtora cinnamomi sur un Grevillea

Phytophthora ramorum

Capable d’infecter plus de 120 espèces, ce Phytophthora  est le plus redouté en forêt. Détecté en 2002 pour la première fois en France en pépinières de Bretagne et Pays-de-la-Loire sur rhododendron et viorne, il apparaît en 2007 en sous-étage forestier en Bretagne et Normandie. Il existe pour ce champignon des hôtes foliaires comme le Rhododendron ponticum, le Myrtillier (au Royaume-Uni) et de nombreuses plantes ornementales. Ces hôtes sont sensibles à la maladie mais n’en meurent pas. En revanche ils permettent au champignon de se propager en provoquant une sporulation importante diffusée par le vent et la pluie qui crée des ravages sur les hôtes dits « terminaux » comme le Chêne rouge (Quercus rubra), le Hêtre, le Marronnier ou le Mélèze du Japon (le Mélèze est à la fois hôte foliaire et terminal et a connu un important déclin en 2009 en Grande-Bretagne. Un peuplement du Finistère a dévoilé la présence de la maladie en 2017). Parmi les hôtes européens du Phytophtora ramorum identifiés figurent les Rhododendron, Viorne, Érable, Marronnier, Bouleau, Noisetier, Frêne, Houx, Saule marsault, Sorbier des oiseleurs, Cyprès de Lawson, Sapin (Abies), Mélèze, Epicéa de Sitka, Sapin de Douglas…

Phytophthora infestans

Responsable du Mildiou de la Pomme de terre et de la Tomate, cette espèce de Phytophthora est à l’origine de la grande famine de 1840 en Irlande où la pomme de terre constituait la nourriture de base. Elle peut contaminer directement des organes aériens à la faveur de la projection, à partir d’un sol contaminé, de gouttes d’eau transportant des particules infectieuses. 

Phytophthora maladie

Phytophthora infestans, responsable du fameux mildiou de la pomme de terre

Phytophthora cactorum

Appelé le Mildiou des Cactées, il est redouté des collectionneurs de Cactées car il est très difficile à enrayer et peut aussi se propager aux arbres fruitiers, Azalées, Pivoines…

Phytophthora fragariae

Ce phytophthora est responsable du Mildiou du Fraisier et sa variété rubi du dépérissement du Framboisier.

Les agents du Chancre suintant du Marronnier,  de la Pourriture brune qui affecte les fruits des branches basses des agrumes font aussi partie du genre Phytophthora.

Comment reconnaître une attaque de Phytophthora ?

Le genre Phytophthora appartient à la famille des Pythiacées qui se caractérise par une reproduction asexuée génératrice de conidies (portées dans des conidiophores) et une reproduction sexuée qui produit des zoospores (oospores – spores issu d’un œuf – munies d’un flagelle qui permet leur déplacement dans une lame d’eau). Ces pseudo-champignons microscopiques ne produisent pas les fructifications visibles des  vrais champignons comme le Pourridié (Armillaire), ils peuvent résider dans le sol pendant plusieurs années sous formes de conidies ou oospores puis contaminer les racines en présence d’eau grâce aux germes mobiles issus de ces deux formes.

Phytophthora cinnamomi présente deux types de symptômes :

  • Sur les racines et le collet, une pourriture associée à des plaies chancreuses, avec souvent une réduction du chevelu racinaire. Chez les conifères une coupe transversale du collet révèle une pourriture spongieuse brun marron.
  • Sur les rameaux, le feuillage est décoloré, jaunit, brunit ou rougit, s’enroule (Rhododendron) puis sèche parfois très rapidement (les feuilles sont cassantes). Chez les faux-cyprès, le  Phytophthora entraîne le dessèchement progressif de l’arbre entier et l’on peut observer des tissus nécrosé au niveau du collet sous l’écorce et dans les racines.

Les symptômes de Phytophthora ramorum dépendent beaucoup de l’hôte : chez le Châtaignier les brunissements affectent à la fois le tronc et les feuilles tandis que chez le Hêtre, seul le tronc est touché. Ils varient aussi en fonction de la température et de l’humidité (plus lent en hiver). Les espèces arbustives ont juste leurs feuilles décolorées tandis que le chez le Mélèze, les aiguilles jaunissent puis rougissent de manière isolée au sein d’une parcelle ou par foyers. Les arbres dépérissent dans leur ensemble (descente de cime, croissances anormales de nouvelles pousses) jusqu’à présenter des nécroses noirâtres, des chancres et des écoulements de résine.

Phytophthora maladie

Phytophthora porri sur un poireau

Sur Pomme de terre et Tomate, par temps chaud et humide, des taches huileuses noirâtres apparaissent sur les extrémités et les bords des feuilles ainsi que sur les tiges, accompagnées d’une moisissure blanche sur le revers du limbe. Cela conduit à l’affaissement de la plante entière. Chez la Tomate, les fruits verts et les tiges brunissent puis deviennent secs et coriaces. Chez la Pomme de terre, les spores, tombées au sol contaminent également les tubercules qui présentent des zones noirâtres, déprimées devenant sèches à la longue et qui finissent par pourrir.

Phytophthora fragariae fait flétrir les jeunes feuilles de fraisiers au printemps puis les symptômes s’étendent à l’ensemble du plant qui brunit tandis que les racines pourrissent. Sur les Framboisiers, sa variété rubi se développe lors de périodes fraîches, entre 5 et 15°C, et très humides qui asphyxient les racines et font mourir les cannes.

Sur les Cactées, on observe généralement des lésions blanchâtres à la base des jeunes plantes et de leurs racines virant au brun noir, puis devenant molles. Chez les sujets adultes, les tissus mous brunissent puis se dessèchent. Si l’atmosphère est humide, une pourriture s’installe.

Les facteurs favorisant le Phytophthora

  • Les Phytophthoras sont capables de se conserver sous forme de spores plusieurs années dans les sols humides ou secs jusqu’à 10 ans pour Phytophthora fragariae.
  • La présence d’eau est indispensable à sa dissémination.
  • Ils peuvent se transmettre à partir de débris végétaux, de terreaux, de plants infestés, d’eaux contaminées
  • Les températures favorables à leur développement sont variables selon les espèces  (16-17°C pour P. cinnamomi).
  • La présence de certains nématodes favorisent P. cinnamomi.

Certaines conditions culturales sont à éviter comme :

  • Une forte densité de culture,
  • Un sol mal drainé, lourd ou compacté,
  • un arrosage excessif et qui crée des éclaboussures,
  • un excès d’azote qui fragilise la plante.

Lutte et traitement contre le Phytophthora

Soignez les méthodes culturales

  • Veillez à planter dans un sol bien drainé : ajoutez du gravier, de la pouzzolane, de la matière organique afin d’améliorer la circulation de l’eau et de l’air ou plantez sur buttes.
  • Espacez suffisamment les plants pour éviter le contact entre les feuillages et créer une atmosphère saine.
  • Paillez le sol afin d’isoler le sol du feuillage, notamment au potager (Buttez les Pommes de terre ou paillez généreusement).

pailler le sol

  • Évitez de blesser le collet des arbres avec des engins de tonte par exemple.
  • Plantez des variétés résistantes au mildiou du Fraisier, de la Tomate (Ferline F1, Pyros F1, ‘Maestria’, ‘Luxor F1 ‘Fandango’ F1), de la Laitue, de la Pomme de terre (‘Bintje’ et ‘Sirtema’ sont très sensibles).
  • Éliminez autant que possible les tubercules de Pomme de terre infectée sachant que des spores survivent également dans le sol pendant l’hiver.
  • Effectuez de longues rotations : attendez au moins 5 ans avant de replanter des Framboisiers au même emplacement, 4 à 10 ans pour des Fraisiers.

Lutte et traitement du Phytophthora

  • Contre les phytophthoras des racines (dépérissement des Conifères), il est recommandé d’arracher et de brûler les plants atteints. Changez la terre en profondeur et évitez de replanter la même espèce. Les professionnels ont la possibilité d’arroser le sol avec du fosetyl-A (Aliette) pour inhiber le développement du champignon dans le sol.
  • au Potager, un contrôle régulier du feuillage  est recommandé lors de périodes humides afin d’intervenir rapidement car si rien n’est fait, les plantes herbacées ne tardent pas à mourir.
  • Ôtez rapidement les feuilles tachées et pulvérisez sur les parties aériennes au choix :
    • de la Lécithine à la dose de 15 g dans 10 l sur le feuillage tous les 7 jours,
    • de la Bouillie Bordelaise (dès la sortie des feuilles de Pomme de terre)
    • de la décoction de prêle (2,25g/l) en période chaude et humide sur Tomate et Pomme de terre tous les 5 à 14 jours.
    • de l’infusion de sauge (80 g de feuilles fraîches ou 50 g de feuilles sèches dans 1 litre d’eau bouillie),
    • de l’huile essentielle  (Romarin à cinéole, arbre à thé, sarriette des montagnes, clou girofle ou sauge sclarée) à la dose de 20 gouttes dans 5 l d’eau additionné de 10 ml d’huile d’olive + 10 ml de savon noir.

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