Comment comprendre les données de rusticité d'une plante ?

Comment comprendre les données de rusticité d'une plante ?

Nos conseils pour planter des végétaux adaptés

Sommaire

Mis à jour le 17 Juillet 2024  par Gwenaëlle 5 min.

On entend toujours parler de plante rustique ou non rustique au jardin, terme, vous en conviendrez peu compréhensible par le jardinier débutant. Loin d’être une plante d’allure campagnarde, l’adjectif rustique indique dans le cadre du végétal les limites de températures auxquelles une plante va pouvoir résister. On distingue alors les plantes gélives, celles qui ne supportent pas de passer l’hiver avec des températures négatives, des froids intenses ou prolongés, et les plantes rustiques, celles qui à l’inverse n’ont que faire des frimas de l’hiver dans l’hémisphère nord.
Pourquoi est-il important de bien comprendre cette caractéristique des plantes et quels sont les facteurs qui influencent les données de rusticité ? : nous vous expliquons tout ce qu’il faut retenir sur ce fameux critère de rusticité pour éviter les échecs parfois répétés au jardin.

Difficulté

Qu'est ce qu'une plante rustique ?

En langage botanique, la rusticité d’un végétal est à la base sa capacité à s’adapter à des conditions climatiques autres que celles qu’elle avait dans son aire naturelle. Car de nombreuses plantes nous viennent des cinq continents, aux températures faisant le grand écart. Si elles se sont adaptées ailleurs que dans leur aire d’origine, les plantes vont donc devoir la plupart du temps supporter une fourchette de températures négatives qui ne mettront pas en danger leur survie. On parle donc de rusticité toujours par rapport à une région donnée, en définissant des zones climatiques. Un oranger du Mexique, considéré rustique dans la plupart des régions en France, ne le sera pas en Allemagne du nord. Mais globalement, on parle de plante rustique quand elle est capable de survivre à une température de -5° C minimum.

Un exemple évident de végétaux non rustique est celui du laurier rose, plante méditerranéenne, inadapté dans les régions nord où le climat n’est pas clément lors des mois d’hiver, ou celui d’une plante exotique comme le bananier, qui risque lui aussi de geler s’il n’est pas implanté dans une région aux hivers doux.

→ Élisabeth vous en dit beaucoup plus dans Plantes rustiques et rusticité.

plante rustique caracteristiques

Le chèvrefeuille des bois, à gauche, résistant jusqu’à -25°C est considéré comme rustique. À droite, un Agave attenuata ou agave col de cygne, est quant à lui non rustique, souffrant dès le premier gel.

Deux critères majeurs à comprendre sur la notion de rusticité

  •  Les plantes rustiques sont en majorité l’apanage des plantes caduques, celles dont le feuillage disparait complètement en hiver : elles n’ont pas à fabriquer toute l’année leur photosynthèse ni à craindre les hivers très froids puisqu’elles rentrent en dormance en faisant tomber leur feuillage. Leur capacité à affronter le froid est donc accrue. On peut normalement en implanter un grand nombre, un peu partout sous nos latitudes.
    Quelques exemples : les clématites caduques, de nombreuses vivaces comme les hémérocalles ou les veronicastrum, ou les rosiers. À l’inverse, les céanothes persistants, les agapanthes persistantes, le Loropetalum ou les Gardenias par exemple, restent des plantes qualifiées de frileuses, et répertoriées à ce titre dans les « végétaux de climat doux ».
exemples de vegetaux non rustiques gelifs

Pelargonium Heydichium, Gardenia, Hebe : ils sont gélifs !

Il existe évidemment des exceptions chez les végétaux persistants, souvent de souche européenne, qui ne craignent pas nos hivers, puisqu’ils sont endémiques à nos régions. On les retrouve dans la catégorie d’arbustes persistants rustiques : ajonc d’Europe (Ulex), troène, Mahonia, Ilex sp. (les houx), en sont de bons exemples.

vegetaux rustiques

Des arbres et arbustes caducs ou persistants, bien rustiques chez nous : Hamamelis, viorne plicatum, prunus d’ornement ou Mahonia

  •  Quand on parle de rusticité et que l’on donne une fourchette de température minimum supportée par une plante, soyez vigilants ! Cela s’entend toujours sur des plantes à l’âge adulte ou d’au moins trois ans.
    Faites donc très attention aux données de rusticité mentionnées sur les sites web ainsi que dans la littérature botanique ou sur les étiquettes quand vous achetez en jardinerie ou en pépinière. Quand on dit « jusqu’à -6°C », cela veut dire que la plante résistera jusqu’à -6°C si, et seulement si, elle réunit les conditions suivantes :
    — Plantée en pleine terre.
    — Plantée depuis au moins trois années et ayant été protégée par un paillis protecteur.
    — Plantée dans un sol dit drainé, qui ne se gorgera pas d’eau en hiver, écueil souvent fatal aux plantes, quelle que soit leur rusticité.

Avant ces trois années, on doit donc adopter les pratiques dont on a l’habitude avec des plantes gélives : paillage épais et éventuellement voile d’hivernage dès les premières gelées.

Les facteurs influençant la rusticité d'une plante

Ce postulat étant posé, reste à comprendre jusqu’à quel point une plante est rustique ? il y a des facteurs qui font varier de plusieurs degrés la résistance au froid d’une plante, et nous les détaillons un peu plus ici :

  •  le type de sol : c’est toujours LA question à se poser avant d’acheter une plante, d’autant plus si elle se situe dans une limite de températures négatives pour votre région. On ne le répètera jamais assez, le drainage est indispensable pour une grande majorité de plantes, notamment les plantes les moins rustiques. Les terres sableuses ou limoneuses vont protéger les plantes en conservant une certaine chaleur, tandis que les terres à tendance argileuses vont avoir un effet désastreux, accumulant l’humidité, et donc le ressenti plus froid sur le système racinaire des plantes.
  •  La plantation en pot : acheter une plante pour la placer dans un massif ou en pot sur une terrasse ou un balcon, c’est très différent, et fait varier de plusieurs degrés les données de rusticité. Car en pot, une plante a peu de volume de terre disponible pour protéger son système racinaire des grands froids. Deuxième écueil : la matière du pot en elle-même peut être préjudiciable à la plante, retenant plus ou moins l’humidité. On estime qu’une plantation en pot réduit de 2 à 3 degrés la rusticité de la plante.
  • La plantation en zone protégée : planter le long d’un mur ou sous la frondaison d’arbres sont des endroits du jardin qui agissent comme un micro climat en élevant d’1 ou 2 degrés les températures les plus froides. Dans ce cas, c’est l’inverse, la plante bénéficie de quelques degrés supplémentaires qui lui seront salutaires, surtout si elle est dans ce que l’on appelle la « limite de rusticité » pour votre région.
  • À l’inverse, la plantation sur un couloir venté ou dans une cuvette :
    Ces zones augmentent l’intensité du froid avec prise au vent (zones non abritées par des arbres de haute tige ou des haies), et l’humidité stagnante pour l’implantation en cuvette. Résultat, les plantes souffrent de quelques degrés salutaires et peuvent mourir au plus fort de l’hiver.
  •  La région et le dérèglement climatique
    Les températures négatives sont ressenties de façon plus rude en altitude et dans certaines régions que d’autres, selon le degré d’hygrométrie. De même, les vents en France n’ont pas tous les mêmes effets, du nord au sud du pays. On se réfère ainsi aux zones de rusticité, mais elles restent un simple indicateur au vu des facteurs d’influence sur le comportement des plantes, vus plus haut.
    Encore plus inquiétant, le réchauffement climatique, ou plutôt dérèglement climatique, augmente les températures sur la surface du globe, certes, mais on l’observe tous les ans depuis quelques années, il accentue aussi l’intensité de périodes de gel en hiver. Il faut donc bien se poser la question à deux fois avant d’acheter des végétaux exotiques pour des régions qui subiront, ne serait-ce qu’une journée dans l’année, des chutes de températures exceptionnelles, anéantissant en une nuit une plante qui avait réussi à bien pousser jusque-là…

→ Lire aussi nos sujets : Comment rendre mon sol plus drainant ?Les microclimats au jardin, l’ABC de la plantation en pot,

rusticite plante grimpante zone abritee

Ici, une bougainvillée est plantée en pleine terre, au sud de la Loire, contre le mur exposé plein sud de l’habitation : une zone particulièrement protégée.

Quelques conseils

Conseil n° 1 : avant d’acheter des végétaux en limite de rusticité dans votre région, observez votre jardin et ses différentes zones sur une année. Cela permet de repérer les endroits les plus protégés qui permettront d’abriter certaines plantes plus frileuses. Vous serez spécialement attentifs aux zones qui restent longtemps gelées en hiver. Relevez si possible les températures sur un hiver particulièrement froid pour déterminer le spectre des plantes envisageables.

Conseil n°2 : les végétaux qui se comportent bien dans une région sont en général en vente chez les pépiniéristes locaux. Ne vous faites pas tenter par des végétaux non adaptés qui, tôt ou tard, vont rendre l’âme sans crier gare…

Conseil n° 3 : Ne vous entêtez pas !… et si vraiment vous voulez vous faire plaisir, sachant que votre région est en limite de rusticité pour un arbre, un arbuste ou une vivace, donnez-lui toutes ses chances en plantant cette beauté souvent exotique, uniquement au printemps !

Enfin, chez Promesse de fleurs, l’outil Plantfit vous aide à mieux comprendre les caractéristiques de vos différentes zones du jardin. Un zonage par massif vous aidera à mieux y installer des plantes potentiellement adaptées.

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Une simple visite chez le pépiniériste le plus proche de chez vous, c’est beaucoup de temps (et d’argent !) de gagné : repérez-y les végétaux qui vont bien pousser dans votre région.

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