Après le mildiou, comment assainir naturellement  le potager ?

Après le mildiou, comment assainir naturellement le potager ?

nos conseils après une attaque de mildiou sur vos tomates

Sommaire

Mis à jour le 23 Mai 2024  par Leïla 6 min.

Le mildiou est l’une des maladies les plus redoutées dans les potagers, en particulier pour les plants de tomates. Cette maladie fongique, causée par Phytophthora infestans, peut causer des ravages considérables, réduisant les récoltes et compromettant la santé des plantes, entrainant jusqu’à la mort des plants. Elle risque aussi de contaminer les futurs plants les années suivantes, car les spores du mildiou persistent dans les sols. Voici des conseils pratiques pour assainir le potager après une attaque de mildiou, avec des méthodes naturelles. Après quelques rappels pour détecter cette maladie et la combattre, en utilisant des méthodes naturelles et écologiques, nous vous proposons des recommandations pour éviter une future attaque de mildiou dans votre potager.

 

Difficulté

Le Mildiou

Le mildiou est une maladie cryptogamique qui se développe dans des conditions d’humidité élevée (pluies ou humidité atmosphérique) et de températures modérées (entre 16 et 22° C). Les spores fongiques se propagent rapidement et peuvent infecter les plantes de tomates en commençant par les feuilles, puis les tiges et les fruits. Les premiers signes de mildiou sur les tomates apparaissent souvent sous forme de taches brunâtres sur les feuilles, d’aspect un peu huileux, qui se propagent rapidement et provoquent un flétrissement des feuilles. Elles s’agrandissent et virent au noirâtre, gagnent les tiges puis les fruits. Les fruits présentent des taches sombres et se détériorent rapidement, pourrissent sur le pied. Si rien n’est fait pour contrôler le mildiou, les plantes peuvent mourir prématurément, entraînant des pertes importantes dans le potager.

Maladies tomates

Le mildiou attaque d’abord les feuilles et les tiges, avant de le trouver sur les fruits

Repérer une infection et agir

Pour détecter une infection de mildiou sur les tomates, il est important d’inspecter régulièrement les plantes. Recherchez des taches brunâtres sur les feuilles, en particulier sur la face inférieure. Ces taches peuvent se développer rapidement et prendre une texture feutrée. Les feuilles touchées peuvent se décolorer et se recroqueviller. Surveillez également les fruits pour détecter des taches sombres et une dégradation accélérée. Si vous remarquez ces symptômes, il est indispensable d’agir rapidement pour éviter la propagation de l’infection. Le mieux est d’agir dès les premiers symptômes sur les feuilles, avant que les fruits ne soient touchés par l’attaque de mildiou.

Sachez qu’il n’existe pas de traitement naturel efficace contre le mildiou une fois présent sur vos pieds de tomates. Toutefois, si vous repérez la maladie tôt, supprimez toutes les feuilles infectées avant que l’infection ne se propage. Ne les laissez surtout pas au sol, ne les compostez pas : brûlez-les.

Complétez par une pulvérisation de bouillie bordelaise ou de bicarbonate. Ces deux mesures visent à freiner les attaques pour retarder la propagation de la maladie et pouvoir profiter des fruits. Cela ne stoppe pas la maladie, mais peut la retarder suffisamment de manière à pouvoir laisser aux fruits le temps de mûrir et avoir une récolte.

Assainir le potager après une attaque et préparer les cultures suivantes

Après une attaque, il est primordial de prendre des mesures pour assainir le potager, car les spores du mildiou peuvent persister plusieurs années en terre. Ainsi, si vous ne pouvez pas stopper la maladie sur une récolte, vous avez tout intérêt à agir ensuite pour ne pas subir une attaque l’année suivante. De plus, comme toujours, il vaut mieux prévenir que guérir. Sans traitement efficace contre le mildiou, il est particulièrement important pour les tomates souvent impactées par cette maladie cryptogamique d’adopter des mesures de prévention.

On essaie avant tout de lutter contre l’humidité. Suivez ces quelques conseils pour assainir le potager de manière naturelle après une attaque au mildiou et éviter au maximum une autre infestation :

  • Élimination des débris de plantes infectées : retirez et détruisez toutes les plantes infectées par le mildiou, y compris les feuilles, les tiges et les fruits. Ne les compostez pas, car cela pourrait propager la maladie.
  • Rotation des cultures : pratiquez la rotation des cultures en déplaçant les plants de tomates dans une nouvelle zone du potager chaque année. Cela aide à perturber le cycle de vie des spores de mildiou et à réduire les risques d’infection. Ne plantez pas non plus d’autres légumes de la famille des solanacées à la place. Cela concerne les pommes de terre, les poivrons et les aubergines. Attendez 5 ans pour replanter une solanacée au même endroit. Faites des plans de plantation sur papier ou ordinateur pour vous souvenir des endroits où vous avez planté chaque année.
  • Si possible, prévoyez de cultiver vos tomates sous abri : sous serre, sous tunnel, ou sous un abri à tomate. C’est le meilleur moyen d’éviter le facteur pluie. Si vous pouvez installer simplement un toit sur vos plants de tomate, vous limitez déjà nettement les risques. Donc à vos bricolages ou installations !
  • Choix de variétés résistantes : optez pour des variétés de tomates résistantes au mildiou. Ces variétés sont spécialement développées pour résister à l’infection et offrent une protection supplémentaire dans votre potager. Peu de variétés sont véritablement résistantes, mais certaines méritent d’être signalées, car elles présentent tout de même des qualités de protection contre le mildiou. Cela peut être des variétés modernes, hybrides F1, élaborées dans ce sens ou des variétés anciennes, comme la Rose de Berne. La plus connue des tomates hybrides pour sa résistance au mildiou est la tomate ‘Honey Moon F1’. Vous avez peut-être vous-même remarqué que certaines variétés de votre potager ne sont pas attaquées, ou moins attaquées. Notez bien leur nom, elles sont précieuses !
  • Dans la même idée, testez des variétés que vous n’avez jamais plantées, et cultivez plusieurs variétés. Outre que vous diversifiez les plaisirs et que vous vous concoctez la plus belle salade de tomates qui soit avec des couleurs et des formes différentes, vous pouvez tout à fait être agréablement surpris de découvrir que certaines variétés ne sont pas attaquées.
  • Assèchement du sol avant la plantation : laissez le sol sécher avant de planter des pieds de tomates. Le mildiou se développe plus facilement dans un sol humide, donc en laissant le sol se dessécher, vous réduisez les risques d’infection.
  • Pour obtenir des plants de tomates solides, le mieux est de semer vous-mêmes vos tomates ou de choisir des plants petits, au stade encore jeune, plutôt que des plants trop grands, étiolés par un trop long séjour en pépinière avant plantation. Endurcissez vos jeunes plants en les sortant régulièrement pour les endurcir et les acclimater avant plantation.
  • Augmentation de l’espacement entre les plantes : assurez-vous de laisser suffisamment d’espace entre les plants de tomates pour permettre une meilleure circulation de l’air. Cela aide à réduire l’humidité et à prévenir les conditions favorables au mildiou. Comptez au minimum 60 cm entre deux pieds de tomate et idéalement 1 m.
  • Si vous cultivez vos tomates sous serre ou sous tunnel, ouvrez les portes et aérez régulièrement pour là aussi permettre une meilleure circulation de l’air.
  • Utilisation de paillis pour prévenir la propagation des spores : Appliquez une couche de paillis organique autour des plants de tomates. Cela aide à prévenir la propagation des spores de mildiou provenant du sol lorsqu’il pleut ou que vous arrosez.
  • Arrosage adéquat : évitez d’arroser les feuilles des tomates, car cela favorise l’humidité et la propagation des spores. Arrosez impérativement directement au niveau du sol, sans pomme, ou utilisez un système d’irrigation goutte à goutte. N’arrosez jamais par aspersion.
  • Utilisation de produits bio-fongicides : optez pour des fongicides naturels à base de cuivre ou de bicarbonate de potassium si vous devez y avoir recours. Ils sont efficaces pour contrôler le mildiou et sont globalement respectueux de l’environnement, même si la bouillie bordelaise n’est pas sans incidence sur les sols. Comme c’est un produit très utilisé, il génère une accumulation de cuivre dans le sol qui entraîne une toxicité pour la vie du sol : vers de terre et champignons bénéfiques pour la formation de l’humus.
  • Surveillez les conditions météorologiques : soyez attentif aux prévisions météorologiques, en particulier aux périodes de forte humidité. Prenez des mesures préventives, comme l’application de fongicides naturels, avant que les conditions ne deviennent propices au mildiou. S’il est prévu des pluies et des températures moyennes, vous pouvez pulvériser de la bouillie bordelaise en prévention, à raison d’une fois par semaine. Moins connus, d’autres solutions existent en prévention, qui n’ont pas l’incidence de la bouillie bordelaise sur les sols. Il s’agit de la décoction de prêle et du bicarbonate de soude dilué.
  • La décoction de prêle permet aussi de fortifier vos plantes. Vous pouvez l’utiliser à cet effet.

En suivant ces conseils, vous pouvez réduire les risques d’infection et protéger vos cultures, optimiser vos chances de récoltes saines et abondantes chaque année.

→ Lire l’article d’Ingrid sur l’arrosage des tomates au potager.

abri ou serre à tomates

Pour protéger les tomates de l’humidité, cultivez-les sous abri

Commentaires

  • hip, le 27 Avril 2024

    Vous donnez là de très mauvais conseils. Il est interdit de brûler ses déchets, même végétaux. Par ailleurs, le compost chauffe suffisamment pour éliminer les spores responsables du mildiou, donc il est parfaitement acceptable de jeter les plantes au compost, du moment qu'on sait composter correctement. Je vous suggère de corriger cet article.

    • Réponse de Ingrid, le 2 Mai 2024

      Bonjour.
      En effet, en France, brûler des déchets végétaux à l'air libre est interdit dans de nombreux départements pour des raisons de sécurité et de pollution.

      Concernant le compostage, un compost bien entretenu, qui atteint des températures suffisamment élevées, peut effectivement détruire de nombreux pathogènes et spores, y compris ceux du mildiou. Cependant, pour que le compost atteigne ces températures et les maintienne, il doit être bien géré (bon équilibre de matériaux verts et bruns, aération adéquate, humidité contrôlée, etc.). Si le compost n'est pas géré correctement, il peut ne pas chauffer suffisamment pour éliminer les spores de mildiou ou d'autres maladies. Ainsi, pour des jardiniers moins expérimentés ou pour ceux qui ne peuvent pas garantir un compostage optimal, il peut être plus prudent d'éviter de composter des plantes infectées par des maladies sérieuses comme le mildiou.

      Nous allons modifier l'article en ce sens.