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Les plathelminthes, des vers plats prédateurs des lombrics

Avez-vous entendu parler des plathelminthes ? Ils ne font pas franchement les grands titres des journaux mais constituent néanmoins un vrai sujet d'actualité. En effet, ces vers plats commencent à préoccuper sérieusement la communauté scientifique mais aussi celle des jardiniers. Pourquoi ? Parce que outre leur aspect répugnant, ces espèces invasives terrestres sont des prédateurs de vers de terre, d'escargots, de cloportes... Il n'existe pas aujourd'hui de solution pour les éradiquer, ils sont donc une véritable menace pour la biodiversité des sols.

Quelle menace, quels risques ?

Les plathelminthes sont tous considérés comme des espèces envahissantes, notamment le Plathelminthe de Nouvelle Guinée (Platydemus manokwari), qui figure dans la liste des 100 espèces exotiques envahissantes les plus néfastes au monde. Cette liste ne retient qu’une seule espèce par genre, il n'y a donc qu'une seule espèce de vers plat. Mais, tous les plathelminthes invasifs terrestres sont considérés comme des dangers pour les espèces endémiques (escargots, vers de terre etc..) et donc néfaste pour l’équilibre des écosystèmes et la fertilité de nos sols.

Dans le cas où vous ne le sauriez pas encore, sachez que le lombric joue un rôle majeur dans les écosystèmes du sol, il se nourrit des déchets organiques végétaux et produit de l'humus, augmentant ainsi la fertilité de la terre. Par ailleurs, en formant des galeries, il favorise le drainage, l'aération du sol et participe ainsi à améliorer la distribution de l'azote aérien aux racines des plantes. C'est assez simple : sans vers de terre, il n'y a pas de terre cultivable. Cette menace des vers prédateurs est donc à prendre très au sérieux. D'autant plus que les espèces de lombrics de nos régions sont impuissants face à ces vers carnivores :  moins gros, moins rapides, ils ne peuvent pas lutter !

P. manokwari se nourrissant d'un escargot - Photographie Pierre Gros

D'où viennent les vers plats ?

Les vers plats sont originaires des régions semi-tropicales, ils viennent d'Amérique du Sud, de nouvelle Guinée, d'Australie.

Les premières espèces de plathelminthes sont arrivées il y a une vingtaine d’années en France et son passées d’un continent à un autre via le transport de plantes. Une fois sur le territoire, les vers plats se disséminent par l’achat de plantes de pépinières, l’échange de plantes entre jardiniers, les jardins botaniques.

Etat des lieux : quelles espèces peut-on rencontrer en France ?

Actuellement sept espèces de Plathelminthes terrestres ont été repérées en France métropolitaine. D'une manière générale ils sont plats, lisses et gluants, plus ou moins longs selon les espèces. Certains sont présents dans de nombreux départements, d'autres n'ont été vus que très rarement. Les 5 principales espèces que vous risquez de rencontrer dans votre jardin sont les suivantes :

1) Obama nungara

Obama nungara estun vers plat marron venant du Brésil. C'est l’espèce la plus présente en France : sa présence été signalée dans 56 départements en 2015, notamment tous les départements de la façade atlantique et méditerranéenne. Il se nourrit de vers de terre et se reproduit de façon sexuée avec des cocons de ponte.

Obama nungara - Photo : Xavier Japiot

2) Parakontikia ventrolineata

Parakontikia ventrolineata est plus petit que les autres espèces. Il mesure de 1 à 5 cm de long, il est noir avec des lignes plus claires. Présent dans 14 départements en 2015, il est plus représenté en Bretagne. Son régime alimentaire est surtout nécrophage, on le retrouve également dans des fruits abimés (fraises pommes) où il se cache, sans les consommer.

Parakontikia ventrolineata - Photo : Jean-Lou Justine

3) Diversibipalium multilineanum

Bipalium kewense et Diversibipalium multilineanum, sont des plathelminthes longs de 10 à 50 cm. Leur particularité réside dans leur la tête en forme de marteau. Assez effrayants, ils se reproduisent en détachant une partie de l’arrière de leur corps, qui donne alors un nouvel individu ! Ils se nourrissent de vers de terre et d'autres espèces. On notait leur présence dans 12 départements en 2015, surtout dans le sud de la France.

Diversibipalium multilineatum - Photo :  L. Cavigioli

4) L'espèce rayée jaune

L’espèce « rayée jaune », n'a pas encore été baptisée par les scientifiques. Elle mesure de 5 à 12 cm. De forme allongée, ce vers porte une bande jaune sur le dos. Il se reproduit en séparant son corps en plusieurs morceaux. Il a été vu  dans 21 départements de la métropole en 2015.

L'espèce "rayée jaune" - Photo :  Pierre Gros

5) Caenoplana coerulea

Caenoplana coerulea est un vers plat originaire d’Australie, il mesure de 5 à 10 cm, a le dos noir et le ventre bleu. Il n'était présent que dans 6 départements en 2015.

Caenoplana coerulea - Photo : Gérard Peaucellier

Ces deux autres vers sont plus rares :

  • Australoplana sanguinea alba

Australoplana sanguinea alba, originaire d’Australie, est un vers plat rose ou orange. Il n'a été repéré une fois dans les Pyrénées orientales, puis n'a plus été observé.

Australoplana sanguinea var. alba - Photo : Gérard Peaucellier
  • Platydemus manokwari

Platydemus manokwari, le plathelminthe de Nouvelle Guinée. Il mesure environ 5 cm de long et 5 mm de large, le dos est d'une couleur brune avec une bande dorsale crème. Le ventre est plus clair. En France, il a été retrouvé uniquement dans les serres du jardin botanique de Caen, première détection en Europe. Depuis il n'a pas été retrouvé en France. Assez opportuniste, les gastéropodes sont ses proies principales, il se nourrit aussi de lombrics, d'arthropodes, dans son milieu naturel, d'autres verts plats.

Platydemus manokwari - Photo : Pierre Gros

Les Dom-Tom ne sont évidement pas épargnés par les vers plats, d'autres espèces non citées ci-dessus y sont présentes. Sont concernés la Guadeloupe, Marie-Galante, Martinique, Saint Barthélémy, Guyane, Réunion et Mayotte.

Que faire si je trouve un ou des plathelminthes dans mon jardin ?

Si vous trouvez l'un de ces vers au jardin, ne les touchez pas directement avec les doigts, ramassez-le avec précaution, prenez-les en photo puis et enfermez-le dans une boîte. Comparez ensuite les images avec celles des sites spécialisés. Le blog du professeur Jean-Lou Justine, chercheur au CNRS est une référence. Il explique sur cette page la marche à suivre si vous repérez un vers plat dans votre jardin.

Pourquoi faut-il être vigilant ?

Sans tomber dans l'anxiogenisme, les plathelminthes sont bel et bien une nouvelle menace de la biodiversité, en particulier envers les lombrics, véritables piliers de la fertilité des sols. Néanmoins, gardons à l'esprit que l'homme reste le premier responsable de la disparition des vers de terre : l'usage des pesticides et, en agriculture, l'utilisation de techniques comme le disquage font de véritables massacres des lombrics et de leurs galeries.

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