Avec les changements climatiques, on parle régulièrement des étés chauds et secs qui font souffrir les végétaux, dont les arbres (et pas qu'eux d'ailleurs !). Mais, on oublie aussi que les plantes ont besoin d'une période de repos, l'hiver. Si cet hiver n'est pas suffisamment froid, cela peut entrainer des conséquences néfastes sur la santé des arbres et des arbustes. On fait le point !  

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Des images que l'on voit de moins en moins souvent en plein hiver dans de nombreuses régions...

Constat météorologique

Une année n'est pas l'autre, surtout à notre époque. Mais, il n'est pas rare désormais de rencontrer des températures largement au-dessus des normales saisonnières, que ce soit dans le sud, mais aussi plus au nord. Ce que les spécialistes appellent parfois des "non-hivers". À titre d'exemple : le 31 décembre a connu le plus fort "excédent thermique" de l'année, dépassant 8,4°C de plus par rapport à la normale saisonnière, avec 18,6°C à Strasbourg ou plus de 20°C dans le Sud-Ouest. Et cela n'ira pas en s'améliorant, c'est certain. En effet, de tout temps, l'Homme a connu des années exceptionnelles dont certaines avec des hivers particulièrement doux. Le problème est que l'exceptionnel devient la norme et que pratiquement chaque année les hivers se font de moins en moins froids. Avec les changements climatiques, les mêmes vents océaniques d'autrefois apportent plus d'air et cet air est plus chaud, car l'eau des océans est aussi plus chaud. De plus, la réduction des surfaces enneigées va amplifier l'effet en ne faisant plus son travail de refroidissement. En d'autres termes, l'effet va s'emballer dans les années qui vont suivre.

À lire aussi : les chercheurs du CNRS ont mois au point une méthode pour déterminer si un événement météorologique extrême est dû au réchauffement climatique ou non.

Quelles conséquences pour les arbres ?

Si les températures sont clémentes, la sève va de nouveau circuler, certaines plantes sortent de leur dormance et vont commencer à bourgeonner. Cela n'aurait pas de si graves répercussions si une période de fort gel n'arrivait pas systématiquement dans les semaines qui suivent. Ce gel va détruire les bourgeons, les fleurs et même une partie du jeune feuillage. Pas de fleurs, pas de fruits ! Et si le feuillage est détruit, l'arbre va s'épuiser à en reformer un autre. Une fois, ça va ! Chaque année : bonjour les dégâts ! À noter que certains arbres, arbustes ou bulbes à floraison printanière sont adaptés au froid hivernal, même tardif. Pour ces derniers, comme le Cornouiller mâle ou les galanthus en fleurs : le froid, même pas peur !

Le cycle de l'arbre peut aussi être totalement déréglé. En effet, beaucoup de plantes ont besoin d'une période de froid pour sortir de dormance, c'est la vernalisation. Cette vernalisation va enclencher un processus de formation de fleurs. C'est la transition entre le stade végétatif et le stade reproductif. Or, si cette période de froid n'arrive pas (ou pas à la bonne période), l'arbre ne produira pas de fleurs avec tout ce que cela implique. À titre d'exemple : les cerisiers ont besoin d'une moyenne d'un peu plus de 1000 heures à une température inférieure à 7°C pour commencer la floraison et les pommiers et poiriers entre 200 et 1400 heures.

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Des bourgeons qui surgissent trop précocement pour cause de redoux peuvent affaiblir chaque année un peu plus les arbres

Se dirige-t-on vers une pénurie de fruits dans 100 ans ?

Difficile à dire... Mais ce réchauffement climatique agit si rapidement que les plantes ne peuvent pas évoluer assez vite pour pallier ces changements. Les arbres et arbustes fruitiers risquent en effet de ne plus pouvoir fleurir ou de produire des fleurs atrophiées donnant des fruits difformes ou de taille réduite. Ajoutons à cela que les insectes butineurs sont, eux aussi, impactés. Ils sortent souvent trop tôt à la fin de l'hiver et à un moment où les arbres ne sont pas encore en fleurs. Quand on sait qu'une grande majorité d'insectes ont co-évolué avec des espèces spécifiques de plantes (en d'autres termes, telle espèce d'insecte est capable de polliniser telle essence), ces arbres sont voués à disparaitre avec le ou les insectes qui leur sont inféodés. Bref : l'avenir ne s'annonce guère réjouissant...

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Pour les insectes pollinisateurs, il y a aussi danger...