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9 conseils de jardinage repris par tous les jardiniers mais qui s'avèrent faux !

9 conseils de jardinage repris par tous les jardiniers mais qui s'avèrent faux !

La vérité sur ces pseudo conseils de jardinage, colportés sur internet ou dans les jardins

Sommaire

Modifié cette semaine  par Pascale 8 min.

En jardinage comme ailleurs, les idées reçues ont la vie dure ! Surtout sur les réseaux sociaux et les pseudo-blogs de jardinage. En effet, on y présente souvent comme véridiques ces fameux trucs de grand-mère qui permettent d’avoir des récoltes abondantes, des plantes à la croissance vertigineuse ou un jardin débarrassé des ravageurs indésirables. Sauf qu’aucune preuve scientifique ne vient étayer ces dires. Et parfois les jardiniers, peu expérimentés ou naïfs, les adoptent. Au mieux, ces conseils n’ont aucun impact mais font perdre un temps précieux au jardinier, au pire, ils sont néfastes pour les plantes. Et si on démêlait le vrai du faux ?

Difficulté

Utiliser des coquilles d'œufs broyées pour apporter du calcium

Le conseil du jardinier : mettre des coquilles grossièrement broyées au pied des tomates permet d’enrichir le sol en calcium, et donc d’éviter la maladie du cul noir, autrement nommée nécrose apicale. Certains vont même plus loin en affirmant que les coquilles d’œufs, suspendues à une branche, protègeraient le pêcher de la fameuse cloque du pêcher.

La réalité : même si les coquilles d’œufs contiennent bien du calcium sous forme de carbonate de calcium, il faut des années pour qu’il se décompose pour libérer le moindre nutriment aux racines des tomates. Les fragments de coquilles restent intacts et inertes dans la terre longtemps après que les plants de tomates ont produit et ont été arrachés pour rejoindre le compost.

Pour la cloque du pêcher, l’idée est encore plus saugrenue. Comment imaginer que des coquilles d’œufs fassent réellement barrage aux spores du champignon responsable de la maladie, qui se propagent par le vent, la pluie… ? conseils de jardinage faux

Alors, que faire ? Si vous souhaitez vraiment recycler vos coquilles d’œufs, utilisez-les pour faire barrage aux limaces. Et là encore le résultat est loin d’être garanti. Ou bien, plus certainement, broyez-les très finement et incorporez-les au compost. Sinon, si votre sol souffre vraiment d’une carence en calcium, le compost bien décomposé peut arranger les choses. Ou un amendement calcique reconnu.

Jardiner avec la lune

Le conseil du jardinier : semer, planter, récolter, tailler en suivant scrupuleusement le calendrier lunaire permettrait d’obtenir des végétaux plus vigoureux et une plus grande productivité au potager. Donc, la lune influencerait la croissance des plantes.

La réalité : aucune étude scientifique n’a jamais pu démontrer l’impact réel de la lune sur la circulation de la sève des plantes. Certes, la lune agit sur les masses d’eau océaniques en raison de leur immensité et de leur volume. Mais comment pourrait-elle légitimement agir à l’échelle d’une carotte ou d’une salade ?

Alors, que faire ? Plutôt que de suivre le calendrier lunaire à la lettre, peut-être vaut-il mieux se fier aux conditions climatiques, à la nature et à la température du sol, à l’humidité de l’air, à l’ensoleillement… Un semis réalisé un mauvais jour de lune dans une terre suffisamment chaude et humide réussira toujours mieux qu’un semis fait le bon jour mais dans un sol glacé !

Disposer des écorces de pin dans les massifs pour acidifier le sol

Le conseil du jardinier : disposer une couche d’écorces de pin au pied des plantations permet d’acidifier naturellement la terre. C’est très profitable aux plantes de terre de bruyère comme les rhododendrons, les camélias, les azalées…

La réalité : les écorces de pin ne modifient que de manière extrêmement superficielle et très lente le pH du sol, et ce uniquement sur les tout premiers millimètres de surface. De plus, en se dégradant, les écorces mobilisent une quantité importante d’azote disponible en surface pour nourrir les champignons et bactéries. Ce qui provoque une faim d’azote qui peut impacter vos plantations, surtout si les écorces sont appliquées en couche épaisse.

Alors, que faire ? On utilise les écorces de pin partout comme paillis, très esthétique et durable. Si vous souhaitez acidifier durablement le sol, il vaut mieux intégrer de la vraie terre de bruyère.

Enterrer une peau de banane au pied des plantes

Le conseil du jardinier : très riche en potassium, la peau de banane enterrée au pied des tomates, des courges ou des rosiers agirait comme un engrais longue durée et boosterait la fructification.

La réalité : certes, la peau de banane contient du potassium, mais en quantité minime. De plus, pour que ce potassium soit disponible pour les végétaux, la peau de banane doit se décomposer. Or, cette décomposition peut prendre des mois, et le potassium n’est donc pas immédiatement disponible. De plus, enterrer des restes de fruits peut attirer une faune indésirable, comme les limaces ou les rongeurs. Enfin, en pourrissant dans le sol, un milieu sans oxygène, elle risque de créer des poches de fermentation, néfastes pour les racines.peau de banane et rosier

Alors, que faire ? Si vous souhaitez absolument recycler vos peaux de banane bio, mettez-les plutôt au compost, coupées en petits morceaux. Et si vous tenez absolument à l’enterrer, réduisez-la aussi en petits morceaux pour faciliter la décomposition. Vous pouvez aussi en faire du purin de peau de banane. Mais attention, ce n’est pas un engrais complet car elle ne contient ni azote ni phosphore.

Mettre des orties au fond des trous de plantation

Le conseil du jardinier : dans le même ordre d’idées que la banane, il est dit souvent qu’enterrer une poignée d’orties fraîches au fond des trous de plantation serait une bonne source d’azote pour stimuler la croissance des tomates, des courges…

La réalité : en se décomposant assez rapidement, l’ortie fraîche fermente car elle est dans un milieu sans oxygène. Cette fermentation dégage des acides et des gaz qui peuvent agresser les jeunes racines. Résultat, les racines peuvent pourrir, le feuillage jaunir.

purin ortie

Outre ses propriétés insecticides et fongicides, le purin d’ortie fertilise le sol

Alors, que faire ? Il est préférable de profiter des vertus de l’ortie en préparant du purin bien fermenté et dilué, le plus souvent à 10 %, dans de l’eau d’arrosage. Vous pouvez aussi intégrer des orties séchées et broyées dans le composteur.

Considérer le marc de café comme un engrais miracle et un répulsif

Le conseil du jardinier : déposer du marc de café au pied de toutes vos plantes fertilise la terre en profondeur et fait fuir tous les indésirables du jardin, qu’il s’agisse des chats, des fourmis ou des limaces.

La réalité : déposé en couche épaisse au pied des végétaux, le marc de café se compacte, devient humide et forme une croûte imperméable. Très vite apparaissent en outre des moisissures blanches, qui peuvent étouffer les jeunes racines. Enfin, les limaces et les chats ne sont pas spécialement sensibles à l’odeur de café. idées reçues au jardin

Alors, que faire ? Le marc de café est utile à condition d’être incorporé en petites quantités directement au composteur. On peut aussi le mettre à la surface du sol mais en couche très fine, jamais en tas compact. Les vers de terre et les micro-organismes savent le digérer.

Placer de la bière dans le jardin contre les limaces

Le conseil : enterrer des coupelles de bière dans le jardin attire les limaces qui s’y noient.

La réalité : certes, c’est un piège redoutable pour les limaces mais aussi d’autres insectes, certains étant des auxiliaires. La bière n’est pas sélective. De plus, grâce aux odeurs de fermentation, elle attire toutes les limaces du quartier, même celles qui n’auraient pas naturellement fréquenté votre jardin. Vous risquez d’attirer un nombre considérable de limaces dans votre jardin, et certaines préféreront se concentrer sur vos salades.

faux conseils de jardinage

(Image générée par IA)

Alors, que faire ? Privilégiez des méthodes respectueuses de l’écosystème : favorisez la présence de prédateurs naturels (hérissons, crapauds, oiseaux insectivores, carabes) en aménageant des refuges tels que des haies diversifiées, des tas de bois, des murets de pierre sèche, paillez avec des matériaux désagréables pour les limaces, comme les paillettes de chanvre ou de lin, ou ramassez les gastéropodes manuellement à la tombée de la nuit par temps humide, après avoir disposé des tuiles dans le jardin.

Planter impérativement après les Saints de glace

Le conseil du jardinier : attendre aveuglément le passage des Saints de glace, les 11, 12 et 13 mai, garantit l’absence totale de gelées tardives et constitue le moment idéal pour installer tous ses légumes d’été en pleine terre.

La réalité : les dates des Saints de Glace relèvent de la tradition populaire, mais le climat actuel ne correspond plus à ces calendriers rigides. Des gelées tardives peuvent survenir bien après le 13 mai selon votre région et votre altitude, de même que des hivers doux permettent parfois de planter plus tôt en toute sécurité. Se fier uniquement à une date calendaire sans regarder la météo réelle locale est une erreur fréquente.

Alors, que faire ? Se baser sur les températures et la météo de votre région pour planter et surtout s’intéresser de près aux prévisions météorologiques à moyen et à court terme. Il faut aussi mesurer la température du sol, qui doit être autour de 12 à 15 °C pour planter les légumes du soleil. Enfin, vous avez toujours la possibilité de couvrir vos plantations la nuit.

Appliquer le compagnonnage des légumes à la lettre

Le conseil du jardinier : associer deux plantes spécifiques côte à côte au potager les protège contre toutes les maladies et repousse instantanément les insectes ravageurs par simple voisinage.

La réalité : d’abord, si on applique à la lettre les tableaux d’association de légumes, on risque d’y perdre son latin ! Ensuite, si certaines associations favorisent la biodiversité, optimisent l’espace ou attirent les pollinisateurs, d’autres relèvent peut-être plus des croyances jardinières. Dans la nature, les plantes poussent où elles peuvent et s’adaptent à leur environnement. idées reçues autour du jardinage

Alors, que faire ? Appliquer les associations de plantes avec pragmatisme en ne gardant que les critères logiques : alternez les familles botaniques pour respecter la rotation des cultures, associez des fleurs mellifères pour encourager la venue des insectes auxiliaires prédateurs de ravageurs, et variez les hauteurs de végétation pour optimiser l’ensoleillement et l’espace ou faire de l’ombre.

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coquilles d'oeufs au jardin