Canicule : comment sauver sa pelouse en 3 étapes (et éviter les erreurs)
Redonner vie à son gazon après l'été
Sommaire
La canicule et les interdictions d’arrosage passées en été, la pelouse ne ressemble plus à grand-chose. Faisant plus que grise mine, le gazon repart généralement sans problème au retour des pluies automnales. Mais les canicules à répétition stressent à leur façon le gazon. Que faire, et ne pas faire, pour retrouver une pelouse digne de ce nom, quels soins lui apporter ? Nous faisons le point.
La pelouse, une graminée comme les autres
Pour commencer, rappelons-nous que la pelouse, composée d’un mélange de graminées comme le ray-grass, le paturin des prés ou les fétuques…, reste une graminée ! Le fait qu’elle jaunisse quand on ne l’arrose pas est tout à fait normal, même si beaucoup de gens ne le supportent pas en été, voulant à tout prix qu’elle reste verte et fringante comme aux premiers jours du printemps.
Tous les gazons renaissent pourtant spontanément en automne dès que les pluies reviennent plus drues et constantes. Le paillasson sec et crissant sous les pieds repart de plus belle… à condition de ne pas commettre d’erreurs entre-temps.
→ Retrouvez tous nos articles sur le gazon dans notre rubrique Gazon, pelouse.

Plus un brin ou presque d’herbe verte… C’est normal (photo Gwenaelle Authier)
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Jaunissement, zones sèches, sol durci ou à nu dans certains endroits, présence de mousse ou de mauvaises herbes sont autant de signes qui indiquent que la pelouse a bien souffert de l’été et de la canicule. Deux tests pratiques et visuels nous aident à mieux comprendre :
- Le jaunissement : si la pelouse est jaunie mais que les racines tiennent (tirez sur une touffe, si elle résiste, c’est bon signe), elle repartira.
- Des zones nues et/ou de la mousse : si le sol est à nu ou recouvert de mousse, il faudra regarnir ou scarifier plus tard.
Ceci étant dit, il faut intervenir seulement une fois tous les épisodes de chaleur passés, ce qu’il n’est pas franchement évident de prévoir, les étés indiens ou le mois de septembre continuant de plus en plus à être très secs. La pelouse a besoin de repos. Attendez que les températures baissent et que les pluies reviennent pour intervenir. La patience, qualité première du jardinier, est donc une fois encore de mise en ce qui concerne le gazon !

Après de fortes sécheresses, la pelouse montre des zones laissées à nu, voire crevassées dans les terrains argileux
Étape 2 : agir sans malmener la pelouse
On peut toutefois agir à petite dose même en été, avant l’automne.
Des tontes oui, mais avec parcimonie
La tonte en été, enfin plutôt sa gestion très économe, c’est un peu le nerf de la guerre pour la pelouse. S’il a été particulièrement caniculaire, une pelouse ne pousse plus du tout, mais les mauvaises herbes, si ! On tond donc dans ce cas précis plutôt pour éliminer les floraisons des adventices, avant qu’elles ne montent en graines et les répandent, celles-ci étant très volatiles.
Pour la rendre plus résistante aux futurs coups de chaud, deux impératifs :
- Ne pas tondre trop court (dans l’idéal : 5-7 cm) pour éviter de stresser davantage le gazon et pour conserver un maximum de rosée matinale.
- Tondre en mulching est sans risque et peut même aider à protéger le sol au début. Préférez-le au bac de ramassage pour éviter de piétiner une pelouse déjà stressée. Mais si votre gazon est envahi de mauvaises herbes, utilisez un bac pour éviter de répandre leurs graines (ou dans l’idéal, coupez-les en amont, c’est plus fastidieux sur les grandes surfaces).
Les erreurs à éviter
Plutôt qu’agir rapidement, il faut surtout, après un épisode stressant de canicule, ne pas malmener encore plus un gazon :
- Évitez de ramasser les feuilles mortes qui s’accumulent déjà en milieu d’été parfois sur les pelouses, les arbres rentrant en mode survie et laissant tomber leur feuillage précocement. Ce feuillage sec et léger va protéger la pelouse encore affaiblie, retenant (un peu) d’humidité, offrant (un peu) d’ombre et permettant de ne pas tasser ses pas. À ratisser dès que la pelouse repart (automne) ou avant une pluie pour éviter l’étouffement, et à conserver pour du paillage gratuit ;
- N’arrosez pas en plein soleil : si vous êtes de ceux qui continuent d’arroser leur gazon en été (les arrêtés préfectoraux nous l’interdisent tous plus ou moins sur l’hexagone en cas de crise), ne le faites évidemment, mais il est bon de le rappeler, qu’aux heures les plus fraîches ;
- Marcher sur une pelouse stressée : on ne va pas marcher sur la tête bien sûr, mais multiplier ou initier des cheminements différents pour ne pas accentuer le phénomène de pelouse sèche et tassée quand des allées en dur ne sont pas présentes est indispensable.

Laissez sur place les feuilles mortes, en attendant un retour à la normale niveau températures… et des pluies (photo Gwenaëlle Authier)
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Gazon brûlé par le soleil : que faire ?Étape 3 : stimuler la repousse et aider le gazon à renaître
Une fois les chaleurs passées, il est temps d’aider votre gazon à se reconstituer :
- Appliquez un engrais riche en potassium en septembre (selon la météo et une sécheresse résiduelles) pour renforcer les racines. Faites-le toujours sur un terrain arrosé. N’utilisez pas d’engrais trop concentrés en azote (N) en période de sécheresse ou juste après une canicule : ils stimulent la pousse foliaire au détriment des racines, déjà fragilisées. Préférez un engrais organique riche en potassium (K) (comme le purin de consoude, de la corne broyée, ou un engrais gazon spécial automne) pour renforcer les racines et préparer l’hiver.
- Si les zones nues sont importantes, semez un mélange de graines résistantes à la sécheresse (kikuyu, fétuques élevées à raison de 80 % du total).
- Terreautez aussi les zones les plus affaiblies.

La fertilisation devra elle aussi attendre des jours plus humides, quand le gazon a repris une couleur plus verte…
Les alternatives au gazon
Vous n’en pouvez plus de ce gazon qui n’a plus de gazon que le nom chaque été ?
On parle de plus en plus d’alternatives au gazon qui devient compliqué à gérer avec les canicules répétées que nous connaissons ces dernières années. Quand on n’est pas satisfait d’une pelouse trop abîmée par le soleil, des solutions existent en effet pour remplacer le tapis vert par d’autres mélanges de plantes ou de vivaces basses et tapissantes. Parmi les deux options à retenir :
- Le gazon steppique
Quand on doit refaire un gazon dans sa totalité ou en partie, opter pour des graines résistantes aux conditions climatiques sèches voire arides s’avère plus qu’utile. Alexandra en parle en détail dans le gazon steppique. Composé de fétuques, pâturins et aromatiques basses, il est adapté aux jardins naturalistes, aux sols pauvres et sableux, et demande bien moins d’entretien qu’un gazon classique ; - Des vivaces tapissantes bien plus résistantes (Dichondra, Achillea crithmifolia, Lippia nodiflora, etc.) qui s’avèrent pratiques et visuellement intéressantes, sur quelques zones particulièrement exposées.
Mon conseil : je recommande personnellement de créer des zones de massifs de plein soleil adaptés, là où la pelouse souffre le plus chaque été, afin d’en réduire la superficie.
→ En savoir plus dans nos fiches : Alternatives au gazon : 10 couvre-sols pour remplacer la pelouse ; Alternative au gazon : planter le Dichondra rampant ; Remplacer le gazon : idées et solutions.
Aller plus loin
Lire notre sujet sur l’eau au jardin en temps de crise : Restriction d’eau et arrosage, comment gérer la crise au jardin ?
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