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Canicule : faut-il tailler les branches brûlées par le soleil ?

Canicule : faut-il tailler les branches brûlées par le soleil ?

Ne sortez pas le sécateur tout de suite !

Sommaire

Créé cette semaine  par Gwenaëlle 5 min.

Une, deux, trois, quatre… cinq canicules ! Cet été restera gravé dans nos mémoires et dans les annales. Nos arbres et arbustes en ont fait les frais et ont souffert terriblement. Les plus vulnérables ont vu leurs branches littéralement cuire sur place, laissant un visuel de feuilles et branches brûlées, couleur pain d’épice.
Se pose alors la question de tailler ces branches, et si oui quand et comment le faire ?

Été, Automne Difficulté

L'effet de la canicule sur les arbres et arbustes

Certains de nos arbustes et nos arbres ont pris la canicule de plein fouet, notamment après les effets de sèche-cheveux. Le résultat fait peine à voir sur les plus vulnérables : ceux plantés récemment, certains déjà fragilisés, et les espèces plus sensibles à la sécheresse.

Curieusement, parfois, c’est une seule branche et ses ramifications qui ont morflé sous les effets desséchants de la canicule, d’autres fois, c’est une grande partie de l’arbre ou de l’arbuste qui a séché, laissant soit les feuilles roussies pendant lamentablement, soit une ramure à nu sur l’ensemble du branchage.

À gauche, un millepertuis desséché en grande partie, à droite, un jasmin étoilé dont quelques branches paraissent mortes

Si l’on sait que les végétaux ligneux adoptent des stratégies de survie lors de phénomènes météorologiques aussi intenses en laissant notamment tomber tout ou partie de leur feuillage pour réduire leur évapotranspiration et donc les pertes d’eau, il ne faut pas leur donner le coup de grâce en voulant trop bien faire. Certains arbustes et arbres prouvent d’ailleurs leur résilience en refaisant des bourgeons peu de temps après une canicule, complètement à contre-saison, comme mécanisme ultime de régénérescence.
Il va falloir la plupart du temps prendre son mal en patience, et accepter d’avoir des arbustes et arbres pas très beaux dans le jardin avant de sortir scie ou ébrancheur…

→ Olivier revient sur le phénomène de perte des feuilles après un épisode caniculaire dans Sécheresse : mon arbre perd ses feuilles, que se passe-t-il ?

Tester la vitalité et patienter pour tailler

Une taille est en effet toujours un stress pour un ligneux. C’est pourquoi on choisit toujours une période adaptée selon le végétal, afin de le perturber le moins possible (en fin d’hiver avant la remontée de sève pour la plus commune, ou après le gros effort de la floraison au printemps).

Une taille drastique de toutes les branches sèches ou d’une partie seulement juste après une canicule en plein été est la goutte d’eau, post-traumatique alors que les végétaux tentent à peine de se remettre d’un stress hydrique absolu.

On garde cette ramure dénudée, même si elle est peu esthétique, car :

  • Tailler signifie cicatriser pour la plante, et cicatriser, c’est un effort supplémentaire qu’on lui demande (elle doit produire un cal cicatriciel sans avoir l’eau ni les nutriments à disposition, car elle est fragilisée) ;
  • Le peu qui reste de feuillage vert apporte encore un peu d’ombre, utile en cas de nouvelle vague de chaleur ;
  • Une taille mal effectuée est la porte d’entrée à divers parasites ou maladies, ce qui affaiblirait encore cette arête de poisson.

Un test facile à faire permet de constater si un arbuste est mort ou non : il suffit de gratter superficiellement avec l’ongle le bois de la branche. On pourra tailler tout ce qui est brun et non plus vert. Le branchage doit rester souple et non cassant. Je vous l’explique plus en détail dans Comment savoir si une plante a survécu à la canicule ? Olivier vous le montre dans cette vidéo pour mieux comprendre le geste à faire.

Ce qu'il faut faire en attendant la fin des épisodes de sécheresse

On peut agir à un petit niveau, pour que les plantes encore vivantes se remettent, dès que l’on constate, impuissant, qu’une plante a grillé sur place :

  • Arroser abondamment, au pied, tôt le matin, pour redonner un maximum d’hydratation racinaire. Arroser abondamment équivaut à 10 à 20 litres par m² pour les arbustes, et jusqu’à 50 litres pour un arbre adulte, en une seule fois pour favoriser l’enracinement profond. Créez une cuvette autour de l’arbuste s’il n’en dispose pas pour bien profiter de cet apport hydrique ;
  • Pailler encore plus, mais seulement une fois l’arrosage effectué : le système racinaire et la souche seront plus protégés, et garderont mieux la fraicheur.

Puis, une fois le ou les épisodes caniculaires passés (bien que cela devienne désormais aléatoire, mais normalement courant septembre), on va pouvoir tailler en prenant quelques précautions, par étapes, pour redescendre dans la branche jusqu’à ce que l’on retrouve un bois vivant, vert donc. Ingrid vous l’explique en détail dans Comment tailler les parties desséchées d’une plante après un coup de chaud ?, et lorsque les conditions météo, en automne, le permettent.

À lire également, nos conseils plus généraux dans notre article : Tailler ou ne pas tailler, nos conseils pour ne pas se tromper.

arbuste sec feuilles tombees tailler ou pas

Un Pittosporum en mauvais point, mais patience car il repart généralement bien en automne (photo Gwenaëlle Authier)

Inflorescences sèches et végétaux persistants brûlés : les tailler ou non ?

Dans le cas des fleurs séchées sur place, c’est un peu différent. Il y a du pour et du contre, car on le sait, les inflorescences laissées sur place ont beaucoup d’avantages (notamment pour protéger les futurs boutons floraux et pour la microfaune qui s’y réfugie l’hiver). Mais cette année, les hortensias notamment ont été de ceux qui ont subi le plus les canicules à répétition. Passer devant eux, les têtes marron, n’ayant plus l’air de rien, est désolant. Le jardin nous donne le cafard… On peut décider de tailler en biseau juste au-dessous des inflorescences, et d’ailleurs, on constate là encore avec le test de l’écorce que la tige est bien vivante, souple et verte sous le grattage superficiel. Peuvent être taillées d’autres inflorescences brunies de certains arbustes comme les buddleias qui sortent elles aussi grillées par les canicules (même s’ils fleuriront moins l’année suivante).

Les arbustes persistants, les conifères complètement grillés sont quant à eux souvent peu récupérables : peu de chances de les voir repartir, à moins de les rabattre quasiment complètement en automne. Ceci est possible sur ceux à croissance dite basitone ou mésitone (Abelia, laurier rose, Pittosporum, if, genévrier). Ils peuvent renaitre de la souche ou en produisant une nouvelle ramure du milieu de la plante (ceci étant vrai également pour les caducs comme le noisetier par exemple). Pour les autres, jamais de taille drastique !

Dernier conseil : profiter de l'automne pour déplacer certains arbustes

Les étés caniculaires vont non seulement se répéter, mais augmenter en intensité. Cet été 2026 est donc l’occasion, si on peut dire, de revoir quelques zones de plantation dans nos jardins. Les arbustes encore jeunes trop mis à l’épreuve gagneront à être transplantés en automne, à partir de fin septembre jusqu’à mi-novembre, pour leur éviter le même stress chaque année, et une croissance freinée par un emplacement trop exposé.

Virginie revient sur ce questionnement dans : Plantes grillées par la sécheresse : faut-il les remplacer ?

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